Photos Solidaire, Oswaldo Palombo

Soirée de présentation du livre de Raoul Hedebouw :: 650 personnes prennent la 'Première à gauche'

Jeudi 12 décembre, plus de 650 personnes se sont entassées dans la salle Le Manège, à la caserne Fonck, Liège, pour assister à une soirée qui sera rythmée par des interventions diverses, émues, enthousiastes et amusantes, entrecoupées d'intermèdes musicaux toujours marqués par la critique sociale et l'appel à la lutte. Au centre de la soirée, Première à gauche, le nouveau livre d'entretien de Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB.

"Une bouffée d'oxygène pour montrer qu'un autre monde est possible"

Avant le début de la présentation, la salle se remplit d'un brouhaha rouge: travailleurs, syndicalistes, acteurs du monde associatif et culturel, membres et sympathisants du PTB, de Comac, son mouvement de jeunes, ou tout simplement Liégeois de gauche, échangent déjà. Autour d'un verre et dans une ambiance conviviale, les gens attendent le début d'une soirée qui s'annonçait dès le départ placée sous le signe de la gauche, la vraie, celle qui se bat au quotidien pour changer le monde.

Gilles Martin, éditeur du livre, qui y donne la réplique à Raoul Hedebouw, introduit la soirée. Il explique la genèse du projet : face à la montée du PTB, au niveau électoral, sur le terrain, mais aussi au niveau médiatique, avec la présence de plus en plus importante de Raoul Hedebouw dans les débats et les émissions télévisées. "Comment on devient Raoul Hedebouw?", s'est-il demandé. C'est à cette question que le livre tente de répondre, tout en faisant le lien entre le vécu personnel de Raoul et le vécu collectif du PTB, sa vision du monde et de l'alternative, que partagent des milliers de membres et symptahisants.

Le reste de la soirée est animée par Pierre-Etienne, dit Pavé, un rappeur liégeois membre du PTB. C'est lui qui, tout au long de la soirée, interroge les invités, qui ont eu l'occasion de lire le livre en primeur.

Ce sont des personnalité politiques progressistes bien connues qui lancent les hostilités. Sfia Bouarfa, député bruxelloise PS, "Ô combien est important ce bouquin pour l'échéance électorale à venir. Cela montre que le PTB a sa place au Parlement."

Josy Dubié, qui avoue avoir lu le livre d'une seule traite, indique avoir particulièrement retenu le long chapitre consacré à l'écologie, qui met en évidence le lien entre la question sociale et les problèmes écologiques. Une réflexion longtemps discrète ou absente à la gauche de gauche, que le PTB porte aujourd'hui comme l'un des combats prioritaires.

Patrick Béby, metteur en scène progressiste, estime qu'on "pourrait faire une pièce de chaque chapitre du livre". Amateur d'histoire, l'homme de théâtre félicite le travail lié aux racines du mouvement social dont est issu le PTB, ainsi que la lisibilité du livre : "C'est le premier livre en liégeois", dit-il, accessible et agréable à lire.

Un outil pour le monde du travail

Le monde syndical était également bien présent. Dominique Vendredi, déléguée CSC service public, déclare avoir reçu Première à gauche comme une bouffée d'oxygène, contre la crise et l'austérité, pour l'unité par delà les frontières linguistiques et à travers les différents secteurs du monde du travail.

Frédéric Gillot, délégué FTGB-MWB Arcelor Mittal, évoque l'importance pour lui et ses camarades d'avoir des ouvrages qui, comme celui-ci, remettent au centre de leur travail la question du projet de société, et redonnent des perspectives et de l'espoir. Le sidérurgiste raconte s'être battu pour un outil public, avec notamment Hubert Hedebouw, père de l'auteur.

L'histoire personnelle de Raoul Hedebouw est liée à la lutte du monde du travail, ses deux parents étant des travailleurs qui n'ont jamais hésité à se battre pour le progrès social, avec les syndicats. La valorisation de cette histoire, de ce vécu, sont évidemment saluées par ces syndicalistes. Tous deux parlent aussi d'un "outil" - une "clef à molette", dit Frédéric Gillot - qui permet d'expliquer et de discuter du monde et de ce qu'on veut en faire avec tout le monde.

Antonio Cocciolo, président de la MWB Hainaut-Namur,  se déclare impressionné par le livre, qui pousse à la mobilisation et à la lutte, un aspect fondamental dans le travail et la vision du syndicaliste. C'est pourquoi, explique-t-il, ce livre est vraiment utile et fort comme outil pédagogique à utiliser dans le monde syndical.

"On a toujours raison de se révolter"

Christian Panier, l'ancien juge et membre du PTB, évoque avec humour le plaisir qu'il a eu à lire Première à gauche, et la fraîcheur de celui-ci, dont, selon lui, la richesse tient notamment à l'explication de l'engagement par le parcours personnel. Et de citer André Gide : "on a toujours raison de se révolter".

Raoul Hedebouw s'invite enfin sur scène pour réconter la genèse du livre, mais aussi sa propre genèse, son origine sociale, son engagement. Se souvenant de la lutte autour des Forges de Clabecq, il évoque une "bouffée d'oxygène pour montrer qu'un autre monde est possible". C'est ce qu'il a essayé de faire aussi dans ce livre, à quelques mois d'élections qui seront décisives. A l'issue d'une belle soirée de lancement, on ne peut que conclure que le pari est réussi. Et, dans les semaines et mois qui viennent, les "Raoul on tour", sillonneront le pays pour présenter encore Première à gauche à tous ceux qui ont besoin de l'oxygène de la révolte.

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