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Travailleurs malades : jusqu’à 200 euros de moins par mois

auteur: 

Alice Bernard

Depuis le 1er avril 2018, et ce n’est pas un poisson, la majorité des travailleurs malades de longue durée qui reprennent le travail en temps partiel médical ont droit à moins d’indemnités de maladie. Ce sont surtout les travailleurs à bas revenu qui vont souffrir de cette nouvelle mesure.

Prétextant que cela incitera les travailleurs malades à reprendre au plus vite leur travail à temps plein, le gouvernement veut calculer le montant de l’indemnité complémentaire de maladie en fonction du nombre d’heures de travail autorisé à temps partiel et plus en fonction du revenu de ce travail.

Prenons l’exemple d’Eliane. Aide-ménagère, elle a été absente de son travail pendant quasiment un an suite à de gros problèmes au dos. Avant sa maladie, elle gagnait 1 500 euros par mois à temps plein. Le médecin vient de l’autoriser à reprendre le travail à mi-temps. Pour compenser la perte salariale, elle aura un complément de 630 euros d’indemnités de maladie par mois. D’après un calcul de la FGTB, si elle avait repris le travail selon l’ancien système, elle aurait perçu 854 euros par mois d’indemnités complémentaires.

La ministre de la Santé Maggie De Block (Open Vld) poursuit ainsi son offensive contre ce groupe déjà très fragilisé : « Dans le passé, beaucoup de gens restaient coincés dans le système de temps partiel médical parce que c’était (financièrement) plus intéressant pour eux. Nous avons voulu y remédier » dit-elle. Au Parlement, elle a expliqué qu’elle voulait « sanctionner les profiteurs ».

Anne Delespaul, doctoresse à la maison médicale Médecine pour le Peuple de Deurne (Anvers), a pas mal de patient-e-s qui travaillent à temps partiel parce qu’un temps plein est trop lourd en raison de leur fragilité physique ou psychique : « Cette nouvelle mesure de Maggie De Block ne va pas les aider, bien au contraire. Leur situation financière sera encore plus difficile. Et l’effet stigmatisant d’une telle politique est énorme. Les patients se sentent frustrés et honteux d’être considérés comme des “profiteurs”. »

Un véritable acharnement

L’acharnement du gouvernement contre les travailleurs malades est de plus en plus fort.

Il met en place un système de réinsertion qui conduit à licencier sans frais 70 % des travailleurs concernés. (Lire ici)

Il diminue de plus de 100 euros les allocations des travailleurs qui essayent de se réinsérer en travaillant à mi-temps.

Il veut sanctionner financièrement les mutuelles si elles n’arrivent pas à remettre au travail des malades de longue durée. Les mutuelles, vouées à la protection du patient, seront ainsi obligées de harceler les travailleurs malades.

Et, enfin, il réduit la pension de ceux qui ont eu un métier pénible jusqu’à en être malade.

Il ne s’agit pas ici de quelques attaques mais bien d’un acharnement contre les plus faibles, les travailleurs malades. Ainsi se précisent progressivement les contours du parcours de vie moderne : on va devoir bosser jusqu'à l'épuisement complet. La sortie vers la prépension pour ceux qui n'en peuvent plus est progressivement fermée. Et le malade n'est plus soigné mais chassé.

Les travailleurs se sont battus pour obtenir un système de sécurité sociale qui garantit un revenu décent au travailleur en cas de chômage, maladie, invalidité, pension... Ce système est financé par les cotisations sociales, qui sont en réalité un salaire indirect qu’on a mis de côté. Et la ministre vient sous-entendre que celles et ceux qui font appel à ces indemnités de sécurité sociale seraient des profiteurs. Alors que c’est leur argent. Manifestement, pour le gouvernement, l’argent destiné aux personnes qui ne sont plus productives du fait de leur maladie est perçu comme de l’argent « gaspillé ». Et il préfère utiliser ce budget pour plaire aux actionnaires au moyen d’un tax shift ou d’une réduction de l’impôt sur les sociétés. Ou pour acheter de nouveaux avions de chasse.

 

Désormais, les malades de longue durée peuvent être licenciés sans frais
Notre pays compte près de 400 000 malades de longue durée, c’est-à-dire près d’une personne sur vingt entre 20 et 64 ans. Leur nombre a doublé ces 15 dernières années. Selon les statistiques de l’Inami, un tiers d’entre eux souffrent de troubles musculo-squelettiques (TMS) comme les maladies des articulations, les douleurs au dos et les tendinites. Un autre tiers est victime de troubles psychiques comme les dépressions et les burn-outs. D’autres maladies graves, comme le cancer, les affections cardiaques ou les séquelles d’accident représentent chacune autour de 6 % de malades. On pourrait donc s’attendre raisonnablement à ce que le gouvernement entreprenne quelque chose contre cette situation. Mais c’est précisément le contraire qui se produit.
Depuis le début de l’an dernier, les malades de longue durée sont soumis à la réintégration sur le marché de l’emploi. Avec quel résultat ? Au cours des 6 premiers mois de 2017, seulement 12 % des 6 600 dossiers de travailleurs malades de longue durée ont abouti à la décision qu’un travail adapté pouvait être recherché au sein de l’entreprise. Dans 65 % des cas, ces travailleurs malades ont été considérés comme définitivement inaptes pour le travail convenu et l’écrasante majorité ont été licenciés pour force majeure médicale. Quand Maggie De Block a été confrontée à ces chiffres, sa réponse a été : « Ce n’est pas un gros problème ; ils peuvent aller travailler ailleurs. » (De Standaard, 6 octobre 2017).

 

Vous êtes concerné et vous avez envie de témoigner ? Faites-le sur www.maladeslongueduree.be

 

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Commentaires

Bonjour , je suis membre du PTB et je sentais que c'était le moment pour soutenir le dernier parti wallon à défendre les droits des moins nantis , invalides , malades , chômeurs ... par ce témoignage je vais essayer d'expliquer au mieux mon parcours de vie , j'ai maintenant 49 ans et suis reconnu personne handicapée par le " SPF direction générale des personnes handicapées avec 9 points qui n'iront pas en descendant je peux le dire chaque joour qui passe est source de mal être et de symptômes apparaissants à une fréquence plus élevée et plus longue , j'étais agent de sécurité , je prestait des journées de 12 heures ( 18h - 06h ou 06h - 18h ) avec 3 jours de travail et deux de récupération , sorti second sur 30 de l'école du feu ( devenu centre européen pour la sécurité ) à Marchienne au pont ( Charleroi ) avec 84% aux examens finaux clos le 26 février 2003 , après trois contrat de travail CDI déjà le premier débutant le 1 mars 2003 ( les chasseurs de têtes arpentes les résultats des examens pour proposer un premier contrat pour les meilleurs de chaque cession ) donc dipmlôme en main et motivation à fond , pensant aider les autres en sécurisant lieux et festivités j'ai vite déchanté par un salaire de 1600 euros brut , net on va dire 1100 quand tout allait bien , en retirant les frais de déplacement de carburant et uniformes ( cautions ) on descend tout de suite vers les 900 euros , oubloins la paye , les horaires impossibles , le remplacement excessif de colégues en burn out ( on se demande bien pourquoi ! ) m'ont conduit après un an du dernier contrat CDI vers la maladie due au stress et à la pression ingérable des cadences demandées , après un an et un jour je suis donc devenu " invalide " sans rien avoir demandé juste une lettre de Solidaris me disant que dorénavant j'étais passé invalide avec des allocations de 1050 euros par mois , et cela pendant près de 5 ans ( septembre 2011 - août 2015 ) et une dernière convocation du médecin conseil que j'ai trouvée changée par son dialogue et ses expressions avec moi , m'a remis sur le marché de l'emploi avec des restrictions comme interdiction de travail à pauses et en équipe , me réinscrivant au Forem et Onem j'ai été déclaré " ne pouvant plus bénéficier de chômage " car n'ayant pas assez d'années de travail j'étais considéré comme " exclus " je suis donc resté chez ma maman de aôut 2015 à son décès en mai 2016 sans toucher la moindre allocation , ni CPAS car la pension de mon papa versé à ma maman chaque mois était de 1380 euros et ça dépassait le barême pour que je touche le RIS du CPAS , ma seconde demande acceptée en juin 2016 pour 900 euros par mois vu ma situation devenue " isolé " sur conseil d'une amie avocate j'ai donc introduit une requête au tribunal du travail via une avocate pro déo à Charleroi , requête perdue car non suffisament documentée en protocoles médicaux , en degré d'appel avec de tout nouveaux protocoles médicaux et ma reconnaissance par la vierge noire le second juge à Mons à demandé l'arbitrage d'un médecin expert aux tribunaux , convocation d'une heure et demie à Léonard De Vinci à Montigny le tilleul qui m'a demandé comment on pouvait m'avoir déclaré apte au travail après 5 ans d'invalidité au vue des rapports médicaux lui étant présentés , il a non seulement reconnu mon handicap mais deux autres maladies sous jacentes pour lesquelles je suis en attende des examens médicaux qui me seront proposé par l'hôpital Vésale et Léonard DeVinci , déontologiquement il ne pouvait me dire qu'il ferait une expertise favorable mais vu les échanges cordiaux et très pertinants il m'a rappelé que le juge suivrait son expertise pour que je touche mes indemnités ( 10 x 1050 euros plus les frais et intérêts légaux demandés par mon avocate en conclusion au tribunal du travail de Mons en degré d'appel pour un montant qui avoisinne les 15000 euros ) je ne demande rien de plus que justice soit rendue et fasse jurisprudence pour d'autres dans mon cas , seul bémol le médecin et le juge ont six mois pour le jugement final ( 5 maintenant ) un jugement qui pourait mètre à mal les décisions de notre chère ministre de la santé qui visiblement continue sa chasse aux moins nantis , je peux dire que la somme qui me sera octroyée ça peut m'aider à me soigner mieux et m'achetter l'indispensable au minimum , mais gagner ce procès et qu'il serve la cause est pour moi plus important pour les camarades invalides , chômeurs , peux instruits à qui ont fait les pires choses derrère eux en fesant passer des lois ignobles , alors même une personne diminuée comme moi peut apporter sa pierre au changement je suis là à 100 % , ceci est mon témoignage que même dans un pays dit civilisé et démocratique comme la Belgique se déguise une république Bananière en nous enlevants acqis par acquis sans faire trop de bruit comme des voleurs qu'ils sont , merci de m'avoir permis de m'exprimer