Photo Kevin Van den Panhuyzen

Tom De Meester (PTB Gand) : "Dans notre ville, il n'y a pas de place pour des marches de la haine"

Gand, dimanche soir 26 novembre 2017. Des hooligans d’extrême droite défilent dans les rues du centre-ville sans autorisation de la police ou des autorités communales. Ils crient des slogans racistes, font le salut hitlérien, attaquent des passants… Et la police ? Elle les a regardés faire.

Aujourd’hui, à Gand, tout est apparemment permis. Dimanche soir, un groupe d’environ 200 casseurs d’extrême droite a pu sans aucun problème défiler en ville pendant plus de deux heures. Suivant la police, il n’y avait aucun problème, la situation étant « sous contrôle ». Tout dépend de ce qu’on appelle le « contrôle » : des casseurs qui font de manière ostentatoire le salut hitlérien, qui crient « Les Roms, dehors ! », qui attaquent des passants, qui essaient à deux reprises de pénétrer dans la Sleepstraat pour aller y faire du grabuge… Ils ont finalement fracassé la vitrine du restaurant libanais au Sluizeken (où, la veille, j’étais encore allé manger avec des amis) et ont ensuite passé leur rage sur l’abri de nuit du Baudelopark, qui héberge des familles de sans-abri avec des enfants (!). Eux aussi doivent être jetés « dehors », peut-être ?

C’est ce que l’on récolte quand des politiciens de la N-VA affirment « comprendre » que des hooligans décident de faire eux-mêmes la loi en attaquant un bâtiment squatté, quand des ministres considèrent systématiquement les migrants comme des profiteurs et des criminels. Cette sorte de discours politique crée un climat de haine dans lequel tout le monde se retrouve perdant.

En ce qui concerne les autorités communales : qui a en fait décidé que ce genre de défilé haineux et agressif serait dorénavant toléré dans notre ville ? Pas en mon nom ! Je pensais que Gand voulait devenir la ville de Flandre la plus agréable pour les enfants… Permettre d’aller terroriser des enfants dans un centre pour sans-abri, comment cela entre-t-il dans ce cadre ? Gand veut être une ville chaleureuse et hospitalière, où tout un chacun peut se promener en toute sécurité dans les rues. Pourquoi des casseurs d’extrême droite peuvent-ils alors, sans autorisation officielle – du jamais vu ! –, défiler pendant des heures dans la ville pour attaquer des gens et démolir ? Il faut aller voir ce que les organisateurs ont posté sur Facebook : « Un magnifique début d’une magnifique histoire », « pas mal pour une première fois, je me suis amusé. On en redemande!!!!!!!! » On sait comment cela finit : par des émeutes et de la violence de rue. Chères autorités communales, il est plus que temps de tracer une ligne claire. Dans notre ville, il n’y a pas de place pour la haine et la violence.

Tom De Meester est tête de liste du PTB à Gand.

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