Photo Emmelie Callewaert / Wikimedia Commons

Pacte énergétique : l’électricité et le gaz jusque 270 euros plus chers

Avec le Pacte énergétique, la facture moyenne d’énergie risque de devenir plus lourde de 270 euros. « Inacceptable », déclare le PTB. « Le gouvernement pousse les consommateurs à la dépense, mais ne parvient pas à concrétiser sa promesse de 40 % d’énergie verte. »

Si le Pacte énergétique  choisit de sortir du nucléaire en 2025, c’est une bonne chose, estime le PTB. « L’énergie nucléaire, c’est du passé », explique Tom De Meester, spécialiste de l’énergie au PTB. « Quand on a un peu de bon sens, on se rend compte qu’il vaut mieux ne pas produire de l’électricité dans des centrales nucléaires complètement obsolètes. Le risque pour la sécurité est énorme. Le fait que la N-VA continue à exercer des pressions en faveur d’Engie-Electrabel est grave. »

« Une révolution verte de l’énergie, comme alternative aux centrales nucléaires, est parfaitement possible », ajoute De Meester. « Le Pacte énergétique promet 40 % d’électricité verte pour 2030. Une étude récente de la Bond Beter Leefmilieu (Ligue pour un meilleur environnement), de Greenpeace et du WWF a calculé que même 58 % d’énergie renouvelable était parfaitement réalisable et finançable en 2030. C’est donc possible, à condition que le gouvernement change radicalement de cap. Avec l’actuelle politique, en effet, nous fonçons tout droit dans le mur. »

« Le Pacte énergétique présente tout simplement la facture aux ménages, alors que les multinationales ne sont pas mises à contribution »

Le PTB n’accepte déjà pas que les ministres de l’Énergie renvoient aux consommateurs les coûts de la transition énergétique promise. Le Pacte énergétique risque de coûter très cher aux ménages. Avec la nouvelle taxe sur le CO2, le gaz et l’électricité augmentent fortement. La hausse de prix pourrait coûter jusqu’à 270 euros par ménage, calcule le PTB. « Inacceptable », déclare le porte-parole francophone du PTB, Germain Mugemangango. « La transition vers l’énergie verte doit être financée d’une façon équitable. Le Pacte énergétique présente tout simplement la facture aux ménages, alors que les multinationales ne sont pas mises à contribution. »

Officiellement, les ministres de l’Énergie refusent d’étiqueter un montant sur la nouvelle taxe CO2, mais il est certain que la facture d’énergie des consommateurs va fortement augmenter. « Le gouvernement fédéral tient compte du prix préconisé par la Commission européenne pour 2030 : 40 euros par tonne de rejet de CO2. » Si les rejets de CO2 sont facturés en proportion, une famille moyenne va payer 270 euros de plus pour sa facture de gaz, calcule le PTB. Viendront s’y ajouter 106 euros pour l’électricité. En tout, la facture d’énergie va augmenter de 12 %, en plus de toutes les augmentations de prix des années précédentes. Germain Mugemangango : « Le fait qu’il devrait y avoir des compensations pour les ménages les plus démunis ne change rien à l’essentiel de l’affaire : la taxe carbone renvoie la facture de la transition énergétique aux ménages, alors que les multinationales restent hors d’atteinte. Il est d’ailleurs dit explicitement dans le Pacte énergétique que les grosses industries resteront hors d’atteinte. »

Une fois de plus, les multinationales de l’énergie reçoivent des subsides alors que nous, nous devons payer la facture

« D’un côté, les ministres de l’Énergie veulent prélever une taxe carbone sur la consommation de gaz des ménages mais, en même temps, le Pacte énergétique entend toutefois subsidier des centrales au gaz parce qu’elles sont nécessaires pour notre approvisionnement en énergie. C’est absurde et injuste. Une fois de plus, les multinationales de l’énergie reçoivent des subsides alors que nous, nous devons payer la facture. »

Une outre, une taxe carbone n’est absolument pas efficace, explique Tom De Meester. « Les entreprises de l’énergie et les multinationales avec d’énormes rejets de CO2 sont précisément les grands partisans d’une taxe carbone, parce que celle-ci prend la place d’un plafond strict et contraignant des émissions. Au lieu d’être forcées de réduire leurs émissions de CO2, les entreprises peuvent continuer tranquillement à dégager ce CO2 dans l’air, dans le même temps qu’elle en facturent tout simplement les coûts aux consommateurs. Et, ainsi, rien ne change. C’est comme si on voulait brider le commerce des armes en prélevant une taxe sur les balles au lieu de soumettre la vente d’armes à des règlementations strictes. »

Pour réduire vraiment les émissions de CO2, des objectifs contraignants sont nécessaires pour permettre d’aborder le problème de ces émissions à la source, dit encore le PTB. « Le Pacte énergétique promet pour 2050 une production d’électricité neutre sur le plan du climat, avec 100 % d’énergie renouvelable. Comme étape intermédiaire, en 2030, 40 % de notre électricité devra provenir d’énergies renouvelables. Comment ce gouvernement compte atteindre cet objectif reste un grand mystère. Le Pacte énergétique est truffé de bonnes résolutions, mais toute forme de mesure concrète en est absente. Des paroles dans le vent. Pour limiter le réchauffement du climat à 1,5°C, il faut tout autre chose que des promesses creuses », ajoute Tom De Meester. 

« Le Pacte énergétique promet un doublement du nombre de panneaux solaires et compte pour cela sur l’enthousiasme spontané du libre marché. Mais, depuis que les subsides faramineux ont été supprimés, on n’a plus construit de parcs à panneaux solaires à grande échelle, en Flandre. Les investisseurs commerciaux font la grimace quand on leur parle d’un rendement de 5 %. Ainsi, nous allons pouvoir attendre encore longtemps cette révolution verte. L’État doit lui-même prendre ses responsabilités et, en compagnie des coopératives citoyennes et des autorités locales, investir dans le système d’énergie durable de demain : le soleil et le vent dans des mains publiques. L’être humain et le climat doivent passer au premier plan, et non le profit maximal des actionnaires privés », conclut Germain Mugemangango.

 

 

 

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Commentaires

il est trop tard pour ce debarassez de cette saloperie avant ont vivent sans ca et avions mellieurs sante et ca creve le monde mais il est trop tard
D'accord pour sortir du nucléaire mais à la condition que tout le monde mette la main au portefeuille et surtout les plus gros pollueurs. Comment ce fait-il encore une fois que ce soit le citoyen qui paie le plus gros de la facture. Où est le bon sens dans tout ça quand on sait que les Etats-Unis se sont retirés de l'accord de Paris, l'Allemagne va t-elle supprimer ses centrales aux charbons??....encore beaucoup de discussion avant d'arriver à un résultat satisfaisant, la bonne volonté ne suffit pas....à suivre!
. et si l'on proposait aux ménages la possibilité de pouvoir placer de panneaux photovoltaïques à moindre prix ? Les 3 communautés pourraient investir dans le placement de panneaux et le consommateur louerait ceux ci jusqu'à concurrence de 60 % du prix du placement pendant une période de rentabilisation moyenne actuelle, soit 7 ans. Cette figure devrait permettre de sortir du nucléaire en 2025 si non, restons réaliste, il ne reste que 7 ans pour pouvoir se passer d'un minimum d'énergie nucléaire. Je n'y crois pas.