Photo : GUE/NGL Flickr

Pour la Commission, la politique libérale de la Belgique n’a rien arrangé mais il en faut plus

auteur: 

Marc Botenga

Lire un rapport de la Commission européenne sur la Belgique n’est pas facile. D’une part, la Commission applaudit des mesures qui font payer les travailleurs, en critiquant souvent que celles-ci n’aillent pas suffisamment loin. D’autre part, elle est parfois obligée de souligner les échecs de certaines politiques libérales.

Tout l’art est donc de comprendre ce que le dernier rapport de la Commission dans le cadre du Semestre européen dit sur la vie quotidienne des Belges.

Une Commission qui veut davantage d’austérité

La Commission est assez satisfaite de ce qu’elle appelle les « progrès » sur la réforme de la loi de 1996 sur la norme salariale. Cette loi devait empêcher que les salaires belges dépassent ceux des pays voisins. La nouvelle loi fait en sorte que les salaires belges augmenteront moins vite que les pays de référence. Le gouvernement fédéral met ainsi en place – de facto – une loi organisant un dumping salarial avec nos pays voisins. Le service d’études du PTB a calculé que cette nouvelle loi salariale fera perdre 753 euros aux revenus médians. Notons au passage que la Commission dépasse ici son mandat. Elle n’a théoriquement rien à dire sur les salaires belges.

La Loi Peeters flexibilisant le marché du travail est aussi applaudie par la Commission, tout comme le relèvement de l’âge à la pension. Elle appelle cela « certains progrès » concernant le fonctionnement du marché du travail. Elle regrette toutefois que les libéralisations n’aillent pas plus loin, notamment dans les services publics tels que la poste, le transport public, l’approvisionnement en énergie et en eau potable et les télécommunications. Elle n’en aura jamais assez cette Commission.

Une croissance qui ne décolle pas

Relancer l’économie, voilà à quoi servent officiellement tous les programmes du gouvernement et de la Commission. Avec la politique très libérale menée par la Belgique, on aurait pu s’attendre à des applaudissements de la Commission européenne. Si elle applaudit en effet un nombre de cadeaux offerts aux grandes entreprises, elle n’en constate pas moins que l’économie belge a des perspectives de croissance plutôt faibles. Cette dernière devrait progresser de 1,4 % en 2017 et de 1,6 % en 2018. Cela a aussi à voir avec un manque d’investissement dans les infrastructures, de l’énergie, de l’éducation et du transport, et un faible niveau d’investissements publics en général.

La politique du gouvernement, faite de cadeaux fiscaux et de coupes budgétaires, n’a pas non plus permis d’alléger le déficit budgétaire, autre fétiche de la Commission européenne. Le déficit nominal s’est, souligne la Commission, aggravé en 2016, pour atteindre 2,9 % du PIB. La vision optimiste de la Commission voit le déficit devrait reculer à 2,2 % en 2017 et se maintenir autour de ce niveau en 2018 si aucune nouvelle mesure budgétaire n’est prise. En d’autres mots : tous les sacrifices des travailleurs n’ont rien arrangé. Au contraire, il en faudra de nouvelles. La Commission note aussi que la dette publique a atteint son pic, autour de 107 % du PIB, en 2016.

Une catastrophe sociale

Le nombre de personnes menacées par la pauvreté ou l’exclusion sociale a augmenté. L’écart cumulé par rapport à 2008 s’élevait à +92.000 en 2013, +146.000 en 2014 et + 143.000 en 2015. La Commission est gentille avec ses amis libéraux du gouvernement belge en disant qu’il est « donc peu probable que la Belgique atteigne son objectif de réduction de 380 000. » En réalité cet objectif est devenu totalement irréaliste avec les politiques actuelles.

Est-ce que l’emploi va mieux pour le moins ? Non plus, affirme la Commission, bien que le gouvernement parle de création d’emploi, le taux d’emploi des travailleurs âgés de 20 à 64 ans a diminué : de 67,3 % en 2014 à 67,2 % en 2015, et demeure près de 3 points de pourcentage en deçà de la moyenne européenne.

L’éducation et le climat : un drame

Si en matière de libéralisations et de mesures qui font payer les gens, la Belgique a fait des « progrès », au niveau de l’environnement et du climat c’est par contre le désastre total. Les investissements dans les infrastructures des transports ont même baissé. En combinaison avec de mauvaises incitations fiscales, encourageant par exemple la circulation routière, ceci aggrave les embouteillages polluants.

Même par rapport aux modestes engagements de l’Union européenne en matière climatique : « le risque existe que les objectifs liés aux émissions de gaz à effet de serre, aux énergies renouvelables, à l’efficacité énergétique et à la réduction de la pauvreté ne soient pas atteints. Malgré de nombreuses créations d’emplois, l’objectif en matière de taux d’emploi fixé à 73,2 % reste hors d’atteinte.»  Très concrètement, la Commission européenne constate que : « La part des énergies renouvelables en Belgique a reculé: de 8 % en 2014, elle est passée à 7,1 % en 2015. »

Au niveau de l’éducation aussi la Belgique régresse : « les élèves obtenant de mauvais résultats sont de plus en plus nombreux. Les résultats des élèves sont fortement liés à leur situation socioéconomique, notamment pour les élèves issus de l’immigration. La lutte contre les inégalités en matière d’éducation appelle par conséquent une réponse politique plus large qui dépasse le cadre du système éducatif. » En somme, il y a ici la Commission européenne qui conseille de ne pas respecter le carcan de l’austérité imposé par... la Commission européenne. Afin de remédier à ce recul dans notre système d’éducation, il faudrait en effet investir massivement dans l’éducation. Sauf que le fétiche budgétaire du duo gouvernement et Commission européenne l’empêche. 

 

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Commentaires

europe de M............
si on pouvais quitter s et europe qui nous enfonce de plus en plus , et qui nous appauvris de plus en plus , et les dirigent qui ne font qu leur tete et qui son pas capable mais pour donner au plus riche et appauvrir les peuple de plus en plus sa il save faire pour moi un brexit serait bien quittons cette union europene de merde le plus vite possible
L'Europe se plante mais il faut plus d'Europe. C'est Einstein qui disait : "C'est de la folie de croire qu'en faisant plus de la même chose, on obtiendra un résultat différent. Je connais des chefs de PME, ils croulent sous la paperasse, les contrôles, les taxes et ... la difficulté à recruter du personnel compétent. Quelle chape de plomb pèse sur la Wallonie! Fait-on redémarrer une économie avec des personnes mal formées, craintives par rapport à leur avenir, obligées de regarder à une dépense de 50 € ? Bien sûr que non. Cette politique désespère et abrutit les gens, elle ne les tire pas vers le haut.
Une colère grandissante et un sentiment d'impuissance, Une petite vérif; voyons les élections en France. On ment, on triche, on vole et pourtant des gens se rallient à leurs opinions ..... Un document de mille pages à écrire et j'ai tellement de moral que ces trois lignes m'épuisent et je n'irai pas plus loin..Courage...;
Une colère grandissante et un sentiment d'impuissance, Une petite vérif; voyons les élections en France. On ment, on triche, on vole et pourtant des gens se rallient à leurs opinions ..... Un document de mille pages à écrire et j'ai tellement de moral que ces trois lignes m'épuisent et je n'irai pas plus loin..Courage...;