Mathilde El Bakri, députée bruxelloise du PTB. (Photo Solidaire, Salim Hellalet)

Samusocial : 3 étapes pour un renouvellement radical, plus de démocratie et une réelle participation

Au lieu de discuter d’une nouvelle répartition des postes au sein de la Ville de Bruxelles, il faut tirer toutes les leçons de cette affaire et penser aux mesures qui permettront un renouveau politique radical, plus de démocratie et une réelle participation. Le PTB présente un plan en trois étapes.

« La démission de Mayeur et Peraïta était une condition nécessaire pour pouvoir parler d’une rupture claire avec le passé, mais elle n’est pas suffisante. La proposition de maintenir Mayeur comme échevin prouve qu'on n'a pas encore tourné la page. Une alternance de personnes ne suffira pas. En particulier quand on voit que le MR n'a jamais jugé nécessaire de demander la démission des personnes impliquées dans le scandale du Samusocial. Quelle garantie avons-nous que de tels comportements ne se répéteront pas avec d’autres politiciens ?, s’interroge la députée bruxelloise Mathilde El Bakri (PTB). La mentalité de l’entre-soi et des petits arrangements est inscrite dans le fonctionnement des partis politiques traditionnels. En termes de culture politique, il faut opérer un virage à 180° degrés. »

Le moment est venu de transformer radicalement la culture politique de la ville de Bruxelles et de la Région

Pour Mathilde El Bakri, il y a trois leçons à tirer – trois mesures doivent être prises de toute urgence pour éviter un nouveau scandale comme celui du Samusocial.  

Étape 1: rendre les mandats publics

« Il existe un réseau d’ASBL et de constructions – privées ou non – grâce auquel les politiciens échappent à la publicité des rémunérations pour les mandats privés. Dans tous les scandales, c’est là que le bât blesse. Le PTB a fait plusieurs propositions pour y remédier : obliger les politiciens à rendre publics tous leurs mandats privés et publics, ainsi que les rémunérations qu’ils reçoivent pour ceux-ci. Si cette transparence avait déjà été appliquée, un scandale comme celui du Samusocial aurait immédiatement été mis à jour. »

Étape 2 : contre la cupidité, des rémunérations plafonnées

Un parlementaire ne doit pas gagner plus que deux fois le revenu médian

« La politique doit être un engagement. Les mandataires doivent servir les gens, pas se servir. Sur base de ce principe, tous les jetons de présence perçus doivent être remboursés par les membres du bureau du Samusocial. Pour l’instant, il existe seulement un plafond au cumul des rémunérations perçues dans le cadre des mandats publics. Le PTB veut que ce plafond soit instauré pour la totalité des revenus – privés et publics – d’un mandataire. C’est la seule manière de mettre un terme à la course infernale à toujours plus de mandats, et donc au cumul. Un parlementaire ne doit pas gagner plus que deux fois le revenu médian (environ 6 000 euros bruts ou 3 200 nets). Un ministre pas plus de trois fois le revenu médian (9 000 euros bruts ou 4 500 nets). »

Les partis traditionnels sont incapables de s’autocontrôler. Il est temps d’ouvrir les portes et fenêtres de nos institutions !

Étape 3 : un contrôle citoyen et démocratique

« Le Samusocial montre une fois encore que les partis traditionnels sont incapables de s’autocontrôler. Il est grand temps d’ouvrir les portes et les fenêtres de nos institutions ! Nous proposons que le nouveau conseil d’administration soit composé de bénévoles et de travailleurs des organisations venant en aide aux personnes sans-abri, mais aussi de personnes sans-abri elles-mêmes. Ce principe devrait s’appliquer à tous les services publics sociaux et de soins. Nous voulons des règles qui, comme au Québec, stimulent la création de comités d’usagers et leur garantissent une représentativité dans les conseils d’administration de leurs institutions. » 

Le moment est venu de transformer radicalement la culture politique de la ville de Bruxelles et de la Région. 

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Commentaires

tout a fait d accord avec ces propositions et je connais bien le samusocial de bruxelles
Je suis wallonne, et compte tenu des monstruosités financières des socialistes dans ma région, je ne me permets pas de critiquer outre mesure, la Région Bruxelloise. Il faut un changement radical des mentalités, à savoir: mettre fin à la concussion, aux dessous de table, au népotisme, et " aux échanges de bons procédés " de la classe politique. Qu'on en finisse une fois pour toutes avec les compromissions politiciennes. Une vraie honte, qu'hélas on retrouve chez nos voisins. Cependant , je ne pense pas que le PTB arrangera les affaires en imposant un stalinisme " rénové ". Non , il importe d'anéantir la particratie, on a dépassé les bornes, et on paie toujours plus.... Je souhaiterais que les Tribunaux se penchent sur toutes ces déviances.
Ces trois points sont essentiels, mais pas suffisants. Selon moi, il faut supprimer les ASBL émanant ou créés par un service public et ramener au sein du service public les activités et buts de ces ASBL. En effet, en créant les ASBL, les politiciens ne font pas qu'augmenter leurs possibilités de mandant rémunérés, ils sous paient les travailleurs en les soumettant à des commissions paritaires les plus défavorables, au lieu de les payer en tant que fonctionnaire avec une protection et un salaire qui correspond à leur fonction. Ces ASBL sont aussi l'occasion pour caser des membres de partis politiques qui auraient perdu leur place suite à des résultats électoraux ou suite à des arrangements post électoraux. Tout cela ne sert pas les intérêts des citoyens et coûtent au budget public. Exemples?: les MIRE, issues de l'ONEM, les Agences immobilières sociales, créées par les Provinces,... Il faut ausi stopper les sous traitances qui vident les services publics de certaines parties de leurs services, comme le service d'entretien, de nettoyage, de techniciens divers, et rapatrier ces travailleurs au sein du service public dont ils ont été chassés, pour des questions purement budgétaires. Exemples: la Poste qui sous traite l'entretien de ses bâtiments et voitures par des société privées, idem dans d'autres services publics, voir la SNCB, Proximus, qui fait aussi appel à de la sous traitance pour creuser, entretenir les lignes et réseaux, etc. Ces politiques visent à transformer les services publics en entreprises privées, avec obligation de rendement et de chiffre d'affaire.