Raoul Hedebouw, porte-parole national du PTB, et Sophie Lecron, cheffe de groupe au conseil communal de Liège. Photo : Luc Philippe (DR)

Réaction du PTB au sondage à Liège : « Nous sommes face à de grands défis, nous allons les relever »

Un récent sondage met le PTB à 28 % sur la Ville de Liège. Il y deviendrait le premier parti. Qu’en pensent son porte-parole national, Raoul Hedebouw et Sophie Lecron, cheffe de groupe au conseil communal de Liège ?

Quelle est votre réaction par rapport à ce nouveau sondage ?

C’est un grand encouragement à continuer ce travail de terrain.

Raoul Hedebouw. Tout d'abord, les sondages ne sont que des sondages. Je n'ai pas envie que si le PTB fait 15 % en 2018, on soit déçu. (Rires) Mais bon, nous y voyons évidemment un signal positif de ce qu’on sent aussi sur le terrain. Les gens voient tout ce travail d’une vraie gauche dans les quartiers populaires de la ville de Liège.

Sophie Lecron. C’est un grand encouragement à continuer ce travail de terrain. Que ce soit le combat pour le maintien d’une grande surface dans le quartier Nord de Liège ou la mobilisation contre l’introduction des compteurs à puces dans les appartements ou contre les conditions de vie presque insalubres dans les logements sociaux de Grivegnée… Les gens voient que le PTB est à leur côté. Nous ne nous habituons pas aux injustices et faisons remonter cette indignation au conseil communal et dans les luttes.

On note aussi une diminution du PS qui dirige la Ville de Liège avec son bourgmestre, Willy Demeyer. Comment expliquez vous cette baisse ?

Willy Demeyer a été un des architectes de tout le système Publifin

Sophie Lecron. Oui, ce sondage est un avertissement sérieux pour le PS de Publifin. Willy Demeyer a été un des architectes de tout le système Publifin. Quand je l’entends dire que Stéphane Moreau peut rester à la tête de Nethys, je crois qu’on est très loin d’avoir tiré les leçons au PS. Il y a une lutte des places plutôt qu’une lutte des classes à Liège, particulièrement au PS. Et ça, les gens n’en veulent plus. Le signal est clair.

Certains se demandent si, avec de tels sondages, le PTB est prêt à aller au pouvoir à Liège ? 

Si le PTB doit mettre autant d’eau dans son vin, cela deviendra un mauvais rosé 

Raoul Hedebouw. On ne fait pas de coalitions avec des sondages. Oui, le PTB a vocation à monter au pouvoir au niveau régional, fédéral, ou même au niveau communal. Notre but n'est pas de rester indéfiniment dans l'opposition. Mais les questions qui se posent sont : « pour quoi faire ? » et « avec qui ? »  Nous avons une vision positive du droit à la ville pour tous, où les gens reprennent possession des lieux publics, où on investit dans les logements sociaux et les services publics. Nous nous opposons à une ville où la politique est guidée pour faire du bling-bling et attirer les touristes.. Avec qui pouvons-nous défendre un tel projet ? Le PTB devrait alors entrer en coalition avec d’autres partis. Et donc se pose la question : avec qui ? Pas avec le MR. Mais avec le PS ? Et là, je dois bien vous avouer que ce n’est pas avec le PS liégeois actuel qu’on va y arriver. La politique de Willy Demeyer est basée sur le city marketing et le city branding en espérant attirer les investisseurs immobiliers. Quitte même à aller les chercher à Cannes. A Liège, la coalition PS-cdH n’a pas construit mais déconstruit des logements sociaux sous la dernière législature. Alors que les besoins sont immenses. Et on réussit la prouesse d’avoir les taxes locales les plus fortes alors qu’on est l’une des communes les plus pauvres. Cette politique-là, le PTB n’en veut pas. Si, pour monter en coalition, le PTB doit mettre autant d’eau dans son vin que cela en devient un mauvais rosé, c’est non. Nous ce qu’on veut, c’est un vrai bon rouge. Compromis oui, compromission non.

Certains disent qu'avec de tels sondages, vous devriez réfléchir à être candidat bourgmestre. Qu’en pensez-vous ?  

Raoul Hedebouw. Ce n’est pas mon ambition d’être bourgmestre de Liège. Je veux mettre toute mon énergie à élargir l’assise de notre parti au niveau fédéral car c’est là qu’on va pouvoir faire payer les riches. Notre taxe des millionnaires, c’est une compétence fédérale. C’est là aussi qu’on peut arrêter la chasse aux chômeurs et aux malades de longue durée. C’est là que nous devrons établir le rapport de force contre les traités européens d’austérité.

Pour cela, je traverse le pays du nord au sud. Et d'est en ouest. Comme discuté collectivement dans notre parti, le but est donc que je continue ce combat au niveau du Parlement fédéral. Et vu que le cumul, ce n'est pas trop notre tasse de thé... Notre but est donc de diversifier au maximum les porte-parole du parti dans les mois à venir.

Le PTB diversifie ses porte-parole. Pourquoi ?

Nous voulons faire émerger la belle diversité du PTB. 

Raoul Hedebouw. C’est un enjeu important pour nous depuis plus d’un an. Le PTB est un grand collectif. Lorsque nous étions plus petit, nous avons dû concentrer notre communication au niveau d’un porte-parole pour percer dans les médias. Mais aujourd’hui, nous voulons mettre en avant d’autres personnes, avec d’autres qualités et un autre profil que moi : des femmes, des ouvriers… Nous voulons faire émerger cette belle diversité. C’est d’ailleurs une raison pour laquelle nous avons transmis la fonction de cheffe de groupe du PTB à Liège à Sophie. Tous ceux qui ont l’occasion de venir la voir au conseil communal disent que le PTB a gagné là une belle battante pour les droits des Liégeois.

Sophie Lecron. De plus en plus de jeunes et de travailleurs prennent leur place actuellement au PTB. Beaucoup de femmes aussi, et c'est important que cette diversité soit aussi représentée au niveau des portes-paroles du parti. On forme un duo dynamique avec Raoul au conseil communal. Il intervient plus sur les conséquences locales des mesures fédérales et je travaille à faire remonter tous les dossiers de luttes locales. Je suis aussi le lien avec nos sections vu que je dirige le PTB sur la Ville de Liège. On y construit d’ailleurs une équipe de plus en plus large, avec la présence de 6 groupes de base sur l’ensemble du territoire de la Ville. Et nos ambitions sont grandes car nous voulons être présents dans tous les quartiers de Liège dans les année à venir.

De plus en plus de jeunes et de travailleurs prennent leur place actuellement au PTB. Photo : Solidaire.

Le PTB grandit vite. Le parti a-t-il les épaules assez fortes pour gérer ce succès ?

Notre objectif est de construire un mouvement social large, capable de créer un rapport de force

Raoul Hedebouw. Notre croissance, c’est effectivement un autre grand défi du PTB d’aujourd’hui. Oui, on grandit très vite, en très peu de temps. C'est un challenge énorme. Nous ne voulons pas aujourd’hui mettre tout notre personnel politique dans des cabinets.. Notre objectif est de construire un mouvement social large, capable de créer un rapport de force contre cette société ultra-libérale, permettant par exemple de casser la logique des cadeaux fiscaux aux multinationales. Tout en restant bien enraciné dans les quartiers populaires de nos villes. Pour cela, il nous faudra le talent de tout le monde. Nous accueillerons avec plaisir tous ceux qui ont des connaissances sur des dossiers qu’on ne connaît peut-être pas encore assez. Nous avons besoin de nouveaux présidents pour nos groupes locaux. Des jeunes aussi qui apportent leur énergie et leur créativité. Sans un peuple organisé, nous n’arriverons pas à changer le rapport de force dans la société. Je lance donc un appel à tous ceux qui ont le cœur à gauche de rejoindre le PTB pour y prendre des responsabilités. 

L'appel à tous ceux qui ont le coeur à gauche de rejoindre le PTB

Raoul Hedebouw et Sophie Lecron le rappellent dans cette interview : l'objectif du PTB est de construire « un mouvement social large, capable de créer un rapport de force contre cette société ultra-libérale ». « Pour cela, il nous faudra le talent de tout le monde », précisent-ils. Les représentants du PTB lancent donc « un appel à tous ceux qui ont le cœur à gauche de rejoindre le PTB pour y prendre des responsabilités ».

Avec le PTB, vous pouvez justement contribuer à changer la société de mille et une manières. Car le PTB croit dans la force du collectif, dans le fait que chacun a un talent et peut contribuer à rendre le monde meilleur.

Amenez vos talents et formons ensemble la grande vague du changement social.

 

J’agis

 

 

   

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Commentaires

Tapon sur le fer temps qui'l est chaud dans toute la province
Il ne faut pas oublier de proteger aussi les patrons de pme qui se battent pour créer de l'emploi et qui sont des travailleurs de premier plan mais faisons aussi place aux ouvriers qui font ce qu'il peuvent pour assurer leur avenir Par contre je refuse fermement les protections que notre gouvernement fait à ces multinationnales qui engendrent des proffis exorbitants sans cotiser pour notre communauté et tous ces ministres et autres tetes penssantes qui se sucre sur le compte de nos travailleurs
Quand on voit toute la précarité qui nous entoure il faut que ceux qui le peuvent encore réagissent au plus vite pour changer ce système qui nous fait croire que cela va aller mieux dans le futur . Maintenant ils veulent nous faire croire à la théorie du " RUISSELLEMENT " on voit par là que c'est vraiment la théorie du minimum Hélas la cupidité des détenteurs des richesses a fait en sorte que ces ruissellements supposés n'ont jamais existé . Encore une invention des néo-libéraux pour nous berner ! Ils n'ont pas dit un "torrent" . On avait compris . A nous tous de réagir et les mettre hors d'état de nuire par les urnes !