Transformons ce monde du « chacun pour soi » en un monde du « nous »

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Webteam PTB

Ce samedi 13 juin 2015, le PTB a clôturé son Congrès de la Solidarité avec le discours de Peter Mertens, élu pour un second mandat comme président du PTB. Ce dernier est revenu sur les grandes orientations discutées lors de ce Congrès. Retrouvez l'intégralité de son discours ici.

Chers amis,

J’aimerais avant tout remercier tout le monde pour la confiance que vous m'avez octroyée. Cette confiance porte avant sur l’orientation prise par le PTB depuis le Congrès du renouveau en 2008.

En 2008, nous avons tenu notre Congrès du renouveau, et nous avons pris une nouvelle direction pour le PTB. Nous en étions convaincus : dans notre pays, il existe une place pour une gauche conséquente, pour une gauche généreuse qui redonne confiance aux gens, pour une gauche positive qui ose sortir des sentiers battus néolibéraux.

Nous, nous en étions persuadés mais, en dehors de nous, il y avait plus de scepticisme.

Et pourtant, regardez, notre parti a grandi : il est passé de 2.800 membres en 2008 à pratiquement 10.000 membres aujourd’hui. Nous avons construit des dizaines de nouvelles sections dans tout le pays, dans de nombreuses villes et communes, entreprises et secteurs où l’on n’avait jamais entendu parler du PTB auparavant.
Lors des élections de 2007, nous avions eu 50.000 voix dans tout le pays. En 2014, nous en avons obtenu 250.000, cinq fois plus. Et, avec ce quart de million d’électeurs, Raoul Hedebouw et Marco Van Hees ont été élus au Parlement fédéral.

Nous donnons le ton d’une gauche décomplexée. Et ce ton se fait entendre de plus en plus et partout en Europe.

Dans ce Parlement, nous sommes les petits nouveaux, les « new kids in town ». Et pourtant, c’est le Premier ministre Michel lui-même qui le dit, ce sont Raoul et Marco qui donnent le ton de l’opposition. Nous donnons le ton d’une gauche décomplexée. Et ce ton se fait entendre de plus en plus et partout en Europe. Lors de notre Congrès de renouveau, nous avions estimé que nous étions à la veille d’une période où un vent nouveau soufflerait en Europe. Qui aurait alors supposé que les Grecs et les Espagnols balaieraient le système bipartite dans leur pays, et que Barcelone aurait une nouvelle bourgmestre qui déclarerait : « Moi, je vis avec un salaire de 2.000 euros, pas de 10.000 euros », tout comme le font nos élus ?

Nous n'avons pas un système bipartite, mais bien un pays avec des piliers traditionnels. C'est dans ce contexte que, lors des sept dernières années, nous avons essayé de construire quelque chose de nouveau dans notre pays. Nous avons amené de nouvelles idées dans le débat politique, comme la taxe des millionnaires, la gratuité des soins de santé de première ligne et le modèle Kiwi.

Je pense que la confiance du parti porte en premier lieu là-dessus. Pour être à la fois un parti souple et un parti de principes, avec une vision positive vers l’avenir.

Ce parti est un rassemblement de talents incroyablement engagés et de travail désintéressé, et cette dynamique d'en bas - que tant de partis nous envient, est aussi la source du progrès. Merci donc à vous de donner forme à ce parti, comme un parti des gens d'abord.

Nous comptons sur le groupe parlementaire de la N-VA pour approuver « sans réserves » la taxe des millionnaires

Récemment, j’ai lu un discours frappant de mon ami Bart De Wever, le bourgmestre de New York – pardon, d’Anvers.

Bart De Wever est allé à Londres, et qu’en a-t-il rapporté ? Des caméras. Bart De Wever est allé à New York, il s’est un peu perdu dans Central Park, et qu’en a-t-il rapporté ? Encore plus de caméras.

Bart De Wever est allé à Londres, et qu’en a-t-il rapporté ? Des caméras. Nous, nous allons à Helsinki, et qu’en rapportons-nous ? Un modèle d’enseignement.

Nous, nous allons à Helsinki, et qu’en rapportons-nous ? Un modèle d’enseignement. Nous allons à Copenhague, et nous en rapportons des villes neutres en carbone. Nous allons à Kilchberg, à Marinaleda et à Porto Alegre, et nous en rapportons la démocratie participative. Et, de Vienne, nous rapportons une politique du logement.

Qui va chercher quelles idées ? Vous voyez la différence ? Investir dans des caméras, ou investir dans les gens. C’est un choix.

Mais, pour tout cela, vous allez me dire, il faut de l’argent. Oui, et c’est précisément ce dont parlait De Wever. Dans une interview très intéressante au journal boursier L’Echo, il racontait la chose suivante :

« Aujourd'hui, nous approchons de l'heure de vérité pour ceux qui disent qu'ils veulent surtout faire contribuer les riches. Car la vraie question est : comment ? Je vous l'affirme : il n'y a pas de réponse à cette question. Et j'irai même plus loin : toute proposition qui fera contribuer le 1 % des plus riches sera appuyée par la N-VA. Sans réserve et avec enthousiasme. Seulement, je ne les ai jamais vues, ces propositions, car elles n'existent pas. »

Eh bien, cher Bart, cette proposition existe bel et bien. Il existe bel et bien une proposition qui fait payer le 1% le plus riche une contribution équitable et qui épargne la classe moyenne. Vous la connaissez, c’est notre taxe des millionnaires. Et pour tout à fait te faciliter le travail, nos camarades à la Chambre Raoul Hedebouw et Marco Van Hees ont rédigé avec nos juristes et experts fiscaux une proposition de loi en béton pour instaurer réellement cette taxe des millionnaires. Cette proposition de loi, camarades – et je peux vous donner cette primeur aujourd’hui –, nous la déposerons au Parlement avant l’été!

Et, cher Bart, nos comptons bien évidemment sur le groupe parlementaire N-VA au grand complet pour approuver notre proposition de loi « sans réserves » et « avec enthousiasme ». Et il y aura suffisamment de caméras pour tenir cela à l’œil.

Elargir, également vers la classe moyenne des indépendants et les agriculteurs

Chers amis,

Ce congrès a porté sur la solidarité. Solidarité avec la résistance sociale contre la politique d’austérité européenne. Solidarité avec tous ceux qui osent rêver d’une société juste, à dimension humaine et durable.

Notre cœur reste rouge mais nous nous unissons avec les nombreuses couleurs de la résistance dans la société.

C’est aussi la signification de notre nouveau logo : un éventail de couleurs autour d’une flèche orientée vers la gauche. Notre cœur reste rouge, notre couleur de base reste le rouge mais nous nous élargissons et nous nous unissons avec les nombreuses couleurs de l’indignation et de la résistance dans la société.

Aujourd’hui, nous le disons clairement : tout ce qui nous divise nous affaiblit. Et tout ce qui nous unit nous renforce. Nous en avons parlé de manière riche et intense durant notre congrès. Sur élargir, et sur unir.

Comment organisons-nous non seulement l'ouvrier d'usine classique, mais aussi les infirmières, les artistes, les profs?
Comment atteignons-nous nous seulement les travailleurs à contrat fixe dans les entreprises, dans les bureaux et les ateliers, mais aussi l’armée grandissante des travailleurs intérimaires et des gens sous contrat temporaire ou faux statut ?

Je n’ai malheureusement pas assez de temps pour évoquer tous les débats que nous avons menés. Je m'arrête avec vous sur l'un d'entre eux. Durant notre congrès, nous avons mené un débat sur la place de la classe moyenne des indépendants dans notre société.

Ce ne sont pas les petits boulangers, les agriculteurs bio et les fleuristes qui peuplent les listes de LuxLeaks.
Ce ne sont pas les plombiers et les photographes qui planquent leurs profits en millions sur un compte secret en Suisse.
Trois quarts des petits entrepreneurs estiment que les grosses fortunes, celles qui tirent leurs revenus principalement de leur fortune, paient trop peu. C’est ce qui ressort d’une enquête de l’organisation des patrons de PME effectuée au début de cette année auprès de 2.500 entrepreneurs.

Travailleurs, jeunes, agriculteurs et indépendants doivent diriger leurs flèches ensemble contre les responsables de la crise.

Les sociétés anonymes d’Albert Frère payent encore toujours moins d’impôts que Francine, la femme de ménage. Mais aussi que Walter, le libraire. Les libéraux bleus et jaunes font croire qu’ils défendent les indépendants, alors qu’ils roulent uniquement pour cette couche supérieure rendue publique la semaine passée par Ludwig Verduyn, connu pour son classement annuel des 500 familles les plus riches du pays.

De plus en plus d’indépendants et de petits entrepreneurs interpellent notre parti.
Nous parlons des patrons de cafés, de salons d'esthétique, de musiciens.
Nous parlons de cet indépendant qui souvent doit travailler 50 à 60 heures par semaine, et pourtant ne gagne pas assez pour joindre les deux bouts.
Nous parlons du garagiste indépendant qui est poussé hors du marché par de grands concessionnaires ou par les compagnies d’assurances.
Nous parlons des agriculteurs qui peuvent à peine se faire payer le fruit de leur travail, accumulent les dettes et que la grande distribution fait jouer les uns contre les autres.

La classe des travailleurs, les jeunes, les agriculteurs et les indépendants doivent diriger leurs flèches ensemble contre les vrais responsables de cette crise : les multinationales et les marchés financiers qui étranglent toute la société.

Nous opposer au TTIP avec tous ceux qui sont affectés par ce traité

Si nous voulons nous opposer au TTIP, le nouvel accord de libre échange que l’Union européenne est en train de négocier avec les Etats-Unis à huis clos, n'est-il pas mieux de le faire ensemble, en nous unissant avec tous ceux qui sont affectés par ce fameux traité TTIP ?

Le TTIP veut baisser toutes les normes sociales et environnementales et continuer la dérégulation de la société. 

Le TTIP veut baisser toutes les normes sociales et environnementales et continuer la dérégulation de la société. Je pose la question : qui va s’en trouver mieux ?

Pas les travailleurs, car ils vont devoir faire face à un système américain aux bas salaires, des syndicats faibles et une moins bonne protection sociale.
Pas les jeunes, qui vont débarquer dans une société du chacun-pour-soi.
Pas les agriculteurs, qui auront des normes abaissées sur les produits agricoles et alimentaires.

Pas les consommateurs, qui vont voir la qualité de ce qui a dans leur assiette fortement diminuer.
Une chose est claire : nous nous opposerons bec et ongles à ce traité de libre échange. Non au pacte transatlantique qui va détruire les réglementations élémentaires et faire s'opposer les uns aux autres, vive la solidarité, transatlantique et mondiale.

Et c’est précisément pour cela que nous avons besoin d’une alliance progressiste, d’une convergence entre tous ces groupes différents de la société. Nous avons encore pas mal de pain sur la planche pour tendre l’oreille et capter toutes les attentes de la population, et pour développer une vision, un programme pour toutes ces couches différentes de la société, des agriculteurs aux artistes, des jeunes aux intellectuels. Mais c'est la mission que nous avons reçue de ce Congrès, et c’est aussi ce que nous allons faire.

La lutte contre la pollution et contre le réchauffement climatique doit également faire partie de notre ADN

Chers amis,

Elargir veut dire aussi : élargir notre vision. Regarder plus loin que les seuls thèmes qui nous ont fait connaître : une fiscalité juste, les pensions, l’énergie, les salaires, la santé. Ces thèmes restent bien sûr nos points forts. Mais nous devons aussi nous préoccuper beaucoup plus de démocratie, de paix, de culture, de diversité, d'antiracisme, de pollution et de réchauffement climatique. Tout ça aussi doit faire partie de notre ADN.

J'aurais voulu parler de culture, de diversité et de paix, car ces thèmes me tiennent à cœur mais, dans le cadre qui m'est donné, je voudrais m’arrêter un instant seulement sur deux thèmes : l’écologie et la démocratie.

Notre pays a promis de diminuer ses émissions de CO2 de 15% d’ici 2020. Pour cet objectif, l’industrie lourde n’est même pas comprise, et cet objectif n’est qu’une toute petite partie de ce qui est réellement nécessaire pour enrayer le réchauffement du climat. Et, lors récent sommet climatique à Bonn qu'a-t-on dû constater ? Notre pays n’atteindra même pas cet objectif ! Pourtant, nos ministres en charge du climat continuent à prétendre qu’il mènent « une bonne politique climatique ».

Le marché ne va pas résoudre le dérèglement climatique. Nous devrons nous battre nous-mêmes, tout comme pour chacun de nos droits.

Prolonger encore l’activité de nos centrales nucléaires périmées, qui sont depuis longtemps amorties, au lieu d’investir dans l’innovation écologique et dans la production d’énergie verte : ça, ce n’est pas une bonne politique climatique.
Economiser 663 millions d’euros dans les chemins de fer, faire des restrictions dans les bus du TEC et De Lijn, et en même temps subsidier par des masses d’argent les voitures de société et, donc, nos propres embouteillages : non, ça, ce n’est pas une bonne politique climatique.

Nos gouvernements ne parlent pas du développement de transports publics favorables au climat. Nos gouvernements ne font pas le choix d’investir dans des nouvelles infrastructures cyclables. Il n’existe pas de master-plan pour l’isolation. Il n’y a pas de plan d’action pour un air plus pur. Pas de fonds d’innovation écologique. Pourtant, tout cela est nécessaire, et est aussi possible.

Pendant des années, on a tergiversé et marchandé sur le problème du climat, et, surtout, on a perdu beaucoup de temps.
Eh bien, le statu quo, ce n’est plus possible. Ce n’est pas le marché qui va résoudre le dérèglement climatique. Nous devrons nous battre nous-mêmes, tout comme nous nous sommes battus pour chacun de nos droits sociaux dans ce pays, et tout comme nous nous sommes battus pour nos droits démocratiques. Oui, nous devrons aussi nous battre pour le droit à l’atmosphère, le droit de la mer et des océans, le droit à la biodiversité et le droit à une planète vivable. C'est plus qu'une question symbolique que la flèche dans notre logo devienne verte. Avec ce congrès, le PTB affirme que la lutte sociale et la lutte écologique vont de pair et sont menées main dans la main.

Et c’est pourquoi, nous répondrons présents en masse, avec le PTB, lorsque le Climate Express mobilisera plus de 10.000 compatriotes pour la marche du climat le dimanche 29 novembre à Paris. Change the system, not the climate ! Chanegons le système, pas le climat !

La question grecque sonne l’heure de vérité pour tous les démocrates en Europe

Un deuxième thème de ce congrès que je veux aborder, c’est la démocratie. C’est l’un des thèmes les plus actuels dans l’Europe d’aujourd’hui.
Car, qu’est-ce que la question grecque, si ce n’est une question de démocratie ?

Qu’est-ce que la question grecque, si ce n’est une question de démocratie ?

Et ce n’est pas parce que « démocratie » est un mot d’origine grecque, qui signifie que c’est le peuple qui a le pouvoir.
C’est parce qu’aujourd’hui, dans cette Europe, se déroule un combat des Titans sur l’avenir de l’Europe.

Il y a quelques jours, notre Premier ministre, Charles Michel, a déclaré que « la récréation était finie ». Et qu’il « en avait assez ».

Eh bien, monsieur Michel, nous aussi, nous en avons aussi assez.

Nous en avons assez que les Grecs soient réduits au silence.
Nous en avons assez que le gouvernement grec, démocratiquement élu par la majorité de la population grecque, soit étranglé par une Commission européenne qui, elle, n’est élue par personne.
Nous en avons assez que le Premier ministre d’un pays puisse décrire une crise humanitaire comme « une récréation ». Dans quels cénacles vivez-vous, cher Premier ministre ?

Exiger que cette politique, qui a échoué sur tous les fronts, soit tout simplement poursuivie, cela n’a plus rien à voir avec l’économie. Cela n’a rien à voir avec la fin de la récréation. Mais cela a tout à voir avec un dogme idéologique orthodoxe qui veut empêcher coûte que coûte qu’une autre voie soit prise en Europe.
D’abord, ils veulent mettre les Grecs à genoux, puis les Espagnols, puis les Irlandais, et puis ce sera notre tour. Et donc, nous disons, pas après-demain, pas demain, mais nous le disons dès aujourd'hui : No Pasaran !

C’est l’heure de vérité pour tous les démocrates en Europe. A Athènes, ce sont deux visions de l’avenir de ce continent qui s’affrontent.

Ou bien nous permettons que l’intégration européenne s’accomplisse dans un contexte de démocratie, de développement régional, d’égalité et de solidarité. Ou bien nous continuons à foncer vers une fracture dans la zone euro. C’est la stratégie de la double Europe, avec un noyau central qui décrète unilatéralement des dures restrictions pour le reste du continent.

Nous choisissons notre camp. Le camp d’une Europe solidaire, coopérative et démocratique. C’est ce que nous avons défini à notre congrès, et c’est aussi ce que nous allons faire. La semaine prochaine, nous manifesterons dans toute l’Europe, avec nos amis du groupe européen de la Gauche Unitaire (GUE), en solidarité avec la Grèce. Aussi ici à Bruxelles, le 21 juin, lors de la manifestation « Avec les Grecs ».

Le PTB fait peau neuve, rajeunit, se féminise et s’élargit

Nous avons parlé d’unir, parce que cette société ne cesse de diviser et encore diviser. Jeunes contre vieux, hommes contre femmes, population active contre ceux qui ne le sont pas, Belges d’origine contre compatriotes d’origine étrangère, salariés contre indépendants, etc., etc.

Les femmes constituent la moitié de l’humanité. Cela doit se refléter dans notre parti. 

Le PTB veut être le reflet des 99%. Il y a encore beaucoup de travail pour en arriver là. Nous avons besoin de davantage d’ouvriers et d’ouvrières dans la direction du parti. Nous avons aussi besoin de davantage de personnes d’origine immigrée, et de beaucoup plus de femmes. Nous avons eu d'ailleurs tout un débat durant notre congrès. Qu’est-ce qui nous empêche d'avoir davantage de femmes dans la direction du parti ? Comment faisons-nous pour qu’on accorde suffisamment d’attention à cette question ? Les femmes constituent la moitié de l’humanité, et cela doit également se refléter dans notre parti. Après un long débat, ce congrès a décidé d’instaurer des quotas pour les femmes à la direction nationale.

Et je suis heureux que nous ayons voté cette mesure, pour mener le forcing, et pour avoir de nombreuses jeunes femmes pleines de talent dans notre direction. Comme je suis très content que, lors d'une session précédente, Lydie Neufcourt ait été élue secrétaire nationale du parti et David Pestieau, vice-président du parti.

Oui, nous avons une toute nouvelle équipe au Conseil National. Le PTB fait peau neuve, rajeunit, se féminise, s’élargit, et cela se voit. Deux tiers des membres de la nouvelle direction sont nouveaux. Et nous pouvons compter sur une équipe enthousiaste de 45 personnes de tout le pays pour continuer à élargir davantage notre parti, unir et approfondir.

Il est urgent que nous transformions ce monde du « chacun pour soi » en un monde du « nous »

Approfondir, en effet, et j’en arrive là au dernier thème de notre congrès.

Dans ces temps d’incertitude, de stress, de crise humanitaire et écologique, de plus en plus de gens sont à la recherche de leur place dans la société, de leur identité et d’une représentation du monde qui apporte une éclaircie dans cet énorme brouillard de superficialité et de confusion.

La bataille que mène la classe dirigeante n’est pas seulement une bataille qui concerne votre compte en banque. C’est aussi une bataille des idées. La classe dirigeante présente ce qui se passe aujourd’hui comme une sorte de loi de la nature. Que c’est impossible qu’il en aille autrement. Que nous devons nous y résigner. Que, en tant qu’êtres humains, nous sommes trop petits et impuissants à changer le cours de choses. Que ce qui est bon pour la couche supérieure est automatiquement bon pour le reste de la société. Que tout finira bien par percoler vers le bas, prétendent-ils, et donc, ils approuvent taxe Diamant après taxe Caïman, taillées sur mesure pour les fraudeurs financiers. Et il n’y a absolument rien qui percole vers le bas.

Nous avons besoin d’une autre manière de voir le monde et la planète Terre, d’un changement de paradigme.

Nous avons besoin d’une autre manière de voir le monde et la planète Terre, d’un changement de paradigme.
Nous avons besoin d’une autre manière d’organiser notre économie, non plus en fonction du profit maximal et de la spéculation, mais en fonction des besoins des habitants de la Terre et de la Terre elle-même.
Nous avons besoin d’une autre manière de regarder le climat, non plus comme une marchandise ou un produit sur le marché, mais comme un héritage commun indispensable que nous devons préserver pour les générations à venir.
Nous avons besoin d’une autre culture, où ce n’est plus le chacun pour soi qui prime, où les biens collectifs et sociaux ne sont plus démantelés et où les gens ne sont plus montés les uns contre les autres en raison de leur origine, leur sexe, leurs convictions religieuses ou leur orientation sexuelle.
Nous avons besoin de solidarité et de coopération pour pouvoir déployer tous les talents de la société.

Et c'est pourquoi nous voulons mener une lutte culturelle au sens large, pour que les gens croient de nouveau en eux-mêmes. Nous voulons urgemment transformer le monde du chacun pour soi en un monde du « nous ». Dans le monde du chacun pour soi, vous êtes seuls, et vous pouvez être cassé. Dans le monde du « nous », vous êtes ensemble et vous êtes debout et forts.


Il y a énormément de petites résistances sur ce continent. Les gens aspirent à d’autres manières de gérer l’économie et à regagner leur liberté pour pouvoir construire ensemble une vie qui ait du sens. De ces petites résistances est née une autre résistance, toujours plus grande. Une résistance pour un avenir vivable, à la mesure de l’être humain et respectueuse de l’environnement. C’est notre vision d’un nouveau socialisme, le socialisme 2.0. C’est le débat de société que nous menons. Nous donnons une impulsion, pour penser en dehors du cadre établi. Beaucoup de débats et de discussions seront encore nécessaires, tout comme beaucoup de travail pour la convergence de tous les maillons de la résistance, afin de reconstruire, comme humanité, un avenir vivable.

Oui, il est plus que temps que nous transformions ce monde du « chacun pour soi » en un monde du « nous ».

Je vous remercie.


 


 

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