Photo Solidaire, Yvan Brys

Solidarité avec les homosexuels persécutés en Tchétchénie

Jeudi 20 avril, plusieurs centaines d’homosexuels, transsexuels et sympathisants venus de tout le pays se sont rassemblés devant la Bourse à Bruxelles à propos de la récente vague de persécution homophobe en Tchétchénie. Mix*, le groupe LGBT+ (lesbiennes, gays, bi, transgenre…) du PTB, y était. Une semaine plus tard Marco Van Hees, député du PTB, a partagé avec une résolution parlementaire qui répond aux demandes des manifestants Mais la bataille est loin d'être gagnée.

Depuis plusieurs semaines, des nouvelles terrifiantes arrivent de Russie concernant la persécution de personnes homosexuelles. Amnesty International rapporte que des centaines d’hommes sont emprisonnés dans des prisons secrètes. Ils sont torturés pour donner les noms d’autres homosexuels. Ces faits sont rapportés par des hommes ayant été libérés. Au moins trois hommes auraient été tués en Tchétchénie (ouest de la Fédération de Russie). Le gouvernement tchétchène réagit en expliquant que « l’homosexualité n’existe pas » dans leur pays et ils appellent leurs citoyens à dénoncer leurs proches.

« Nous ne voulons pas seulement une enquête, nous voulons que les mauvais traitements et la torture cessent immédiatement et que Didier Reynders et la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini fassent pression sur les autorités russes et tchétchènes pour améliorer la situation des LGBT+ en Tchétchénie », ont déclaré des militants dans un communiqué de presse.

Mix* soutient les actions internationales de solidarité des organisations comme ILGA (International Lesbian and Gay Association)

ILGA travaille avec les réseaux LGBT (acronyme pour lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres) Russes locaux pour identifier le problème, aider les victimes et soutenir l'action sociale de la population tchétchène contre ces atrocités. A la demande des partenaires locaux, ILGA appelle les gouvernements belges et européens à mettre aussi la pression diplomatique : « Nous ne voulons pas seulement une enquête, nous voulons que les mauvais traitements et la torture cessent immédiatement et que Didier Reynders et la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini fassent pression sur les autorités russes et tchétchènes pour améliorer la situation des LGBT+ en Tchétchénie », ont déclaré des militants dans un communiqué de presse.

Dans ce contexte, Jeudi, 27 Avril, Marco Van Hees, député du PTB, a présenté une résolution parlementaire avec Ecolo/Groen, PS, sp.a, Défi et MR qui répond à la demande des groupes d'action internationaux. Lors de la présentation de la résolution, Marco Van Hees a souligné : « Nous soutenons cette résolution en solidarité avec les réseaux LGBT. En effet, nous savons que les actions sociales apporteront de réels progrès. »

Pas un cas isolé

Ben Van Duppen, le porte-parole de Mix* : « La brutalité à laquelle les homosexuels sont confrontés est choquante, et montre aussi la vulnérabilité́ des LGBT+. La Tchétchénie n’est malheureusement pas une exception. Dans 75 pays, l’homosexualité est passible d’une peine de prison et dans 13 États de peine de mort. Parmi ces pays, on retrouve l’Arabie Saoudite, un des partenaires commerciaux favori de la Belgique. »

Echapper à l’enfer

« Si votre vie est en danger dans votre pays d’origine en raison de votre orientation sexuelle, il n’est pas surprenant que vous fuyiez votre pays et votre famille. Mais la forteresse européenne est conçue de manière à rendre l’accès difficile pour vous et pour des milliers d’autres fuyant la misère. A la suite de l’accord avec la Turquie, des réfugiés restent bloqués dans un pays où la discrimination des LGBT+ est courante », continue le jeune porte-parole.

« Si vous êtes l’un des “chanceux“ qui atteignent néanmoins l’Europe vous serez soumis à une batterie de tests, d’interrogatoires au cours desquels vous devrez prouver être un “vrai” homosexuel. Certains pays d’Europe de l’Est ont de plus une réputation assez interpellante quant à la manière dont les tests sont pratiqués. En Belgique aussi, on peut se poser des questions sur la procédure car souvent la vision occidentale de l’homosexualité ne correspond pas à celle du pays dont vous venez. Par exemple, les demandeurs d’asile doivent répondre à des questions intrusives sur des lieux de rencontre qu’ils ne connaissent pas forcement, n’osent pas fréquenter ou n’en n’ont pas les moyens financiers ou simplement pas l’envie. Dans les centres pour réfugiés, la situation des LGBT est délicate. En Belgique, nous avons besoin d’une politique d’asile réellement humaine qui aide vraiment les personnes en situation d’urgence. »

 

We take Pride in solidarity
Ben van Duppen : « Nous sommes choqués par ce qui se passe en Tchétchénie et nous ne pouvons pas laisser passer ça. Nous ne devons pas nous contenter seulement d’une remarque sur Facebook ou d’un tweet. Utilisons la force de la solidarité internationale que déclenchent ces événements. Menons la lutte contre l’homophobie et la transphobie et pour une politique d’asile véritablement humaine. »
Le samedi 20 mai, le PTB et Mix* participeront à la Belgian Pride. Le thème de cette année, l'asile et la migration, est plus que jamais actuel.
 

 

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Signer la pétition d'Amnesty : https://www.amnesty.be/je-veux-agir/agir-en-ligne/signer-en-ligne/gaytchetchenie

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