Le précédent président américain Obama (ici avec le président cubain Raùl Castro) avait opéré un rapprochement prudent entre les Etats-Unis et Cuba. Donald Trump veut faire table rase... (Photo Chuck Kennedy / PII Archives de photos)

Trump annonce une approche plus dure envers Cuba

Vendredi 16 juin, le président américain Trump a prononcé un discours à Miami dans lequel il a révélé sa nouvelle politique envers Cuba. Ses propos agressifs et le fait qu’il va de nouveau renforcer certaines mesures contre Cuba rencontrent beaucoup d’incompréhension et de protestations.

Lors de sa campagne électorale, Trump avait dit que les États-Unis auraient pu conclure un meilleur accord avec Cuba que celui conclu par son prédécesseur Obama. Celui-ci avait entamé une prudente politique de rapprochement, entre autre en rétablissant, le 17 décembre 2014, en dialogue avec le président cubain Raúl Castro, les relations diplomatiques entre les deux pays.

Dans un discours propre à Trump devant la communauté Américano-cubaine à Miami, le nouveau président américain annonçait que la politique de rapprochement d’Obama serait rigoureusement ramenée à un niveau plus bas. Maintenir et renforcer le blocus contre Cuba, augmenter les restrictions de voyage pour les touristes des États-Unis, compliquer les transactions financières avec Cuba, arrêter des programmes d’échange d’étudiants... voilà ce que Trump envisage déjà pour mettre la pression sur le peuple cubain et sa révolution.

Avec cette approche dure envers Cuba, Trump se retrouve de nouveau très isolé au sein de la communauté internationale, comme ce fut le cas lorsqu’il a révoqué l’accord sur le climat conclu à Paris. Car, au niveau international, il existe une très grande base pour la normalisation des relations entre Cuba et les États-Unis et pour la levée du blocus. L’année passée encore, tous les pays de l’Assemblée générale des Nations Unies - sauf les États-Unis et Israël qui se sont abstenus - ont voté pour la levée du blocus des États-Unis contre Cuba. Avec Trump, les États-Unis retombent donc dans la confrontation, au service des intérêts d’une petite mais très riche minorité de partisans de la ligne dure à l’égard de Cuba au sein de l’establishment étasunien.

La GUE/NGL, la fraction de gauche au sein du Parlement européen (et dont le PTB est membre associé), fut parmi les premiers à condamner les mesures de Trump et pour réclamer « la levée urgente du blocus criminel que les États-Unis imposent maintenant depuis presque soixante ans à Cuba, qui continue à violer les droits de tout le peuple cubain et qui a déjà provoque énormément de souffrance et de pénurie ». La GUE/NGL réitère sa « chaleureuse solidarité avec la révolution cubaine et la lutte du peuple cubain pour préserver son intégrité et sa souveraineté ».

De son côté, le gouvernement cubain a réagi en disant qu’il déplorait ces mesures, mais qu’il restait ouvert à un dialogue constructif. Et d’ajouter que « les États-Unis ne sont pas en droit de nous faire la leçon en ce qui concerne les droits de l’Homme ». La déclaration cubaine évoque notamment les brutalités policières, la discrimination raciale et les nombreuses victimes des armes à feu aux États-Unis, ainsi que l’inégalité croissante et le manque de sécurité sociale dans le pays le plus riche du monde. Le gouvernement cubain conclut : « N’importe quelle stratégie visant à modifier le système politique, économique et social de Cuba, que ce soit par des pressions et des diktats, que ce soit par des méthodes plus subtiles, est vouée à l’échec. Car c’est le peuple cubain qui continuera de décider en toute souveraineté, comme il l’a fait depuis 1959 (la révolution cubaine, NdlR), des changements qu’il conviendra d’apporter à Cuba, comme, en l’occurrence, l’actualisation de notre modèle économique et social ».

 

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