Stop Trump : marche de protestation le 24 mai à Bruxelles

Le PTB appelle à participer à la manifestation du 24 mai à Bruxelles pour dire « non » à Trump, à sa politique et à ses homologues européens.

Rejoignez la marche qui débutera le 24 mai à la Gare du Nord à Bruxelles dès 17h :

  • Pour les droits sociaux
  • Pour la paix
  • Pour un monde durable
  • Contre le sexisme, le racisme et la discrimination

Programme :

  • 17h : rassemblement à la gare du Nord (Bruxelles)
  • Prises de paroles (activistes de Standing Rock ea)
  • 18h : marche de protestation
  • 20h : concert (Jaune Toujours ea) + Foodmarket

Plus d'infos sur la manifestation : www.trumpnotwelcome.be

Dossier : Tout ce qu'il faut savoir sur Trump... pour l'arrêter

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Stop Trump, change the world

Photo Lorie Shaull / Wikimedia

Un fou à la tête des États-Unis ? L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis a inquiété le monde entier. Sa campagne, menée à grands renforts de remarques insultantes, sexistes, racistes… a parfois laissé croire qu’il n’avait pas vraiment d’idéologie ou de stratégie, que son caractère sanguin déterminait ses actions. Et pourtant, derrière l'apparente imprévisibilité, il y a bien des constantes.

À y regarder de plus près, on constate cependant que son programme comportait un certain nombre de points récurrents. Trump voulait restaurer la grandeur de l’Amérique en y ramenant les entreprises, instaurer des taxes à l’importation sur les produits étrangers, supprimer l’accord libre-échange TPP et renégocier un autre accord de libre-échange, l’Aléna. Trump allait également renouer des liens avec la Russie et se concentrer davantage sur la Chine. Il ferait payer davantage les alliés de l’Otan pour leur sécurité. Il allait battre l’État islamique dans les plus brefs délais et fermer les frontières aux terroristes. Il construirait un mur pour protéger les États-Unis des migrants mexicains. Il rouvrirait les mines de charbon, poursuivrait la construction des pipelines vers les gisements de sables bitumineux au Canada et enverrait valser les scientifiques du climat. L’Obamacare serait aboli et l’argent des projets sociaux servirait à augmenter les dépenses militaires. Il baisserait les impôts et engagerait malgré tout des investissements gigantesques dans l’infrastructure américaine. 

Les collaborateurs de Trump : tous des milliardaires et des millionnaires, des milieux les plus à droite, islamophobes et racistes.

Le lien entre tous ces points est devenu plus clair à mesure que Trump désignait les collaborateurs qui allaient l’entourer : tous des milliardaires et des millionnaires, mais pas (toujours) ceux de l’establishment néolibéral classique. Ils s’agit souvent de proches des cercles « alt-right » de Steve Bannon and co : les milieux les plus à droite, islamophobes et racistes qui ne jurent que par le « choc des civilisations ». Pour les « Trump people », il y a trois grandes menaces : l’islam radical, la concurrence économique déloyale et les migrants illégaux. Cela donne une politique de nationalisme et de protectionnisme économique, des mesures extrêmes pour la sécurité intérieure, des choix pragmatiques d’alliés et une confiance inconditionnelle dans le renforcement militaire des États-Unis. Pour Trump, l’Amérique est la victime de l’actuel ordre mondial et le dindon de la farce de la libéralisation qu’elle a elle-même installée. 

Trump a cette conviction depuis longtemps déjà. En 1987, il avait déjà fait paraître des publicités d’une page entière dans trois grands journaux où figurait le slogan : « Let’s not let our great country be laughed at anymore » (ne laissons plus notre grand pays être la risée des autres). C’est avec ce message qu’il a réussi à faire ce que personne ne croyait possible : devenir président des États-Unis.

Plusieurs facteurs ont joué en sa faveur. Il y a la crise économique et les pertes d’emplois, l’axe le plus important sur lequel Trump a pu greffer sa démagogie de « nouvelle grandeur » et de relance industrielle. Il y a les nouveaux rapports de force dans le monde – avec la montée fulgurante de la Chine – qui unissent des cercles plus larges de l’establishment désireux de rétablir la suprématie des États-Unis. Il y a la menace du terrorisme, qui s’est développé après les attentats du 11 septembre aux États-Unis. Il y a le réchauffement climatique qui amène le lobby du pétrole, du gaz et du charbon à une offensive de grande envergure. Il y a le fait que la crise économique de 2008 et la crise politique qui l’a suivie ont commencé à tourner en défaveur des élites politique. Aux États-Unis et ailleurs, les inégalités augmentent et les travailleurs sont de plus en plus mis en concurrence les uns avec les autres. Les différentes variantes du néolibéralisme ont échoué, y compris celle d’Obama. Et, au sein de l’establishment, certaines forces reviennent désormais aux vieilles recettes du nationalisme, de l’autoritarisme et du protectionnisme.

Trump, Wilders, Le Pen, Orban, De Wever… sont des spasmes d’un système de plus en plus proche de la suffocation.

L’activiste canadienne Naomi Klein voit dans le nouveau gouvernement américain un coup d’État des grandes entreprises. Mais, pour elle, c’est aussi cela qui constitue la faiblesse de Trump : « Ce type est arrivé au pouvoir en racontant les plus gros et les plus éhontés des mensonges, en se vendant comme le champion des travailleurs qui s’opposerait enfin au pouvoir des grandes entreprises et à leur influence à Washington. Une partie de sa base se sent déjà flouée et cette partie ne fera qu’augmenter. »

Trump, Wilders, Le Pen, Orban, De Wever… sont des spasmes d’un système de plus en plus proche de la suffocation, une contre-réaction à un appel de plus en plus important pour plus de justice et d’équité. Et la résistance grandit. « Il se passe de drôles de choses, a déclaré Bernie Sanders. Des millions de gens se sentent concernés par la loi d’Obama pour l’accès aux soins de santé. Ils disent : oui, elle peut être améliorée, mais nous n’acceptons pas que 20 millions de gens se retrouvent à nouveau sans assurance-maladie. Et les Républicains font marche arrière. Ils sont embarrassés et poussés dans la défensive. »

« Nous devons bien réfléchir à notre histoire pour comprendre que nous sommes dans une période vraiment très inquiétante, poursuit Sanders. Mais nous devons aussi bien comprendre que, dans de tels moments de crise, à chaque fois, des gens se lèvent et contre-attaquent. »

Nous voulons faire entendre haut et fort cet appel à la justice dans les rues de Bruxelles. Rendez-vous le mercredi 24 mai à 17 heures à la gare du Nord (Bruxelles). Time for action. It wil be great and huge. It’s true.

Article de Jo Cottenier et de Han Soete publié dans le mensuel Solidaire de mai 2017Abonnement.

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