Travailleurs malades : les diversions de la N-VA ou de vraies pistes de solution ?

Le nombre de travailleurs malades de longue durée explose. Ils sont 392 000. Un record. Le gouvernement a une responsabilité écrasante dans cette situation. Mais pour la N-VA, il faudrait permettre aux travailleurs malades de tester un autre employeur pour sortir du burn-out. Une équipe de la KU Leuven démonte pièce par pièce cette proposition. Loin des diversions des partis de droite, des pistes de solution existent.

Découvrez les témoignages de Sarah, Yasmine, Jurgen : ces malades dans le viseur de Maggie De Block.

Je suis malade parce que je suis âgé. En quoi changer d’employeur résoudra mon problème?

Aller d’un job qui est nocif vers un autre job nocif ne guérira personne. Ce qu’il faut faire c’est diminuer le nombre de boulots qui rendent malades.

La raison majeure à l’augmentation du nombre de travailleurs malades est à trouver dans la suppression progressive des prépensions. Cette suppression oblige les gens à travailler plus longtemps. Or l’espérance de vie en bonne santé est largement inférieure à 60 ans pour les travailleurs et travailleuses peu qualifiées. Et c’est particulièrement vrai pour les femmes non-diplômées, pour qui la situation s’est empirée ces dernières années. Kim De Witte, le spécialiste pension du PTB, explique : « Là où, en 1997, une femme de 25 ans sans diplôme restait en bonne santé jusque 58 ans en moyenne, elle ne le peut plus aujourd’hui que jusque 49 ans. »

Vouloir faire changer d’employeur à des travailleurs qui sont malades à cause de leur âge ne résoudra en rien leur problème. Il faut simplement leur permettre d’arrêter. Kim De Witte : « Le droit à la prépension et le droit à la pension anticipée ont normalement pour objectif que les gens qui vivent moins longtemps – et moins longtemps en bonne santé – aient droit à un peu de repos après une vie de travail intensif. » Et c’est ce droit que le gouvernement démantèle qui rend autant de gens malade. Revenir à des mécanismes de droit à la prépension à 58 ans (et 55 ans pour les métiers lourds) est donc une question de santé publique.

« Pas besoin d'autres jobs, mais besoin de jobs sains. » C'est avec ce titre que De Morgen relaie ce 15 avril une étude de la KU Leuven montrant que près d’un travailleurs sur deux fait face à des exigences de travail trop élevées.

Je suis malade parce qu’il y a de plus en plus de jobs stressants

L’autre raison à la base de l'explosion du nombre de travailleurs malades de longue durée est la forte hausse du nombre de maladies psychosociales. Par exemple, le nombre de trentenaires souffrant de burn-out a doublé ces cinq dernières années. Dans une récente étude  sur les conditions de travail en Flandre, on estime qu’un travailleur sur trois se plaint du stress trop important au travail. Cela représente une augmentation de 5% sur seulement 3 ans (2013-2016).

Des chercheurs de la KU Leuven expliquent dans le quotidien De Morgen du 15 avril que près d’un travailleurs sur deux fait face à des exigences de travail trop élevées. Ce chiffre a fortement augmenté ces 15 dernières années. Ils expliquent aussi que le nombre de jobs exténuants ne diminue pas. Pour ces chercheurs, aller d’un job qui est nocif pour la santé vers un autre job nocif ne guérira personne. Ce qu’il faut faire c’est diminuer le nombre de boulots qui rendent malades. Tout l’inverse de la proposition de la N-VA qui veut organiser une sorte de carrousel d’emplois qui pourrissent nos vies.

3 pistes pour diminuer le nombre de travailleurs malades de manière structurelle

La situation actuelle n’est pas une fatalité. On peut inverser la courbe. Mais pour cela il faut changer radicalement orientation.

Piste n°1 : Avoir une procédure de réintégration sur base volontaire et à la mesure du patient

Le gouvernement actuel a adopté un Arrêté royal qui sanctionne financièrement les travailleurs malades qui ne s’inscrirait pas correctement dans un processus de remise au travail forcé. Comme l’explique le docteur Dirk Van Duppen, de Médecine pour le Peuple : « Sanctionner des malades risque de les rendre encore plus malades et de les précariser. » Il faut donc abroger au plus vite cet Arrêté et aborder le problème tout à fait autrement.

Dirk Van Duppen : « La réintégration doit se faire sur base volontaire, en concertation avec le travailleur malade, et jamais de façon forcée. Le médecin traitant, tant en qualité de médecin de confiance qu’en qualité d’avocat de la santé, doit être impliqué dès le début, dans ce processus. Les syndicats eux aussi doivent être impliqués étroitement dans ce genre de plan de réintégration volontaire. Ils doivent pouvoir veiller à ce qu’un travail adapté soit disponible. Dans bien des entreprises, il y a bien du travail adapté à la disposition des travailleurs qui ont eu un accident de travail. » Mais bien souvent, les entreprises refusent de s’adapter. Les syndicats pourraient être impliqués pour juger de la mauvaise foi des entreprises. Et le gouvernement pourrait prendre des arrêtés royaux qui forcent les entreprises récalcitrantes à proposer des postes de travail adaptés.

Piste n°2 : Réinstaller des mécanismes de prépension

La cause première de l’augmentation du nombre de travailleurs malades est à mettre sur le compte de l’allongement des carrières. Nombre de travailleurs et travailleuses « mordent sur leur chique » jusqu’à à un certain âge. Mais, à partir de 55 ans, le corps de nombreuses personnes décline. En particulier les travailleurs les moins qualifiés. Il faut donc pouvoir rétablir au plus vite des mécanismes qui permettent de mettre au repos à temps les corps et les esprits abîmés par une carrière éprouvante. Il faudrait donc remettre en place le droit à la prépension à 58 ans (35 ans de carrière) pour les travailleurs qui le souhaitent. Et le coût ? Il sera compensé par la libération du travail qu’il entraîne pour des jeunes travailleurs. Avec des allocations de chômage qui ne doivent plus être payées et des rentrées fiscales que le jeune travailleur apporte.

Piste n°3 : Retrouvons de l’oxygène en réduisant le temps de travail.

Comme dit plus haut, le nombre de burn-out explose. La première cause est l’augmentation de la pression au travail. Mais il y aussi la croissance de l’isolement. Certains boulot ne sont plus des lieux de socialisation. Il devient de plus en plus urgent pour les travailleurs de retrouver de l’oxygène par rapport l’intensité du travail mais aussi pour la socialisation qu’ils ne peuvent plus toujours avoir au travail. C’est pourquoi il est urgent de rouvrir le débat sur une nouvelle réduction du temps de travail avec en point de mire la semaine de 30 heures. Cette réduction du temps de travail pourra bien entendu prendre des formes variées et progressives en fonction des réalités de terrain. Mais il est une condition nécessaire pour retrouver de l’oxygène.

MaladesLongueDurée.be

Notre gouvernement durcit le contrôle sur les malades de longue durée. Comme pour la chasse aux chômeurs ou le contrôle des allocataires sociaux, nous sommes face à une mesure qui est essentiellement budgétaire mais qui surfe abondamment sur certaines idées reçues concernant les « malades profiteurs ».

Pour contrer ces préjugés, Médecine pour le Peuple a décidé de donner la parole à des malades et à des médecins. Par ces témoignages, nous voulons montrer qu’une personne qui se retrouve en incapacité de travail pendant quelques mois n’est pas un profiteur ; que la cause d'une série de maladies de longue durée est aussi liée au travail ; que la réintégration obligatoire rend les gens plus malades au lieu de les guérir ; qu’il n’est pas évident d’obtenir un travail adapté dans son entreprise. L’idée est aussi de montrer comment un traitement sur mesure et une reprise de travail réussie sont possibles lorsque la concertation entre les médecins intervenants et le respect du processus de guérison du patient sont présents.

Les témoignages ont été récoltés auprès de personnes malades ou de médecins (toujours avec l’autorisation du patient). Ils sont réels, même si certains éléments ont été modifiés dans un souci d’anonymat. Vous pouvez les retrouver sur www.maladeslongueduree.be.

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Commentaires

Je n'ai jamais compris la position du gouvernement au sujet des pensions des travailleurs. En effet, ils font tout le contraire. Travailler plus tard (qu'importe les conditions et la santé) alors que les jeunes ont énormément de difficultés à trouver un emploi. Que se passe t'il ? Les jeunes ne trouvent pas de travail ou ont un travail précaire(car le gouvernement oblige les anciens à travailler plus tard), leur avenir est incertain. Ils ne peuvent faire de projet comme envisager de se loger, fonder une famille et consommer n'est pas possible ou très limité. De ce fait, l'économie est stagnante, en effet, les industries fabriquent mais les consommateurs ne savent pas suivre. L'économie c'est nous qui la faisons et le gouvernement fait tout pour laisser les jeunes au chômage au lieu de mettre les anciens en repos par la retraite et ainsi ouvrir des portes aux jeunes afin qu'ils trouvent plus facilement un emploi. Si nous ne consommons pas, l'économie ne tourne pas donc, fermeture d'entreprises, de commerces en tout genre, chômage et retour à la case départ du cercle infernal, il y a de moins en moins de pouvoir d'achat. Ne pourrait-on imaginer un système de pension qui serait prise à la demande. Plus de pension de 7.500 €/moi et plus de pension de 1.000 €/moi, un système unique, qui serait établi par année de travail et indexé. Par année de travail il faudrait allouer une somme à chaque travailleur, prenons l'exemple de 50 €. De cette façon, si après 30 ans de carrière j'estime que 1.500 € (30 X 50 €) de retraite me suffise, j'arrête de travailler et dès le départ de ma carrière, je sais ce que j'aurais comme montant de pension. Si je travaille 40 ans, j'aurai une retraite de 2.000 €/moi, donc, avoir une pension suivant les années de travail. Je ne sais pas si cela est réalisable, mais pourquoi pas ? La somme de 50 €/année de travail n'est peut-être pas la somme idéale, ce serait peut-être utile de se pencher sur une formule de ce type. Qu'en pensez-vous ? Le débat est ouvert.........n'hésitez pas à commenter cette idée.
j ai lu votre commentaire , je dirait s et possible et réalisable avec quelque modification car j estime que un pensionner devrait avoir pour vivre bien entre 2000e mois et 2500e mois mais alors tous le monde devrait avoir le meme aussi bien les petit pensionner qui on travailler , qui a l heure actuelle on 1200e et encore a tous casser , mais s et chose n arrivera pas car les inhumain du gouvernement charlot 1ER , pour eux s et irréalissable il préfere mettre dans leur poche et laisser notre économie qui ne tourne pas et laisser les gens travailler jusque leur dernière force , or que il a des chomeurs a revendre , de toute façon nous somme diriger pas des com qui n écoute pas les gens et qui décide a tous bout champs des loi sans raison , n oublier pas notre cher charlot premier dois encore trouver presque 8 milliards , sur qui vas t on taper deviner ????? nos pauvre pensionner , et les plus démunis ,les malade , chomeur , et autre voila pour moi tous s et politicien son foutre dehors se son des VOLEURS a par entiére
Merci pour votre commentaire. En effet tout le monde aurait le même montant de pension suivant les années de travail ( périodes assimilées comprises). Au sujet du montant, il faut une étude approfondie afin de déterminer le montant de base par année de travail, 50 € n'est qu'une hypothèse. L'année prochaine, vous pourrez vous faire entendre via les urnes, nous n'avons jamais été aussi proche du changement. Qui prend en compte ce que vous dites ? Qui vous écoute et tien compte de votre opinion et de vos préoccupations ? Regardez ce qui se passe en France, partout, les citoyens en ont raz le bol de toutes ces politiques d'injustices, les gens en ont marrent qu'on frappe toujours sur le même clou.
bj voila je travail en 4 équipe trois pauses week-end et jour férie compris . Ayant plusieurs problèmes de sante , apnée du sommeil,diabete,hyper tension et double pontage en 2015. Je voudrais me reposer un jour semaine ,car ma récupérations est difficiles , existe une solution par le biais de la médecine du travail . VEUILLEZ RECEVOIR MES SALUTATIONS DISTINGUEES
étant menbre du PTB , j éspere de tous coeur le changement car je n ai plus confiance aux homme politique genre MR (surtout ) ? OPENVLD , qui nous dirige et ne écoute pas et ne fait rien pour les gens malade , chomeur etc ha pour précariser il son bon pour détruire les soins sante que nos grand parent se son batus pour avoir sa il save faire , ha oui pour le riche ha sa oui il fond , je le pouvait je les foutrait dehors de suite a coup pied aux cul , moi je suis pour une pension décente pour nos pauvre petit pensionner qui on trimer tous leur vie , il les aurait bien gagner , et je suis pour le revenu universel et le partage du temps de travail et les 30heure semaine , j espere que vous ete du meme avis que moi
Bonjour Pourquoi Madame Deblock, pour récupérer des capitaux ne commence- t'elle pas par supprimer la politisation des Mutualités . Dans certaines rues de villes nous y trouvons plusieurs bureaux, d'où multiplications des frais de gestion. Nous avons ,encore une fois le triste privilège de conserver ce système dont A.COOLS , était persuadé qu'il cesserait lorsque les fondateurs , bien avant 1945 , seraient disparus.. Au sujet du contrôle des malades de longue durée, l'INAMI doit aussi jouer un rôle, à déterminer en accord avec les instances sociales et il doit être possible de déterminer les abus sur base des certificats délivrés, travail important s'il en est.