Tarifs STIB : les usagers paient 94 euros de trop pour un abonnement annuel

Le service d’étude du PTB a réalisé une étude sur l’évolution des tarifs de la STIB (Société des Transports Intercommunaux de Bruxelles) entre 1993 et 2016. Le résultat est sans appel : les tarifs ont évolués bien plus vite que l’indice des prix à la consommation.

Les tarifs évoluent plus vite que le coût de la vie

Entre 2004 et 2012, le prix du voyage moyen pour l’usager de la STIB a augmenté de 36 % alors que le coût de la vie, lui, a augmenté de 21,5 %. Une grosse différence entre les deux. Rien que pour l’abonnement MTB (métro-tram-bus), son prix a évolué deux fois plus vite que l’inflation. Cela va à l'encontre de la logique du service public : il n’est pas là pour vider nos poches mais pour permettre à chacun de se déplacer. 

Si les tarifs avaient suivi l’évolution de l’indice des prix à la consommation, les usagers paieraient aujourd’hui 405 euros pour un abonnement annuel au lieu de 499 ; 10,25 euros pour 10 trajets au lieu de 14 euros aujourd’hui et 1,6 euros pour un voyage alors qu'aujourd'hui on paie 2,1 euros à la caisse et 2,5 euros à l'intérieur des transports. Une fameuse différence pour leur portefeuille.

L'augmentation des tarifs : un choix politique qui laisse la porte ouverte à la privatisation

Le PTB dénonce à travers ces augmentations une volonté des gouvernements bruxellois successifs de faire de plus en plus payer l’usage. Alors qu'ils avaient promis dans leurs programmes de 2009 l’introduction progressive de la gratuité des transports en commun, PS, ECOLO et cdH étaient en majorité à la Région pendant la période où les tarifs ont le plus vite augmenté. Ils avaient la possibilité de bloquer ces augmentations et ils ne l’ont pas fait. 

De quoi être inquiet pour l’avenir du service public. Au plus les usagers paient cher pour leurs tickets, au plus la porte est ouverte à une privatisation des transports en commun. Et on voit ce que cela a donné à Londres : les transports sont devenus hors de prix et l'entretien laisse à désirer. 5,3 euros le ticket de métro dans le centre de la ville en 2014 et jusqu'à 1443 euros pour l'abonnement annuel. Un salaire entier qui passe à la trappe. 

Un choix néfaste pour l'environnement et le climat

Les tarifs bas jouent aussi un rôle crucial pour convaincre les automobilistes d'abandonner leur voiture. Il y a beaucoup trop de voitures à Bruxelles, c’est mauvais pour la qualité de l’air et pour le climat. Il est plus que temps d’agir pour favoriser l’utilisation des transports en commun. Mais ce n’est pas en augmentant les prix qu’on va y arriver, c’est justement en les diminuant. A Aubagne, en France, la municipalité a rendu les transports gratuits et le nombre de voitures a diminué. C’est ce choix qu’il faut faire maintenant à Bruxelles.

C'est pour cela que le PTB a déposé une résolution pour demander, à court terme, une baisse des tarifs généralisée en revenant à des prix qui auraient simplement suivi l’évolution du coût de la vie et ce, en attendant une étude de faisabilité sur la gratuité des transports. Il demande également l’introduction de titres de transports uniques valables pour tous les opérateurs présents en région bruxelloise (STIB, De lIjn, TEC, SNCB) pour favoriser le transfert de la voiture vers les transports en commun.

 

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