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Publifin, intercommunale ou multinationale ?

auteur: 

Damien Robert

Que va-t-il advenir de Publifin et de toutes ses filiales ? C’est une question encore peu débattue publiquement. Mais en coulisses, les discussions s’approfondissent et les décisions se prennent. Parfois même, elles sont déjà prises. Comment faire pour orienter le débat à gauche ?

Il est 6h, le réveil sonne. Le Liégeois sort de son sommeil. Il appuie sur l’interrupteur. L’ampoule s’allume. La production d’électricité ? C’est EDF Luminus, dont Publifin est actionnaire. Il descend et allume le chauffage. La distribution du gaz ? C’est Resa, une filiale de Publifin. Il regarde les nouvelles sur son GSM en déjeunant. Son abonnement ? C’est Voo, une filiale de Publifin. Il se connecte sur le site d’un de ses quotidiens privés. Le journal l’Avenir, par exemple. Son propriétaire ? Publifin. Il ouvre sa boîte aux lettres, le facteur est passé. Des factures de gaz, d’électricité, mais aussi son magazine local, Proximag. Son actionnaire ? Une filiale de Publifin. En sortant, il croise son voisin, un prépensionné de la sidérurgie. Il sera bientôt pensionné et touchera sa pension complémentaire. Le gestionnaire de ce fonds de pension ? Une filiale de Publifin. En allant jusqu’à sa voiture, sa voisine se plaint qu’il n’y a pas assez de lumière et que ses panneaux solaires ne fonctionnent pas assez. La société qui gère les certificats verts ? Une filiale de Publifin. Une demie heure plus tard, il arrive à son boulot, à l’aéroport. L’actionnaire majoritaire de l’aéroport ? C’est NEB, une filiale de Publifin.

Publifin est partout. Au delà des questions éthiques, les réformes chez Publifin vont-elles pousser vers plus de services publics ou plus de privatisations ?

(Lire « Les coulisses de Publifin/Nethys : pourquoi rien ne change (ou si peu) »)

Pour inverser ce qui peut encore l’être et pour rendre le débat totalement public, il est nécessaire de faire la lumière sur les enjeux et de définir une position qui trace clairement les principes de la gauche. 

Plus de services publics ou plus de privatisation ?

En plus des questions éthiques et démocratiques, le véritable débat, celui qui est réellement intéressant pour le citoyen et le travailleur lié à cette intercommunale, c’est le suivant : les réformes chez Publifin vont-elles pousser à aller vers plus de service public ou plus de privatisation ?

Les premiers débats publics qui se développent entre représentants politiques sur la future structuration de Publifin, il  y a une quasi-unanimité sur l’idée que « c’est une évidence qu’il faut privatiser des pans de Publifin et Nethys ». Et pour ouvrir le débat, nombreux sont ceux qui avancent qu’ « il faut, par exemple,  cibler les investissements au Congo et les parts dans Nice-matin, le journal de Bernard Tapie que son ami Stéphane Moreau a sauvé de la faillite ». Il ne faut pas s’y méprendre.  C’est une évidence qu’une intercommunale n’a pas pour objet d’investir ni à l’étranger ni dans des projets qui mêlent (comme les deux exemples cités) des intérêts personnels, privés et qui organisent la confusion des genres. Mais le débat sur la privatisation ne porte pas essentiellement sur Nice-Matin ou sur la fameuse société pour construire un barrage dans la province du Nord-Kivu, au Congo. Le vrai débat, c’est ce qu’il faut faire de Resa, Voo, l’Avenir, NEB, Ecetia, Newin, Publilec, Elicio, l’Integrale, Win et Wallonie data Center, toutes ces sociétés qui sont des filiales dont Nethys est au minimum, majoritaire. De l’extérieur, cela semble être un mixte indigeste de journaux, intercommunales nébuleuses, sociétés informatiques, opérateur de GSM et de télédistribution ou distributeur de gaz et d’électricité. Mais derrière ces sociétés, il y a presque 3 000 emplois et plusieurs milliards d’euros de chiffre d’affaire. Il y a donc des grands enjeux. Des enjeux stratégiques, économiques et sociaux.

La structure de Publifin
Publifin est une intercommunale qui est dirigée par un conseil d’administration composé des membres de tous les partis, à l’exception du PTB. Publifin est actionnaire à 100 % d’une société anonyme qui s’appelle Finanpart. Finanpart est elle-même propriétaire à 100 % de Nethys. Nethys est une société anonyme, donc privée, financée avec de l’argent public. Le conseil d’administration de Nethys est dirigé par un patron, icône du capitalisme liégeois qui s’appelle pierre Meyers et qui est un des hommes les plus riches de la province. Pierre Meyers a été un des deux actionnaires historiques de la plus grosse multinationale liégeoise : CMI. A coté de lui, Nethys est aussi dirigé par un administrateur délégué qui n’est autre que Stéphane Moreau, qui se fait payer avec notre argent un million d’euros. Nethys est propriétaire de toute une série de filiales.

Resa

Commençons par Resa. Resa emploie presque 1 000 travailleurs. Cette année, elle a distribué 26 millions d’euros de bénéfices à Nethys. C’est une société qui distribue le gaz et l’électricité en région liégeoise. Elle a une position de monopole. C’était anciennement nos intercommunales ALE et ALG (Associations liégeoises de l’électricité et de gaz) qui ont fusionné en une société qui s’est progressivement transformée, sous la pression politique, en une société anonyme. Elle est propriété de la SA Nethys. Resa est une véritable manne financière. C’est une poule aux œufs d’or. Normal, vu les factures que nous payons...

Resa est actuellement au cœur des débats qui se mènent en coulisses. Que veut faire l’establishment ? Il avance sur quatre aspects.

1. Premièrement, il veut ouvrir le capital de Resa au privé. Pour quelle raison ? C’est simple. Si Resa a une partie de son capital privé, lorsqu’elle fera des bénéfices, ils iront directement dans la poche des actionnaires privés au lieu d’aller potentiellement dans leur intégralité dans la poche des communes. Jean-Luc Crucke, le libéral qui jouait aux chevaliers blancs pendant la commission d’enquête, et qui est devenu entretemps ministre de l’Énergie, a rédigé un avant-projet de décret qui permettra à l’avenir à du capital privé d’entrer à hauteur de 25 % dans le capital d’un gestionnaire de Réseau de distribution de gaz ou d’électricité.

Cette privatisation larvée aura des répercussions directes sur nos factures et sur les travailleurs de la société

Le PTB est évidemment opposés à ce début de privatisation. En laissant la porte ouverte au privé, on lui laisse la possibilité d’empocher une partie du magot et de pousser encore plus le gestionnaire à rechercher le bénéfice et donc à augmenter nos factures. Cette privatisation larvée aura des répercussions directes sur nos factures et sur les travailleurs de la société qui subiront encore plus qu’aujourd’hui la flexibilité et la recherche de bénéfices pour garantir les dividendes aux actionnaires privés.

2. Deuxièmement, l’establishment se pose la question de la place de Resa dans le groupe Publifin. Il balance entre deux options. Soit Resa reste directement sous la coupole de Nethys, ce qui permet à Nethys d’empocher les bénéfices et de décider, via sa structure privée, à quoi ils vont être utilisés. C’est le statu quo par rapport à la situation actuelle et c’est l’option préférée de l’establishment liégeois car il permet à Nethys d’accumuler du bénéfice et d’investir dans les projets de Stéphane Moreau et de toute la caste politique liégeoise qui en bénéfice, par le prestige qu’elles leur donnent et par les salaires élevés qui en découlent pour une partie d’entre eux. Une autre option est que Resa sorte du groupe et fusionne avec Ores, l’autre distributeur wallon. Paul Magnette a déjà défendu cette option devant un parterre de représentants politiques, bien avant que la commission ne termine son travail : « Selon moi, il ne faut plus qu’un seul gestionnaire de réseau en Wallonie. Et on peut supprimer les dividendes aux communes pour investir cet argent dans l’amélioration de l’infrastructure. » Cette option n’est pas non plus rejetée par le gouvernement MR-cdH. Mais à priori, elle ne serait pas activée à court terme si l’on en croit les déclarations de la ministre des Pouvoirs locaux Valérie De Bue (MR) dans la presse.

Pour le PTB, Resa doit être intégré directement dans Publifin. Elle abandonnerait son statut de société anonyme et redeviendrait une véritable intercommunale. Cela augmenterait, comme expliqué plus haut, le contrôle public sur la société. Et cela permettrait qu’elle soit gérée en fonction des intérêts des citoyens, notamment en baissant les factures et en garantissant que les bénéfices redistribués le soient directement aux actionnaires communaux et provinciaux, et pas à Nethys comme c’est le cas aujourd’hui.

Pour le PTB, Resa doit être intégré directement dans Publifin

3. Une autre piste est aussi évoquée, plus radicale encore : c’est l’introduction de Resa en bourse, avec Voo, une autre société qui est logée dans Nethys. C’est Jean-Claude Marcourt qui l’a évoquée il y a un an déjà. Pour le moment, il semble isolé sur cette voie car ce sont deux activités différentes et le pas semble trop grand à franchir pour plusieurs acteurs politiques qui préfèrent avancer sans trébucher. Ils sont par contre plus nombreux à soutenir plutôt l’introduction en bourse de la seule société Voo. Mais rien ne dit que le gouvernement libéral ne va pas finir par appuyer cette thèse. Ce serait, pour le capital à la recherche du profit, la plus avantageuse (mais aussi la plus risquée) car elle permettrait d’injecter plusieurs milliards d’euros en bourse…

Pour le PTB, ce serait la plus catastrophique car elle mettrait directement en péril les services publics, les citoyens et les emplois dont les intérêts seraient oubliés à la seule règle du profit à court terme.

4. Enfin, toujours concernant Resa, l’establishment veut avancer sur un quatrième dossier : la scission des activités de distribution et de production d’électricité au sein du groupe. Quel est le rapport avec Resa et Publifin ? Cela nous amène à la deuxième filiale de Nethys.

EDF Luminus, Publilec, Elicio et la production d’électricité

Cette filiale s’appelle Publilec. Publilec est une entreprise publique, anciennement SPE (la Société de production d’électricité) qui rassemblait les sociétés publiques communales ou intercommunales productrices d’énergie électrique. Nethys en est devenu l’actionnaire principal vu qu’il possède 58 % des parts de cette « intercommunale ». Cette année, Publilec a distribué 20 millions d’euros de bénéfices dont la majorité à Nethys. Publilec a comme fonction principale d’être actionnaire à hauteur de 27 % de EDF Luminus. EDF Luminus emploie 955 équivalents temps plein en Belgique. EDF Luminus produit 10 % de l’électricité (centrales hydroélectriques, éolienne, parts dans plusieurs réacteurs nucléaires belges) en Belgique. C’est aussi une poule aux œufs d’or.

La libéralisation a ouvert la production d’électricité et la fourniture d’électricité et de gaz à une concurrence, elle a fait exploser les prix sur le dos des citoyens

Ici aussi, plusieurs débats importants se mènent ou doivent se mener. Certains se font derrière les rideaux. D’autres ne se font pas. Celui qui devrait se mener, c’est celui dont l’establishment politique ne veut pas parler. C’est celui dont le silence est assourdissant. C’est celui de la libéralisation de la production. La libéralisation a ouvert la production d’électricité et la fourniture d’électricité et de gaz à une concurrence. Elle a fait exploser les prix, sur le dos des citoyens. Et elle a obligé les sociétés publiques qui évoluaient dans le monde libéralisé à devenir comme ses concurrents. Elle a obligé nos intercommunales à agir comme des multinationales : soit manger, soit se faire manger. Les victimes ? Les travailleurs de ces sociétés. Et les citoyens. Pourtant, le gouvernement et le monde politique liégeois sont unis comme les doigts de la main pour présenter la libéralisation de la production d’électricité comme un fait tombé du ciel. Les plus mal à l’aise vous rappelleront « que c’est l’Europe qui l’a obligé ». Mais aucun d’eux n’aura la décence de rappeler que tous leurs partis, liés de près ou d’un peu moins près aux dogmes du capitalisme, d’Ecolo au MR, en passant par le PS et le cdH, ont voté cette libéralisation. Pour le PTB, c’est un point essentiel. Car il faut revenir sur cette décision. Si on veut aller de l’avant, et pas faire reculer nos conditions de vie et de travail, il faudra en finir avec la libéralisation. C’est tout simplement une entrave au progrès social et démocratique. Les seuls qui en profitent sont ceux qui s’enrichissent avec notre argent.

S’ils se taisent dans toutes les langues sur la libéralisation, cela ne les empêche pas de vouloir donner à EDF Luminus de nouvelles orientations pour le futur. Et ces orientations ne s’excluent pas nécessairement. Quelles sont-elles ?

La première porte, comme dit plus haut, sur la scission des activités de distribution et de production. Selon la logique libérale, défendue par la Commission européenne, il est interdit à une société d’être propriétaire de filiales qui mènent plusieurs activités économiques « complémentaires » qui pourraient fausser la concurrence et organiser une sorte de monopole dans un secteur donné. Ici en l’occurrence, ils visent Publifin et sa filiale Nethys car elles sont actionnaires d’une société qui distribue l’électricité (Resa) et de deux autres qui en produisent (EDF Lulinus et Elicio). Pour ces défenseurs du capitalisme, ces « arrangements » ne permettraient pas une concurrence acharnée, comme le libéralisme les adore. Cette logique est reprise par le gouvernement ultralibéral wallon actuel. Pour eux, en étant en même temps producteur (via EDF et Elicio) et distributeur (via Resa), Nethys, et donc Publifin, faussent la saine concurrence du capitalisme. Cette thèse a des échos positifs à l’intérieur du nouveau conseil d’administration de Publifin. Par contre, elle a toujours été rejetée par l’ancien conseil d’administration, lorsqu’il était dirigé par André Gilles (ex-PS). Non pas pour des raisons politiques et idéologiques (que le PTB pourrait partager), mais par pure volonté d’obtenir, en maintenant ces deux activités, plus de pouvoir, plus d’argent personnel (André Gilles, Alain Mathot et Stéphane Moreau siégeaient avec des sommes rondelettes dans le comité directeur de Publilec et/ou EDF), plus de capacité d’investir en bourse (comme ils le font avec Publipart, la filiale de Publilec) et plus de capacité d’alimenter le financement d’autres activités du groupe via la manne de l’électricité (dans Voo par exemple). Le décret rédigé par Crucke défendrait concrètement l’interdiction aux communes et provinces d’être à la fois actionnaires d’un Gestionnaire de réseau de distribution comme Resa et d’un producteur d’énergie.

Le PTB, lui, est favorable au maintien des deux structures à l’intérieur de l’intercommunale. C’est plutôt une chance pour une société publique de pouvoir s’occuper de plusieurs activités liées au même secteur. Cela permet plus d’expertise, une réflexion d’ensemble et une politique plus à même d’avoir une stratégie de long terme pour l’ensemble du secteur, qui respecte le portefeuille des citoyens, les travailleurs du secteur, et qui s’oriente vers une consommation verte. La concurrence entre les acteurs d’un secteur économique, c’est comme une guerre. Ici, les victimes, ce sont ceux sur qui les propriétaires du secteur peuvent dégager une marge financière pour gagner cette bataille tout en maintenant des bénéfices élevés : ce sont soit les travailleurs, soit les citoyens (via les factures élevées), soit les deux.

La concurrence entre les acteurs d’un secteur économique, c’est comme une guerre. Ici, les victimes sont soit les travailleurs, soit les citoyens (via les factures élevées), soit les deux

La deuxième orientation porte sur la nature même du capital de Publilec et par ricochet, d’EDF Luminus. En effet, depuis le 16 avril 2010, il existe une convention d’actionnaires, signée entre autres par Publilec et EDF Belgium, pour l’entrée en bourse de la société. Cette convention n’a jamais été activée. Mais son contenu a encore été confirmé dans le plan stratégique de Publilec pour 2017-2019. Dans une convention cadre, la valorisation de l’entreprise a même été établie à 600 millions d’euros en cas d’entrée en bourse… Cette convention cadre a été appuyée à l’époque par Alain Mathot, Stéphane Moreau, André Gilles… 600 millions, c’est une somme énorme qui attire la convoitise des requins de la finance et de leurs amis du monde politique… En poussant Publilec à la porte de Publifin, le gouvernement, avec l’appui du nouveau CA de Publifin, pourrait faire pousser des ailes aux nouveaux administrateurs de Publilec afin de réaliser concrètement cette convention en réalisant l’entrée en bourse d’EDF Luminus.

Le PTB y est évidemment opposé. Il suffit juste de voir les vautours rôder au-dessus du dernier bastion public dans la production d’électricité pour comprendre les dangers d’une telle orientation.

Les vautours ne rôdent pas uniquement autour de Publilec et Edf Luminus, ils le font aussi autour d’Elicio. Elicio, c’est une filiale productrice d’électricité peu connue de Nethys. Elle est surtout spécialisée dans l’éolien on shore (le terrestre) et l’éolien off shore (maritime).

La configuration actuelle d’Elicio ne convient pas au PTB. Pourquoi ? Premièrement, malgré qu’elle soit financée à partir d’argent public, son statut juridique est, comme pour beaucoup de filiales de Publifin, celui d’une société anonyme. En quoi est-ce un problème ? Elle n’a de comptes à rendre qu’à ses administrateurs, et pas aux communes ou aux provinces qui la financent, ce qui n’est pas une logique « publique ». Deuxièmement, elle a des participations minoritaires dans toute une série de projets privés. Cela pourrait s’envisager si c’était avec l’idée, à terme, que l’entreprise devienne publique car cette logique aurait le mérite de vouloir développer l’initiative publique. Mais ce n’est pas cette logique qui est dirige. En fait, Elicio s’adosse à des capitaux privés pour rechercher le maximum de profits sur le dos des citoyens. Le cas le plus connu est celui d’un barrage au Congo. Mais il y a aussi des projets off shore, en mer du Nord, notamment dans le projet Northster, financés par le citoyen alors que les multinationales du secteur, qui ne payent pas d’impôts et qui ne payent pas le risque qu’ils font courir à la population avec l’énergie nucléaire, engrangent sans difficultés les milliards de bénéfices qui atterrissent au final dans la poche des actionnaires privés… Troisièmement, le mode de financement d’Elicio pose aussi problème. En effet, l’éolien est aujourd’hui subventionné par les certificats verts. En soi, cela peut paraître une bonne chose. Mais dans les faits, les certificats verts sont soumis au marché libéral. Pourquoi est-ce un problème ?

Rappelons d’abord le principe du certificat vert. Le certificat vert permet d’installer des panneaux photovoltaïques dont une partie des couts est garantie par la collectivité, non pas en prenant l’argent des multinationales productrices d’électricité qui ne payent pas d’impôts, mais en augmentant les factures de l’ensemble des citoyens. Comment ? En installant des panneaux solaires, son propriétaire produit de l’énergie verte. Pour encourager la production, les gouvernements (dont le gouvernement wallon) ont décidé de garantir le financement d’une partie des panneaux en octroyant des certificats aux producteurs. Chaque certificat a une valeur de 65 euros. Seulement, la valeur des certificats verts est soumise aux lois du marché. Leur nombre est déterminé et leur valeur réelle évolue en fonction du nombre d’installations de panneaux. Plus on installe des panneaux, plus la valeur baisse. Il est donc possible que la valeur d’un certificat vert passe en dessous de son minimum garanti. C’est ce qui s’est passé. Dans ce cas, c’est normalement Elia, la société qui contrôle la grande distribution d’électricité (les câbles haute tensions), qui garantit la valeur minimale de 65 euros aux propriétaires. Pour rappel, les actionnaires d’Elia sont publics (comme Publipart, dirigée jusqu’à l’année dernière par André Gilles et Alain Mathot) et privés (comme le milliardaire belge Jan De Nul, la 8ème fortune du pays qui possède 7 % de la société). Le problème, c’est que ce n’est pas Elia qui assume le coût de cette garantie : ce sont les citoyens. En effet, si le prix du certificat passe en dessous des 65 euros, Elia fait payer la facture à l’ensemble des citoyens (y compris ceux qui n’ont pas pu installer de panneaux), via la quote-part du transport sur la facture qui arrive au client. Pour résumer, les certificats verts, c’est l’application du capitalisme dans l’énergie verte : les propriétaires (surtout les gros) ne prennent pas de risques et reçoivent beaucoup de subsides, et c’est la collectivité (et surtout la grande majorité qui n’a pas assez d’argent pour installer des panneaux) qui paye en cas de dégâts. 

Les certificats verts ne sont pas une option valable pour garantir la transition énergétique car on la fait dépendre du marché 

Pour le PTB, les certificats verts ne sont pas une option valable pour garantir la transition énergétique car on la fait dépendre du marché et pas de la nécessité et de l’autorité publique et politique. Pour garantir l’installation d’un plus grand nombre de panneaux solaires sur les bâtiments publics, les logements publics et les logements privés, il faudrait que ceux qui les financent soient les multinationales qui s’enrichissent à coups de milliards et qui profitent de l’énergie nucléaire sans payer un euro d’impôts.

Mais revenons à nos moutons : que doit devenir Elicio ? Une entreprise 100 % publique. Son propriétaire ? La question est secondaire. Qu’il soit intercommunal, régional ou fédéral. Ce qui compte avant tout, c’est son identité. Le développement de l’énergie éolienne est fondamental pour garantir une énergie verte. Le développement de ce type de production est nécessaire pour garantir un avenir durable à nos sociétés. Le PTB s’opposera donc à toute nouvelle ouverture au capital privé ou à une entrée en bourse de cette filiale.

Voo et le pôle media

Il n’y a pas que pour l’électricité qu’on évoque une entrée en bourse. C’est aussi le cas pour Voo, l’ancêtre de la Teledis, le secteur de l’ALE qui s’occupait de télédistribution. Voo a la particularité d’être directement logé dans Nethys. Ce n’est donc pas une filiale au sens technique du terme. Ce n’est pas une société. Elle n’a pas de comptes TVA. Et ses comptes ne sont pas publiés. Qu’est-ce que cela change ? En organisant la société de cette façon, tous les dividendes des filiales qui arrivent dans les caisses de Nethys (comme par exemple Resa, Publilec ou Elicio) peuvent potentiellement être utilisées pour éponger Voo, sans que ce ne soit précisément chiffré, et vérifiable. L’argent des contribuables peut donc servir à financer Nethys, et donc Voo, sans que cela retourne au citoyen, comme cela devrait être le cas.

Selon les chiffres qui sont avancés par Nethys (sans qu’ils soient vérifiables vu l’absence de comptes officiels), Voo a enregistré une perte cumulée de 359 millions d’euros entre 2009 à 2014, absorbée à hauteur de plus de 300 millions par les résultats de Resa et consorts… Cela a aussi permis, sans contrôle et sans accord des communes, que Nethys éponge non seulement les pertes mais finance aussi les dettes de Voo. En effet, Voo a contracté via Nethys un emprunt de 425 millions d’euros pour racheter les huit sociétés du câble wallonnes afin de pouvoir constituer un cablo-opérateur wallon. Grâce à ces centaines de millions d’euros qui ont été investi avec l’argent des citoyens, Voo a su se tailler une part de lion dans ce marché.

Pourquoi des technologies stratégiques devraient « naturellement » se retrouver soumises aux règles de base du capitalisme ?

Voo attise donc les appétits. D’autant plus que ce marché est en pleine recomposition. Les capitalistes voient dans ce secteur en pleine croissance une opportunité pour faire le maximum de profits. Plusieurs scénarios sont donc à l’étude pour le moment dans les salons feutrés et les réunions des conseils d’administrations.

La première option est celle, déjà évoquée plus haut, d’une entrée en  bourse en tandem avec Resa. Le premier à avoir avancé cette introduction en bourse, c’est Jean-Claude Marcourt, alors ministre wallon de l’Économie (PS). En janvier 2017, il déclarait à propos de Nethys : « Mettons, pourquoi pas, une partie en bourse si on veut des règles de transparence. » C’est une piste qui est certainement étudiée avec attention par de nombreux responsables politiques, des socialistes jusqu’aux libéraux, défenseurs du marché. Parmi eux, les cadres actuels de Nethys y verraient une belle opportunité. Ils pourraient pousser leur logique jusqu’au bout et s’affranchir, via l’introduction en bourse, de Publifin, si Voo devient complètement indépendante de l’intercommunale. Tout cela en conservant leurs salaires de dirigeants de multinationales.

Une autre piste serait la vente de Voo à un autre opérateur de télécommunication. Qu’en pense-t-on chez Orange Belgium ? « Nous évaluons toujours les opportunités;  nous étudierions le dossier », explique le porte-parole. Tandis que chez le concurrent Telenet, on explique : « Notre CEO a déclaré qu’il regarderait toujours les opportunités qui se présenteraient sur le marché, mais, à notre connaissance, Voo n’est pas à vendre. » Voilà pour les positions exprimées il y a un an. Aujourd’hui, les choses semblent se préciser : Voo, qui fait aussi dans l’opérateur mobile sans posséder les infrastructures nécessaires, est obligée de signer un deal avec un opérateur qui lui, possède les infrastructures, afin de les louer. Jusqu’ici, Voo avait signé ce deal avec Orange. Mais la marque de Nethys a choisi de rompre le deal qui le liait à Base pour choisir Telenet… Telenet ? C’est le cablo-opérateur flamand. Des fiançailles qui annoncent un mariage (une absorption) dans les mois à venir ? Tout est possible. La tendance dans le secteur va à la concentration et donc aux fusions et rachats. Telenet a les moyens. L’actionnaire principal de Telenet est la multinationale américaine Liberty Global. Une multinationale active dans une cinquantaine de pays qui vient juste de racheter Virgin pour 15 milliards d’euros… D’ailleurs, de nombreux observateurs pointent que le groupe Telenet pourrait procéder à une nouvelle acquisition. La piste de Voo est clairement évoquée sur les marchés. Il va sans dire que cette piste est aussi suivie avec attention par l’establishment wallon et liégeois. Car elle pourrait rapporter à court terme une grosse somme d’argent, et permettre à une série de dirigeants actuels de Nethys d’assurer leurs gros salaires dans une véritable multinationale, plus loin des contraintes politiques et de la pression populaire qu’une intercommunale. Cette option serait catastrophique pour le service public et les emplois. Chaque entreprise publique qui a effectué son entrée en bourse a vu les conditions de ses travailleurs se dégrader très rapidement et le service rendu à la population diminuer pour un coût plus élevé.

Une autre piste serait d’effectuer une privatisation partielle de Voo. Le câble resterait propriété de Nethys et celui-ci le louerait à un autre opérateur, par exemple Telenet. Ce serait aussi une opération catastrophique pour l’emploi. Et ce serait l’avant-dernière étape de la privatisation totale.

On le voit, tous ces scénarios choisissent la voie d’une privatisation plus forte. Or, cette orientation n’est pas une obligation. C’est un choix dicté par une vision politique et idéologique. Celle que le marché et la concurrence sont supérieurs à toute autre forme de système économique. Mais même dans le cas du cablo-opérateur Voo, la question se pose. D’ailleurs, dans ce secteur, c’est la question qui devrait être au cœur des débats. Pourquoi devoir laisser les télécommunications au privé ? Pourquoi des technologies stratégiques devraient « naturellement » se retrouver soumises aux règles de base du capitalisme ? Pourquoi ne pourraient-elles pas en réchapper (même partiellement) en étant sous contrôle public, que ce soit via une intercommunale, une société publique régionale ou fédérale ?

Cette privatisation serait d’autant plus un gâchis qu’il existe à l’intérieur de Nethys un pôle vertical qui permet de transporter l’information, de la diffuser (via GSM et Internet) et de la stocker. A l’heure où le stockage des données informatiques est stratégique, ce serait une erreur de laisser au privé la société Win, une autre filiale de Nethys, qui est complémentaire à Voo et qui permet le stockage des données informatiques.

Le PTB est favorable à un soutien public à la presse pour renforcer la presse démocratique, c’est-à-dire représentant l’ensemble des opinions qui vivent dans la société

Certains voient aussi dans la cohérence de ce pôle vertical, non seulement ce qui permet de diffuser l’info, mais aussi l’information elle-même. C’est le cas de Stéphane Moreau et de l’establishment liégeois qui a suivi cette logique en l’appuyant. Car Nethys a fait l’acquisition de groupes de presse, notamment en faisant l’acquisition d’une chaîne de TV (Be TV), d’un quotidien (L’Avenir), d’un hebdomadaire (Télémoustique), d’un journal de proximité (Proximag) et de sociétés publicitaires actives dans le monde de la presse.

Le PTB ne partage pas cette stratégie. Le PTB est favorable, comme parti de gauche, à un soutien public à la presse pour renforcer la presse démocratique, c’est-à-dire représentant l’ensemble des opinions qui vivent dans la société. Mais le PTB n’est pas favorables aux subsides d’argent public pour encourager que des organes de presse deviennent ceux d’un homme politique, ou d’une société anonyme dirigée par un homme politique, sans contrôle démocratique.

Le PTB n’aura aucun regret à ce que les parts de Nethys dans le groupe Nice-matin soient revendues. Concernant l’Avenir, la situation actuelle n’est pas acceptable : la situation financière est désastreuse et le contrôle du groupe par un homme politique est inacceptable. Donc, le PTB prône un sauvetage avec de l’argent public, avec le renouvellement du conseil d’administration pour qu’il regroupe des représentants de chaque parti et de la société civile afin qu’il soit pluraliste.

Les assurances et les pensions : Intégrale et Ogeo Fund

On pourrait croire que c’est fini. Mais non. Publifin recèle de beaucoup de surprises. En effet, la société est aussi propriétaire de l’Intégrale et Credis, liées au secteur des pensions. Publifin a déjà défrayé la chronique en s’affiliant à une société créée pour gérer les pensions des travailleurs de l’ALE et de l’ALG : Ogeo fund, le fonds de pension privé qui gère actuellement les pensions des travailleurs de Publifin, de la CILE (Compagnie intercommunale liégeoise des eaux), de l’AIDE (Association intercommunale pour le démergement et l’épuration des communes de la province de Liège), des pompiers de la zone de Liège et d’une partie des travailleurs de la ville de Seraing.

Le PTB a déjà plusieurs fois pris position contre ce modèle de gestion car en privatisant la gestion des pensions comme Publifin l’a fait, les pensions des travailleurs des services publics liégeois sont soumises aux lois du marché et aux risques du marché immobilier et du marché de la Bourse. En plus, il s’avère que ces investissements mettent aujourd’hui clairement en danger la stabilité du fonds de pension, certainement avec les investissements politique et économiquement douteux d’Ogeo Fund à Anvers ou au Canada.1

En privatisant la gestion des pensions comme Publifin l’a fait, les pensions des travailleurs des services publics liégeois sont soumises aux lois du marché 

L’Intégrale est une société liégeoise d’assurances, active dans le deuxième et le troisième pilier des pensions. Elle emploie une centaine de personnes. Elle possède 150 000 affiliés de plus de 5 000 entreprises. Elle gère par exemple les pensions complémentaires des sidérurgistes de Cockerill et d’Arcelor Mittal. Integrale gère 2,6 milliards d’euros de réserves, dont trois quarts de pensions complémentaires d’entreprises parmi lesquelles, outre ArcelorMittal, on retrouve Umicore, CMI, TNT ou Saint-Gobain. La firme a aussi développé des assurances-vie individuelles, pour l’essentiel les produits Certiflex distribués par Ethias (500 millions d’euros de réserves). Elle est devenue une société anonyme en 2016 lorsqu’elle est passée sous pavillon de Nethys… Aujourd’hui, son actionnariat se partage entre les mains de Nethys (55 %), Ogeo Fund (qui gère les pensions de la galaxie Publifin), Apicil prevoyance, la société anonyme Patronale life et une ASBL qui représente des entreprises et des affiliés. Précédemment, c’était une caisse commune d’assurances pensions. Cela signifiait qu’elle était gérée paritairement, par les employeurs et les représentants des affiliés (syndicats). Aujourd’hui, avec le rachat de Nethys et la transformation en société anonyme, la gestion paritaire a disparu. Quel est le résultat de ce rachat par Nethys ? Il suffit de lire le très récent plan stratégique de Publifin pour s’en rendre compte. On peut y lire : « L’Intégrale connait une situation extrêmement tendue, principalement en matière de fonds propres. » Vous voulez en savoir plus ? Circulez, il n’y a rien à voir… C’est d’autant plus surprenant que ce jugement préoccupant est fait après que Nethys y ait injecté 90 millions d’euros et malgré qu’Ogeo Fund ait décidé de faire pareil avec 65 millions d’euros via un emprunt qu’elle a contracté avec la société d’assurances. Par contre, les investissements immobiliers ont été démultiplié (notamment en collaboration avec Ogeo Fund), de même que les investissements dans des sociétés d’installations de panneaux photovoltaïques avec des certificats verts.

Alors, que va-t-il advenir de l’Intégrale ? Pour l’establishment non principautaire, les choses sont claires : il faut la vendre. C’est par exemple la position de la ministre de Bue qui a parlé de mettre en ventes le pôle assurances de Nethys. Pourquoi ? Deux pistes sont possibles. Soit la ministre s’inquiète de la santé financière de l’entreprise. Soit elle veut ouvrir le capital disponible que représente l’argent des pensions à d’autres investisseurs que les seuls liégeois. Dans les salons feutrés, ceux qui  feront pression pour éviter cette vente seront les Liégeois. Car l’Intégrale est un paquebot qui permet à Stéphane Moreau de s’attaquer au domaine des pensions, qui permet notamment pas mal d’investissements immobiliers, le dada de Moreau. Le noyau dur des réfractaires seront certainement les six membres de la direction qui touchent ensemble 1 529 000 d’euros par an, les membres du conseil d’administration qui se partagent la modique somme de 210 000 euros et la commissaire aux comptes, qui a elle seule, aurait reçu 438 615 euros pour la seule année 2016. A côté des Liégeois, on trouvera peut-être encore quelques individus comme François Xavier De Donnea (MR bruxellois), qui est en même temps dans le conseil d’administration de l’Intégrale et d’Ogeo Fund pour faire entendre un autre son de cloche.

Les pensionnés dont l’argent a été confié à cette société doivent-ils se méfier ? La déclaration du plan stratégique n’est pas rassurante. Et la banque nationale s’est déjà inquiétée plusieurs fois. Mais malgré les investissements de la part de Nethys et d’Ogeo Fund, même si les fonds propres sont plus importants, ils n’atteignent pas encore la proportion voulue.

La logique du PTB reste invariable. Pourquoi une société d’assurance ne pourrait-elle pas fonctionner comme une bonne entreprise publique ? Pour quelle bonne raison la gestion des pensions devrait-elle être donnée à des sociétés privées comme l’Intégrale ? Il n’y en a pas. A moins de trouver, comme l’ensemble de l’establishment liégeois et wallon que le public est moins performant que le privé. Ou qu’il est bon d’investir l’argent des pensions dans l’immobilier comme c’est le cas avec l’Intégrale et avec Ogeo Fund, le fonds de pension des travailleurs de Publifin. Mais ce n’est pas cela qui préoccupe le travailleur.

Et l’aéroport ?

Last but not least, l’aviation. C’est moins connu, mais l’aéroport de Liège est aussi propriété de Nethys. Comment ? Via la NEB participations, une société qui est propriétaire de 51 % de Liège Airport et dont Nethys est l’actionnaire principal. 

La guerre des bassins n’a jamais profité aux sidérurgistes liégeois et carolos. Celle des aéroports ne profitera pas non plus aux travailleurs de Liège et Charleroi 

Jusqu’ici, la gestion des aéroports en Région wallonne était octroyée à des sociétés (à Bierset, c’est la société anonyme Liege airport) pour une durée limitée. Aujourd’hui, Liege airport est détenue à 51 % par la filiale de Nethys, 24,5 % par la Région wallonne et 24,5 % par la société privée Aeroport de Paris Management. Mais le gouvernement veut changer les règles. Pour augmenter la valeur des sociétés actionnaires des aéroports, il veut octroyer une concession illimitée aux sociétés chargées de la gestion. Avec ce nouveau mode de fonctionnement, les entreprises actionnaires auront d’autant plus de valeur et pourront revendre leurs parts à prix fort quand elles quitteront la société. 

Dans cette situation, une chose est claire : si la Région wallonne veut reprendre la main sur l’aéroport, l’establishment liégeois ne le verra pas d’un bon œil. Car c’est pour les partis traditionnels liégeois aussi bien une manne financière qu’un jouet politique qu’ils présentent aux travailleurs liégeois et wallons pour défendre leur efficacité dans la reconversion après le déclin de l’industrie.

Pour le PTB, deux choses sont claires. La première est qu’un aéroport doit être 100 % public. La deuxième est que cette gestion doit être wallonne (ou fédérale) plutôt que locale. Un aéroport doit être envisagé comme un outil de développement économique qui n’est pas en concurrence avec les autres aéroports du coin. Plutôt que se disputer pour attirer le capital dans son aéroport local, il faut réfléchir de façon coordonnée à développer au mieux l’économie et les emplois en travaillant suivant un même plan. La guerre des bassins n’a jamais profité aux sidérurgistes liégeois et carolos. Celle des aéroports ne profitera pas non plus aux travailleurs de Liège et Charleroi.

Comment gagner ?

L’avenir de Publifin ? Si nous voulons le meilleur pour notre intercommunale, il faut réorienter toutes ses filiales (sauf quelques exceptions) vers le seul propriétaire digne de gérer ces actifs aussi stratégiques : la collectivité. Pour pouvoir y arriver, il faut pouvoir distinguer une véritable entreprise publique qui fonctionne de façon démocratique d’une entreprise privée, financée à partir de capitaux publics. Ce dernier mode de fonctionnement est celui qu’a pris Nethys. Il faut bien le distinguer de la vision du PTB qui refuse de faire évoluer une société publique dans un environnement privé et libéralisé, et qui défend le respect des travailleurs, des citoyens en garantissant un fonctionnement démocratique et éthique.

Il faut réorienter toutes les filiales de l’intercommunale vers le seul propriétaire digne de gérer ces actifs aussi stratégiques : la collectivité

Pour atteindre cet objectif, il sera nécessaire de se défaire des lois du marché dans les secteurs de la production d’électricité (et aussi certainement dans la production d’énergie verte), la distribution d’énergie, les télécommunications, les pensions, la gestion des aéroports et le développement économique en général. Ce ne sera possible que sous le socialisme car, contrairement au capitalisme, non seulement les artères vitales au fonctionnement de notre société sont gérées par les pouvoirs publics, mais en plus, elle le sont aussi dans un sens démocratique et éthique. Sous le socialisme, les pouvoirs publics sont le reflet des intérêts de la population et des travailleurs.

Ces sociétés publiques que nous voulons ne pourront donc être que le fruit que d’une lutte politique et sociale. C’est pourquoi il faut activement clarifier ces enjeux. Cette lutte sera compliquée. Mais il n’y a pas d’autre voie. Une intercommunale ne peut pas fonctionner comme une multinationale. 

 

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Commentaires

Article profond et complet qui fixe clairement la position du PTB par rapport à l'establishment. Position qui nous met clairement en porte à faux ,vis à vis de pratiquement tout les autres partis politique qui semble bien s'accommoder de la devise" des règles établie par des riches pour des riches" CQFD