Paradise Papers : Peter Mertens répond à la réaction de Guy Verhofstadt

Hier, le PTB révélait que Guy Verhofstad, le chef de groupe des libéraux au Parlement européen, a été pendant des années administrateur d'un groupe qui est cité dans les Paradise Papers. « Mensonges malveillants du PTB » et « fake news » (fausse info), s'est écrié le porte-parole de Verhofdstadt, qui affirme qu' « Exmar n'est absolument pas cité dans les Paradise Papers ». Pourtant, si l'on recherche « Exmar » dans la banque de données Offshore Leaks Database du Consortium international des journalistes d'investigation, ce nom apparaît via deux sociétés-filles d'Exmar et le CEO d'Exmar Nicholas Saverys.

À côté de son poste de président du groupe des libéraux ALDE au Parlement européen, Guy Verhofstadt a été administrateur d'un groupe qui apparaît dans les Paradise Papers. Ce qu'a révélé hier le PTB. « C'est une "fake news" dans le plus pur sens du mot », a réagi hier soir Bram Delen, le porte-parole de Verhofstadt. Plus fort encore : « Exmar n'est pas cité dans les Panama ou les Paradise Papers. » Un mensonge flagrant, souligne le PTB, qui indique qu'il suffit de rechercher « Exmar » dans la banque de données Offshore Leaks Database du Consortium international des journalistes d'investigation. On tombe alors sur deux sociétés-filles qui sont reprises dans les comptes annuels consolidés du groupe : Exmar Offshare Ltd. et Exmar Offshore LP. Le CEO d'Exmar Nicholas Saverys revient également dans la Offshore Leaks Database.

Le porte-parole de Verhofstadt affirme également qu'Exmar Offshore s'occupe d' « activités qui s'exercent littéralement "offshore", c'est-à-dire "loin de nos côtes", comme par exemple des plateformes en mer. Cela n'a absolument rien à voir avec l'offshore dans le sens fiscal du mot ». Pour le PTB, rien n'est moins vrai. Parmi les 42 sociétés offshore d'Exmar, 36 sont situées dans des paradis fiscaux. « Ce n'est pas un hasard, vraiment pas, réagit Peter Mertens, le président du PTB. De plus, Exmar devrait elle-même démontrer quelle activité industrielle elle exerce aux Bermudes, un archipel de 70.000 habitants. Et quelles activités industrielles exercerait-elle aux 35 autres adresses offshore ? » En outre, la société Exmar Offshore Ltd. a été mise sur pied via le bureau d'avocats Appleby, spécialisé dans l'évasion fiscale.

Selon Delen, « le PTB invente des choses sur base d'une trompeuse confusion de termes ». On peut en effet considérer l'appellation d'Exmar Offshore Ltd. comme un jeu de mots, réagit le PTB. Mais en fait, cette société n'est pas seulement centrée sur les activités industrielles offshore du groupe, celles qui se font « loin de nos côtes », il s'agit aussi d'une société offshore dans le sens strictement fiscal du terme.

Sur le site internet Politico.eu, le CEO d'Exmar Nicolas Saverys admet en quelque sorte cela. il qualifie la société-fille impliquée de « dormant company », une société dormante qui n'exerce qu'une activité minimale. Et il ajoute : « It is the duty of a company executive or manager to find the least-taxable route. » « Le devoir d'un dirigeant de société est de trouver la voie la moins taxable, est-ce là la nouvelle liberté que défendent les libéraux ? », interroge Peter Mertens.

Enfin, la question se pose de savoir si Guy Verhofstad, qui a été administrateur d'Exmar pendant six ans, était au courant de l'évasion fiscale. « Bien sûr, je ne peux pas lire les pensées de Guy Verhofstad, réagit Peter Mertens. Mais ce que je sais, c'est qu'année après année, il a été payé 60.000 euros en tant qu'un des six administrateurs d'Exmar. Au cours de ces six années, n'aurait-il pas une seule fois examiné les comptes annuels ? » Le PTB constate qu'Exmar Offshore Ltd, dont le siège est aux Bermudes, figure noir sur blanc dans les comptes annuels consolidés d'Exmar, comptes qui ont été approuvés par les six administrateurs.

« Il ne s'agit pas ici d'un boulanger local qui siège au conseil d'administration, il s'agit de Verhofstadt, un homme qui connaît toutes les ficelles du métier. Il sait parfaitement comment cela se passe, et il sait quels pays sont des paradis fiscaux », ajoute Mertens. Pour le PTB, il est frappant que Verhofstad soit intervenu à plusieurs reprises sur cette thématique dans le débat au Parlement européen, mais qu'il n'ait posé aucune question lorsqu'une construction aux Bermudes apparaît dans les comptes d'une des sociétés dont il est lui-même administrateur. « Je ne vois qu'un mot pour qualifier cela : l'hypocrisie », conclut Peter Mertens.

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Commentaires

Comme mon grand-père disait en 'patois' : "Tout pourcê d'la min'me treu" (tous porcelet de la même truie)
sa s et bien dit s et vrais , tertous din meme saclot comme dirous s t il la , de toute façon a par le PTB il en a pas un pour rattraper l autre quoi tous des voleurs et des suceur de poche et de fric