Photo Solidaire, Han Soete

Quand les négociations vont-elles vraiment démarrer dans les soins de santé ?

Les négociations en vue d’un nouvel accord social dans les secteurs de la santé, du bien-être et de la culture sont dans une phase décisive. La question est de savoir si, avec ses propositions, le gouvernement flamand répondra ou pas aux besoins du personnel et de la population.

Après que, le 21 mars dernier, la « colère blanche » (witte woede en version originale, le secteur non-marchand) s’était fait entendre par une nouvelle manifestation de près de 20 000 travailleurs excédés, le gouvernement flamand est venu à contrecœur avec un cadre de négociations : 70 millions pour les salaires, 441 millions pour l’extension et les nouveaux besoins.  

Les budgets prévus par le gouvernement flamand pour l’extension semblent élevés, mais ne le sont pourtant pas. Surtout que, depuis son accession au pouvoir, le gouvernement du ministre président Geert Bourgeois (N-VA) a déjà imposé l’austérité dans les secteurs de la culture, de l’économie sociale, des soins aux personnes handicapées, de l’aide ménagère, des crèches, etc.

Les syndicats n’ont pas rejeté tout de suite les plans, parce que c’est déjà en soi un petit succès de voir le gouvernement flamand proposer de l’argent. Cela prouve que ce même gouvernement a visiblement peur d’un secteur au sein duquel 200 000 travailleurs manifestent leur colère.

Mais les syndicats n’ont pas approuvé d’office la proposition de négocier. Des 70 millions pour les salaires, ils estiment qu’ils viennent « trop tard » et qu’ils sont « insuffisants ». Trop tard, parce que l’augmentation salariale ne sera appliquée qu’en 2020. Insuffisants, parce que, depuis la réforme de l’État, les secteurs des soins en Flandre ont connu une forte extension vers de nouveaux secteurs, comme les soins aux personnes âgées.

La liste des besoins est longue

Les syndicats n’étaient pas d’accord non plus que les secteurs comme la culture et l’économie sociale puisse être mis de côté d’un éventuel accord social. Aussi exigeaient-ils que le gouvernement flamand revienne sur sa copie.

En attendant, l’heure de vérité approche. Les mesures budgétaires de 2017 ont été décidées et il reste à attendre s’il y aura plus d’argent sur la table. Y aura-t-il plus d’argent pour les salaires sans devoir attendre 2020 ? Y aura-t-il un nouveau budget pour la culture et l’économie sociale ? Les négociations vont-elles enfin pouvoir commencer pour de bon ?

Des progrès ont été enregistrés sous l’influence des actions. Mais les employeurs se terrent dans un silence complet. À l’instar de ceux des secteurs marchands, ces employeurs ont vu toutes leurs demandes satisfaites par le gouvernement fédéral, sous forme de réductions de cotisations sociales, principalement via le tax-shift. Cet argent est celui de la communauté et il doit de nouveau être investi intégralement (et non à 50 % comme c’est le cas actuellement) dans les accords sociaux.

Mais l’essentiel est de savoir si, avec ses propositions, le gouvernement flamand va répondre ou pas aux besoins du personnel et de la population. Va-t-il y avoir un regain d’attention dans les soins aux personnes âgées, via une augmentation fondamentale des effectifs ? Et dans les soins aux personnes handicapées, via des moyens supplémentaires destinés à réduire les listes d’attente ? Quels investissements supplémentaires prévoit-on dans les crèches et les soins familiaux ? La liste est longue. Celle des besoins l’est encore plus. Si elle n’est pas satisfaite, les travailleurs du secteur vont-ils redescendre dans la rue ?

 

 

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Commentaires

comment voulez-vous qu'ils descendent dans la rue ? en abandonnant les malades ?