Mission économique alternative en Palestine : « commercer avec Israël renforce la colonisation »

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Commercer avec Israël renforce la colonisation illégale des territoires palestiniens et renforce sa politique d'apartheid. C'est le message lancé par une mission alternative composée de personnalités belges lancée à la veille d'une mission économique officielle belge. Les personnalités en appellent à la fin des relations économiques avec Israël tant que cet État ne respecte pas le droit international.

C'est demain, samedi 26 novembre, que 24 entreprises belges partent en Israël dans le cadre de la mission économique organisée par les Régions bruxelloise, wallonne et flamande.

Une mission qui, contrairement aux propos de la Secrétaire d’État bruxelloise au Commerce extérieur, Cécile Jodogne, ne pourra pas se targuer de ne faire que du business. C'est ce dont ont témoigné ce matin, les participants de la mission alternative en Palestine partis à la rencontre des organisations progressistes israéliennes et palestiniennes qui luttent contre la politique d'apartheid de l’État israélien.

Omar Barghouti, fondateur du mouvement international Boycott-Désinvestissement-Sanction a ouvert la conférence de presse pour soutenir cette initiative. « Si la colonisation perdure c'est notamment grâce au soutien de l'économie israélienne par les entreprises européennes. Pourtant la colonisation est un processus illégal qui viole le droit international. »

Les entreprises israéliennes qui seront visitées dès demain sont-elles liées à la politique de colonisation ? « Oui » pour Mathilde El Bakri, députée bruxelloise du Parti du Travail de Belgique (PTB) : « les secteurs de la biotechnologie et des TIC sont directement liés dans le processus de colonisation et d'occupation des Territoires palestiniens. Or, ce sont justement ces secteurs qui seront visités par nos entreprises belges. De plus en plus, Israël sous-traite le contrôle de la population palestinienne aux check-points à travers des outils de biotechnologie comme la reconnaissance faciale et digitale. Le secteur des TIC quant à lui est présent dans l'installation de caméras et de drones ».

Marco Abramowicz (Union Progressiste des Juifs de Belgique) témoigne combien l'armée israélienne rend impossible tout développement économique palestinien. « Je pense à cette coopérative de Hahul qui voit régulièrement ses récoltes pourrir à cause des barrages de l'armée israélienne qui peuvent bloquer toute une ville pendant une journée entière. En tant que Juif de Belgique, je suis persuadé que seul un mouvement non-violent qui prône notamment le boycott peut amener une paix juste et durable au Proche-Orient».

Josy Dubié (sénateur honoraire) s'inscrit dans la même voie et conclut : « il est primordial de s'inspirer des exemples de la Rhodésie et de l'Afrique du Sud. Ces pays connaissaient des politiques colonisatrices ou d'apartheid. Grâce aux pressions internationales tant au niveau économique que culturel ou sportif, ces politiques d'apartheids ont pu être renversées ». 

La mission était composée de Rachida Aziz (créatrice de mode et militante Hart Boven Hard), Marco Abramowicz (Union des Progressistes Juifs de Belgique), Mathilde El Bakri (députée bruxelloise PTB), Josy Dubié (sénateur honoraire), Marijke Pinoy (actrice néerlandophone – militante Hart Boven Hard), Robin Bruyère et Iman Ben Madhkour (COMAC – le mouvement de jeunes du PTB).

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