« Panama Papers » : le PTB demande que le fisc cible le top 200 des fortunes belges et les grandes banques

La nouvelle gigantesque fuite d'informations fiscales du Consortium international des journalistes d’investigation, les « Panama Papers », confirme ce que le PTB avait été le premier à dénoncer dès mars 2013 : les grandes fortunes belges et les grandes banques abusent largement du paradis fiscal panaméen. « Voilà chez qui le gouvernement devrait aller chercher de quoi combler le trou budgétaire », réagit Peter Mertens, président du PTB.

Dans ces « Panama Papers », 732 Belges ou résidents belges ont été identifiés par les journalistes. Ceux-ci relèvent la manière dont quelques Belges ultra-riches organisent leur fortune pour éviter l’impôt, et ajoutent que la fraîcheur et la précision des révélations sont telles qu'elles permettraient même de remettre en cause le Top 5 des grandes fortunes de Belgique.

Le fait que la commune d'Uccle, qui concentre plusieurs quartiers huppés, arrive en première position dans le classement par domicile, montre qu'il ne s'agit pas de citoyens ordinaires, mais que l'on est bien dans la tranche des 1 % les plus riches de la population.

Les fuites à répétition (SwissLeaks, OffshoreLeaks, LuxLeaks...) sont une bonne chose pour lutter contre l'usage des paradis fiscaux par les riches fraudeurs et les grandes banques. Ceux-ci savent qu'ils ne sont plus forcément à l'abri. « Malheureusement, dénonce Peter Mertens, le gouvernement Michel est loin de profiter de ce contexte favorable pour lutter contre la fraude et l'évitement fiscal. Que du contraire : le plan anti-fraude du ministre Van Overtveldt n'avance pas, une nouvelle amnistie fiscale permanente est organisée, la Taxe Diamant organise l'opacité dans le secteur diamantaire et la Belgique conteste la décision européenne de condamner les Excess Profit Ruling. »

Notre pays figure aujourd'hui parmi les plus mauvais élèves européens, avec comme ministre des Finances un pur produit libéral qui, non content d'accumuler les erreurs quant à l'évaluation des recettes fiscales, prône ouvertement une concurrence fiscale européenne dont on sait qu'elle profite aux multinationales et aux plus riches. Peter Mertens : « Les Panama Papers montrent que notre pays regorge d'argent très peu mis à contribution. La Taxe des millionnaires conçue par le PTB vise précisément le 1 % des plus riches, qui concentrent 420 milliards d'euros de patrimoine. Une bonne piste pour combler le trou budgétaire actuel. »

On constate que beaucoup de grandes fortunes belges reviennent systématiquement dans les différents « leaks ». « Pour le PTB, le fisc doit lancer une opération ciblée visant le top 200 des fortunes belges (118 milliards d'euros de fortune cumulée), indique également Peter Mertens. L'Inspection spéciale des impôts l'a déjà initié pour la famille de Spoelberch (AB Inbev), elle doit poursuivre dans cette voie. »

Par ailleurs, au niveau du gouvernement wallon, la énième mention du nom de Franco Dragone pose question, sachant que ses sociétés bénéficient d'aides publiques régionales. Dans le passé, le ministre Marcourt avait tenté de légitimer le recours à des paradis fiscaux par des sociétés aidées par la Région (Dragone, Duferco…). Le PTB demande au gouvernement wallon de prendre une position claire : le recours aux paradis fiscaux est injustifiable.

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Commentaires

Est ce couple MR NVA ose encore s'attaquer aux plus faibles pour renflouée les caisses de l'État après c'est révélations !? C'est tout simplement scandaleux !!!!
Pourrait-on demander à Mr W. Borsu s'il compte traquer les fraudeurs '' Panaméens''(amis?) avec la même hargne qu'il poursuit les malheureux exclus, qu'ils soient chômeurs ou minimexés Et que pensent nos élus du système de pension des parlementaires et autres élus? Merçi de m'avoir lu et bonne continuation Christian, cheminot délégué CGSP retraité
Il est bien connu que les loups ne se mangent pas entre eux ! Quel scandale financier parviendra enfin à faire tomber les têtes de tous ces gros profiteurs, magouilleurs, manipulateurs. Certainement pas les dirigeants de "notre" Europe, car ce ne sont pas eux qui dirigent et décident mais tous ceux qui sont impliqués dans ces fraudes,; ce qui les redent intouchables !
Ou sont passés ces 275 milliards ? Les entreprises belges ont transféré 275 milliards d'euros vers des paradis fiscaux en 2014, lit-on vendredi dans De Standaard. Le Luxembourg est le plus grand bénéficiaire de ce phénomène avec 62,6 milliards d'euros. Suivent ensuite les Emirats arabes unis (20,1 milliards), les Îles Caiman (7,5 milliards), Dubaï (2,1 milliards) et les Bermudes (1,8 milliard). Pas moins de 1.614 contribuables ont signalé au fisc qu'ils avaient ensemble fait passer 274,7 milliards d'euros vers des paradis fiscaux, ressort-il d'une réponse du ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) à une question parlementaire. D'après une loi datant de 2010, les entreprises transférant plus de 100.000 euros vers un paradis fiscal sont tenues de prévenir le fisc. Il n'est en effet pas illégal de réaliser des transactions financières avec de tels pays. Ceux-ci se caractérisent pas une imposition très faible voire inexistante ou par un collaboration insuffisante dans l'échange des données fiscales. Raison pour laquelle le Luxembourg avait fini sur la liste de ces pays. Le Grand-duché en a depuis lors été retiré et il n'est donc plus obligatoire depuis 2015 de signaler des transferts importants d'argent vers cet Etat. Belga - dimanche 17 juillet 2016
Pourquoi l'ETAT et le ministère des finances en particulier n'engagerait -il pas des fins limiers en matière de fraude fiscale? Il suffirait d'y consacrer quelques centaines de millions pour après récupérer des milliards . Et en même temps on procurerait du boulot à nos jeunes qui sortent des hautes écoles.