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Santé, salaire, pension : la Région wallonne déchire des accords signés avec le personnel

auteur: 

Alice Bernard

Vous connaissez probablement les conseillers emploi du Forem. Vous connaissez moins les éclusiers, gardes forestiers, responsables des pistes des aéroports, ou le personnel d’entretien des routes, mais ils sont là pour vous. Mais le gouvernement wallon, lui, n’est pas là pour eux. Ce jeudi 30 novembre, les services publics de Wallonie seront en grève pour demander le respect de ses engagements.

« Nous respecterons les engagements signés avant juin avec les partenaires sociaux » avait promis la ministre Alda Gréoli (cdH, en charge de la fonction publique) après le changement de gouvernement cet été en Région wallonne. Mais après cinq mois, rien n’a bougé. La seule chose que le nouveau gouvernement MR-cdH devait faire, c’était publier les accords au Moniteur, pour qu’on puisse les appliquer. Il ne l’a pas fait.

La majorité PS-cdH avait signé la réduction de temps de travail pour les plus de 60 ans et les personnes qui font un travail pénible afin de leur permettre d’aménager leur fin de carrière. Le gouvernement MR-cdH dit aujourd’hui que c’est inapplicable. Et tant pis pour la santé des travailleurs, tant pis pour la transmission des savoirs que l’embauche compensatoire devait permettre.

Dans certains secteurs comme l’aéronautique, les écluses, le département nature et forêts, chaque membre du personnel qui part à la retraite doit impérativement être remplacé afin de pouvoir assurer le service 24h/24h. Le nouveau gouvernement remet cet accord en cause. « Nous savons que lorsque des agents des services continus ne sont pas remplacés, dans 90 % des cas cela mène à une privatisation des missions de service public et donc à un surcoût pour le citoyen wallon », explique Stéphane Jaumonet (CGSP).

De nombreux accords précédents prévoient une augmentation salariale du personnel possédant un diplôme de bachelier (par exemple expert comptable ou informaticien) pour que ce soit aussi attirant que de travailler dans le privé. Mais ces accords ne sont toujours pas complètement réalisés. 

Nominations bloquées

Le gouvernement précédent avait aussi pris des dispositions pour permettre à certains contractuels d’obtenir leur nomination. Les contractuels ont été engagés pour faire face temporairement à un déficit de personnel statutaire ou à une surcharge de travail. Ils représentent maintenant 60 % du personnel et ont été engagés avec un contrat de travail du même genre que dans le privé. Ils n’ont donc pas de contrat de fonctionnaires. Depuis septembre 2016, ils ont été invités à passer les examens du Selor correspondant à leur niveau. S’ils réussissent, ils auront leur nomination définitive à leur poste et pourront ainsi remplir leur fonction de service au citoyen sans être redevable à l’un ou l’autre politicien. De nombreux travailleurs ont donc pris du temps après leurs heures de travail pour se préparer et passer les épreuves en étant persuadés d’obtenir leur statut. C’est également leur dernière chance d’être rapidement nommés et de bénéficier d’une pension décente, vu que le gouvernement fédéral est en train de mettre en place la pension mixte. Jusqu’à présent, un contractuel qui obtient le statut de fonctionnaire au cours de sa carrière bénéficie de la pension du secteur public, plus avantageuse, pour toute sa carrière. Quand la réforme sera votée (et le ministre fédéral Daniel Bacquelaine (MR) aimerait que ce soit avant la fin de l’année), il aura une pension de salarié pour les années prestées comme contractuel et une pension du secteur public pour les années prestées comme fonctionnaire après sa nomination. C’est une perte sèche. Le gouvernement joue donc avec l’avenir de nombreux agents en bloquant ce dossier.

« L’accord signé n’est pas respecté, c’est un grave précédent que nous ne pouvons pas laisser passer », a déclaré Silvana Bossio (CSC). Les travailleurs de la Région wallonne manifesteront à Namur le 30 novembre pour crier leur colère face à ce gouvernement qui trahit ses engagements et qui piétine l’avenir de ses travailleurs.

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Commentaires

Mais qu'est ce que c'est que ces "représentants du peuple" qui n'agissent plus pour le bien du peuple ?