Photo Solidaire, Antonio Gomez Garcia

Pourquoi les élus du PTB vivent avec un salaire moyen de travailleur

Un bourgmestre wallon qui touche 960 000 euros bruts par an en cumulant sa fonction avec le poste de CEO de Nethys, une présidente de commission d’enquête parlementaire qui empoche 3 600 euros bruts par réunion… Au PTB, rien de tout ça. Depuis sa création, ses élus et responsables touchent un salaire moyen de travailleur. Pas plus, pas moins.

Alors que les députés touchent pas loin de 6 000 euros nets (sans compter les éventuels mandats supplémentaires qui peuvent faire exploser cette somme), les ministres, eux, gagnent plus de 10 000 euros nets. Comment, dès lors, comprendre l’immense majorité des habitants du pays qui touche des salaires infiniment moindres ? Cette question a été tranchée dès la fondation du PTB. Les élus, les responsables du PTB, de même que les personnes du service d’études, les avocats, etc. touchent un salaire moyen de travailleur. Soit entre 1 700 et 2 000 euros nets par mois, en fonction de leur situation familiale. Pourquoi ?

« Si vous ne vivez pas comme vous pensez, vous commencez à penser de la façon dont vous vivez », répète régulièrement le député fédéral et porte-parole du PTB Raoul Hedebouw : « La logique est qu’aucun homme politique ne doit se mettre plus d'argent dans sa poche. C’est un métier comme un autre. Si vous ne vivez pas comme vous pensez, vous commencez à penser de la façon dont vous vivez. Celui qui gagne 6 000 euros par mois vit dans un autre monde. »

Aucun élu du PTB ne tire un avantage financier

Ce ne sont pas que des slogans lancés au moment où les scandales liés à certains mandats locaux se multiplient. Dans les textes de son Congrès de la Solidarité (qui s’est clôturé en juin 2015), on peut lire : « Pour renforcer la lutte sociale, nous faisons appel aussi à nos députés et mandataires. Ceux-ci sont des membres du parti qui ne se sont pas fait élire pour un poste, un avantage matériel ou de l’argent vite gagné. Ils vivent et travaillent avec un salaire de travailleur moyen. Cela nous distingue de tous les autres partis et c’est décisif dans la lutte contre le carriérisme : aucun de nos élus ne tire un avantage financier de son mandat. »

Le PTB suit le même code éthique qu’Ada Colau, la bourgmestre de gauche de Barcelone. Une nouvelle politique signifie aussi un nouveau code éthique. Ada Colau a instauré la tolérance zéro pour la corruption, a mis fin à la pratique des portes à tourniquet entre monde politique et monde de l’entreprise et a également limité la rééligibilité des politiciens. Pour elle, ce code n’est pas une seule question de mots, mais aussi d’actes. Elle a décidé de réduire son propre salaire de 60 %. Elle gagne ainsi 2 200 euros nets par mois, un montant pour lequel bon nombre de politiciens de notre pays ne sortiraient même pas de chez eux.

Les mandataires et les responsables du PTB appliquent ce même principe. Prenons par exemple Ruddy Warnier, un des deux élus du PTB au Parlement wallon. En tant que chauffagiste, il n’a jamais gagné plus de 1 500 euros par mois. En devenant député, il a vu chaque mois une grosse somme d’argent arriver sur son compte en banque. « Rien que mon défraiement forfaitaire mensuel de 2 000 euros pour frais professionnels représente plus que ce que j’ai jamais gagné ! », sourit-il. Avec 5 820 euros nets, il reçoit donc maintenant près de quatre fois plus que son précédent salaire. Le jeune député wallon tient pourtant à continuer à vivre avec un salaire moyen de travailleur et reverse la différence au parti. Le contraste avec ses collègues est considérable. Ce qui pour l’un n’est qu’un « défraiement pour frais professionnels » est pour l’autre un revenu entier. Le fossé entre ces deux manières de faire de la politique est clair. Non, on ne peut pas avoir de crédibilité quand on fait des discours de gauche mais qu’on vit à droite.

Par exemple, le député bruxellois du PTB qui prend les transports en commun se rend compte de l’impact qu’à l’augmentation du prix du ticket de 2 euros à 2,50 par trajet. 

En plus d’être déconnecté de la réalité, le risque est de s’enfermer dans un monde fermé, un monde où tout ce qui compte est la qualité des petits fours, du costume trois pièces… Un monde de l’entre-soi. « Le fait que nous, nous vivons avec un salaire moyen de travailleur met mal à l’aise les élus qui gagnent 10 000 euros par mois. Cela peut donner l’idée aux électeurs qu’il y a quand même une autre possibilité de faire de la politique », explique le président du PTB, Peter Mertens.

Pareil à tous les niveaux de pouvoir

Au PTB, on n’attend pas que la règle soit appliquée dans les différents Parlements et conseils communaux ou provinciaux. On remet tous les avantages liés à l’élection dans les caisses du parti. Comme nous l’écrivions en mai 2014, peu de temps après avoir obtenu deux élus au fédéral, quatre à la Région bruxelloise et deux à la Région wallonne : « Au PTB, ce principe – vivre avec un salaire moyen de travailleur  – est pratiqué depuis toujours et il n’a pas bougé d’un iota. Par exemple, le Dr Sofie Merckx, généraliste à la maison médicale de Médecine pour le Peuple à Marcinelle et élue en 2012 conseillère communale à Charleroi, vit avec un salaire moyen de travailleur depuis qu’elle a commencé à exercer sa profession, en 1999. »

Ce principe de remettre tous les avantages liés à un mandat communal ou provincial sera, évidemment, de mise lors des prochaines élections de 2018.

Et ce que les élus reversent au parti sert, avec les cotisations des membres, à financer des campagnes pour la suppression de la redevance TV ou la baisse du prix de l’énergie et des médicaments. Des choses qui touchent le portefeuille de la majorité des habitants du pays. Et des élus et responsables du PTB.

 

Ajouter un commentaire

By submitting this form, you accept the Mollom privacy policy.

Commentaires

Tout les élus devrait faire le même comment savoir les difficultés de la population si ont ne se met pas à leurs niveaux toutes ma famille et moi même voteront PTB au prochaine élection ont espère que vous pourrez changer les choses
Tout les élus devraient faire le même, comment savoir les difficultés de la population si ont ne se met pas à leurs niveaux. J'espère que vous pourrez changer les choses dans le futur et que les citoyens vont enfin voter pour une vraie GAUCHE
Bonjour, continuez à bousculer ces partis de nantis, et déconnectés des difficultés journalières rencontrés par de nombreux travailleurs aussi bien jeunes qu'âgés. Battez-vous pour la suppression de la taxe redevance TV pour autant que d'autres taxes ne voient le jour par le manque à gagner de celle-ci. Salutations
L'idée est bonne. Sera -t-elle durable? Sans être fan, j'apprécie beaucoup de vos idées, Bonne chance à vous.