« Panama Papers » : le PTB demande la suspension de l’accord conclu avec le Panama

auteur: 

Webteam

Suite aux révélations du « Panama Papers », le PTB demande de suspendre l’accord conclu en novembre 2015 entre notre pays et la République du Panama. « Il est clair que cet accord ouvre encore davantage la porte à une évasion fiscale massive », déclare Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB. 

Un accord entre l’Union économique belgo-luxembourgeoise, d’une part, et la République du Panama, de l’autre, concernant l’encouragement et la protection réciproque des investissements a été approuvé en séance plénière de la Chambre le 12 novembre 2015. Cet accord avait suscité de vives critiques de la part de l’opposition. Durant les débats parlementaires, le député fédéral PTB Marco Van Hees soulignait déjà que le Panama était internationalement reconnu comme un paradis fiscal où fleurissent la spéculation, la corruption et le blanchiment d’argent. Un accord bilatéral afin de stimuler les investissements dans un tel pays risque de contribuer à l’évasion fiscale d’entreprises belges au Panama.

Van Hees renvoyait à une étude réalisée en 2013 par le PTB qui montrait déjà que toutes les plus grosses fortunes belges avaient des sociétés au Panama. Cette étude est aujourd’hui confirmée par les premiers noms belges cités dans le Panama Papers, où figure une des familles les plus riches de Belgique : les de Spoelberch. Notre Etat perd ainsi chaque jour des millions euros de rentrées, et manque est comblé par une interminable série de taxes et impôts sur le citoyen ordinaire.

La République du Panama compte pas moins de 350.000 entreprises offshore créées pour pouvoir profiter de ce régime de faveur fiscal. Avec cet accord, l’Etat belge court en outre à nouveau le risque d’être poursuivi en justice par ces nombreuses filiales s’il va à l’encontre des intérêts d’une des multinationales qui y sont actives. Et, si le Panama déroule le tapis rouge pour les multinationales, ce pays a adopté ces dernières années des lois contre le droit de grève. « Le Panama est donc non seulement un paradis fiscal, il est aussi un paradis pour les multinationales et un enfer social pour la population locale », explique le porte-parole du PTB.

Raoul Hedebouw : « Le PTB demande que notre gouvernement agisse d’urgence contre cette sorte de paradis fiscaux et que, comme première mesure, il suspende l’accord bilatéral d’investissement avec le Panama ». Le PTB demande également la mise sur pied d’une cellule de contrôle sur les paradis fiscaux, chargée d’en établir une liste et d’analyser les liens de ceux-ci avec des intérêts belges. Par ailleurs, le fisc doit cibler de manière prioritaire et spécifique le top 200 des fortunes belges, qui possèdent ensemble une richesse totale de 118 milliards d’euros. Enfin, le PTB veut également que l’on sanctionne sévèrement les intermédiaires financiers qui organisent l’évasion fiscale.

Ajouter un commentaire

By submitting this form, you accept the Mollom privacy policy.