Françoise De Smedt, à la marche contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre 2017 à Bruxelles. (Photo Solidaire, Karina Brys)

#MeToo : « La liberté sexuelle ne se fera certainement pas grâce au sexisme »

Une centaine de femmes, dont Catherine Deneuve, défendent la « liberté [des hommes] d’importuner [les femmes] », dans  une tribune parue dans le Monde. « Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste », selon elles. Une claque aux femmes qui subissent les violences et le sexisme au quotidien, explique Françoise De Smedt (du PTB Bruxelles) sur Facebook.

« Catherine Deneuve & co trouvent qu’on en fait trop dans la dénonciation de la violence faite aux femmes et plus globalement du sexisme. Elles dénoncent la campagne #MeToo et parlent de campagne de délation, de justice expéditive parce que des hommes ont été sanctionnés dans l’exercice de leur métier pour avoir mis la main sur un genou, tenté de voler un baiser, etc 
Elles parlent aussi d’un retour au puritanisme...

Délation ? Lynchage des hommes ? Ou réel problème ?

Non, mesdames, libérer la parole de milliers de femmes sur ce qu’elles vivent au quotidien ce n’est pas “lyncher les hommes”. Perso, je les considère avant tout comme mes camarades de combat quotidien pour changer la société (enfin ceux qui ont cet intérêt, je doute que les CEO qui viennent de gagner plus en 6 jours que le travailleur moyen en fassent partie ...). Nous avons cet intérêt commun de se battre pour un avenir solidaire, et je les aime avant tout pour ça.

 Le retour en arrière ce sont ces 100 femmes qui le portent, pas celles et ceux qui disent stop aux violences et au sexisme

Mais ça ne m’empêche pas de dire ce qui ne va pas non plus. Il ne s’agit pas de retour au puritanisme. La liberté sexuelle ne se fera certainement pas grâce au sexisme. Mais il s’agit ici de comprendre que se faire mettre la main sur les genoux ou sur les fesses par un inconnu dans un tram ou dans le cadre de son travail, de se faire traiter de pute, de n’avoir constamment des compliments que sur son physique (on a aussi un cerveau au passage), de subir des blagues bien sexistes, et bien tout cela ça participe à maintenir les femmes en retrait de la société. Parce qu’on est pas à son aise dans la rue. Parce qu’on se fait emmerder au boulot, alors que le travail devrait nous donner de la confiance en nous. Parce qu’on est humiliée parfois aussi dans sa propre famille. Ce n’est pas pour rien que généralement les femmes osent moins prendre la parole en public, donner leur opinion, avoir confiance dans leurs capacités à s’engager, etc 
Les femmes ont pourtant un rôle majeur à jouer en s’engageant dans leur syndicat, dans l’association de leur quartier, dans un club de sport, dans l’école de leurs enfants, dans tous les endroits où elles peuvent donner leur opinion, donner de l’énergie pour réaliser leurs aspirations, pour se battre pour plus d’égalité. Nous sommes 51% de la population, donc oui ça compte !

Défense d'un système

Alors oui, il y a des comportements sexistes qui doivent changer, dans l’intérêt de nous toutes et tous, les femmes et les hommes, les 99%.
#MeToo ne va évidement pas tout résoudre, mais cette vague de témoignages a le grand mérite de mettre en lumière un problème profond et de faire réfléchir chacun sur ses comportements. Alors non, Catherine Deneuve and co, il n’est plus question de silence et d’accepter ce qui nous empêche d’aller de l’avant. Le retour en arrière ce sont ces 100 femmes qui le portent, pas celles et ceux qui disent stop aux violences et au sexisme...
La défense d’un système qui empêche les femmes de s’émanciper et participer à changer la société ce sont ces 100 femmes qui la porte pas celles et ceux qui disent stop aux violences et au sexisme... »

 

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Commentaires

100% d'accord avec ce groupe de 100 femmes intelligentes, bravo ! Les hommes sont discriminés et tout le système est contre eux ; il serait temps d'ouvrir les yeux ! Désolé si le PTB ne se rend compte de rien !
Voilà un commentaire d'une profondeur insondable...
Nous fêterons cette année le cinquantième anniversaire du mouvement politique, social et culturel de mai 68. Je fais partie de cette génération. Petite piqûre de rappel historique. En 1967, au sein de l'université de Nanterre, laquelle se soulèvera sur bien d'autres sujets un an plus tard, un mouvement de protestation se déclenche entre les force de police et les étudiants sur la libre circulation dans la résidence universitaire des filles qui était interdite aux garçons. Le 16 mars 1967, 500 résidents exigent l'abolition du règlement intérieur de l'établissement lequel considérait les étudiantes, même majeures (!) comme mineures. En mai 1968, outre le soulèvement politique général, tant estudiantin qu'ouvrier dans de nombreux pays du monde, s'en est suivi une libération de la parole, des corps, l'émancipation des femmes, l'abolition de la ségrégation raciale, l'opposition à la guerre du Vietnam, la dénonciation des dictatures sud-américaines, le refus de la Grèce des Colonels et de l'Espagne franquiste. Des sujets porteurs d'une véritable évolution des consciences, une révolution des mœurs qui perdureront les décennies suivantes. Aujourd'hui, en lisant ces articles sur ces aspirations "nouvelles" (??) des femmes et des hommes, sur leur liberté sexuelle respective, leurs souhaits et leurs réprobations, j'en reste affligé. Toute cela pour ça. La tête a repris le dessus au détriment du cœur ! "Faites l'amour, pas la guerre", "Il est interdit d'interdire", Vivre sans temps mort et jouir sans entraves" : aux oubliettes ! Deux camps face à face, la lutte des castes au niveau sexuel. Vous écrivez : "Perso, je les (les hommes) considère comme des camarades de combat quotidien pour changer la société". Quelle navrante idée de l'amour. Lorsque deux personnes s'aiment et s'endorment le soir dans un même lit, ni l'un, ni l'autre ne se considère comme des camarades de combat, avec chacun, un couteau entre les dentes pour changer le monde. Quand bien même ce serait le cas, ils font chambre à part.. Par ailleurs, dans un combat, il faut des combattants et je n'ai jamais compris pour quelle raison ce dernier mot s'écrivait avec un "M". Vous décrivez des faits, et bien d'autres articles en font de même, sur le comportement inacceptables des hommes à l'égard des femmes. Mais ces faits sont des actes de violence au sens strict, des atteintes à l'intégrité des personnes. Ces comportements sont inadmissibles et peu importe le domaine où ils sont perpétrés. Ce qui apparaît dans ces faits, ce n'est pas particulièrement des atteintes à la liberté sexuelle, le recours au sexisme, c'est l'éloge de la bêtise humaine. Et sur ce point, et vous en conviendrez, nous sommes, hommes et femmes, parfaitement à égalité. Pour la plupart, nous sommes d'accord sur une meilleure parité des hommes et des femmes dans nos diverses activités professionnelles, sociales et autres. Bien sur, nous ne pouvons admettre que le revenu des femmes soit inférieur à leur homologue masculin, que des activités leur soient plus difficiles d'accès à cause de préjugés, qu'elles fassent l'objet de plaisanteries de corps de garde, qu'elles soient victimes de comportements incongrus et j'en oublie. Mais il est tout aussi blâmable que des pans entiers des activités professionnelles et sociales soient devenus l'exclusivité des femmes. Et là, nous faisons le chemin à l'envers. Prenons l'exemple d'un garçon dès sa naissance. Dans un premier temps, il est mis en présence de sa mère et c'est tout à fait normal et naturel. Ensuite, peut-être, il ira à la crèche avec un personnel majoritairement féminin. Il sera amené dans ses études primaires et secondaires à rencontrer des enseignantes en grand nombre. S'il est malade, le personnel soignant est lui aussi essentiellement féminin comme la psychologue. Bref, jusqu'à ses 18 ans, une des rares références masculines aura été son père alors que nous reconnaissons qu'un garçon ou une fille ne s'élève pas de la même manière. Pourquoi l'échec scolaire est-il plus important chez les garçons ? Pourquoi les détenus sont-ils plus importants chez les hommes que chez les femmes ? Pourquoi les juges des tribunaux de la Famille, où pourtant les rivalités hommes/femmes sont particulièrement à fleur de peau, sont essentiellement des femmes ? Les assistantes sociales à profusion dans les services sociaux de proximité ? Pourquoi la plupart des mères refus encore et toujours que leur fils porte un vêtement rose ? Tout se déroule actuellement comme si la mixité dans nos sociétés, facteur de réussite pour les filles par rapport aux époques passées, élément d'harmonisation entre les deux sexes, devenait préjudiciable aux garçons, et à contrario, contribuent davantage aux tensions entre les deux. Notre société doit être un lieu, ni féminin, ni masculin, mais un lieu neutre où les filles et les garçons réussissent et vivent aussi bien. Et enfin, et pas des moindres, les jeux de l'amour et de la séduction ne sont-ils pas des moments magiques et inoubliables pour les femmes et les hommes que nous sommes. Bien cordialement.
En agissant de la sorte, les féministes permettent des règlement de compte à tous les étages. Catherine Deneuve n'a certainement pas voulu acquiécer aux violences et au sexisme mais remttre certaines choses en place et surtout mettre un frein à toute délation.
On se calme! Venir lyncher Catherine Deneuve qui replace juste les choses en perspective en signant cette tribune, c’est un mauvais procès. Dire qu’elle est contre les femmes et rétrogade, c’est vraiment mal la connaître. Il y a des manières beaucoup plus intelligentes de lutter contre le viol et les mauvais comportements de certains hommes. Certainement pas en alimentant les divions entre femmes elles-mêmes.
Certaines personnes n'ont pas l'air de comprendre qu'on en arrive à ce genre "d'extrémité" précisément parce qu'il généralement impossible pour les femmes agressées d'obtenir justice. D'une certaine manière, c'est comme les critiques vis-à-vis des grèves, quand il y a des "débordements" ou autres inconvénients. Bref avant de s'indigner des éventuels excès, on ferait bien de s'occuper du sexisme qui n'est visiblement pas près de disparaître (comme la violence faite aux salariés et autres "sans dents"). Pour ma part, je me fiche bien des "stars" comme Deneuve, mais la signature de Anne Morelli qui me désole.
Bien des hommes ont dû se frotter les mains de satisfaction en lisant la tribune de ces vieilles bourgeoises, vieilles bourgeoises déconnectées de la réalité, comme l'ont si bien qualifiées deux auteurs de l'Humanité. C'est pourquoi je vous remercie, Françoise, pour cet article qui rappelle que la violence sur les femmes et la domination des hommes sont bien réelles ! Pour ma part, j'ai eu ma dose de ces sales exhibitionnistes qui nous suivaient régulièrement pendant nos activités de jeunes guides (il ne fallait pas faire attention, ils n'étaient pas vraiment dangereux, jusqu'au jour où l'un d'entre eux est passé à l'action !), des quolibets et grossièretés du public et des comités à mon arrivée sur les terrains de basket pour arbitrer, des conducteurs de voiture qui me traitaient de pute quand je circulais à vélo dans Bruxelles, de ces voyeurs dont il fallait se méfier, des insinuations de mes patrons sur mon manque de douceur, et j'en passe. Jamais je donnerai le droit de m'importuner !
Bien des hommes ont dû se frotter les mains de satisfaction en lisant la tribune de ces vieilles bourgeoises, vieilles bourgeoises déconnectées de la réalité, comme l'ont si bien qualifiées deux auteurs de l'Humanité. C'est pourquoi je vous remercie, Françoise, pour cet article qui rappelle que la violence sur les femmes et la domination des hommes sont bien réelles ! Pour ma part, j'ai eu ma dose de ces sales exhibitionnistes qui nous suivaient régulièrement pendant nos activités de jeunes guides (il ne fallait pas faire attention, ils n'étaient pas vraiment dangereux, jusqu'au jour où l'un d'entre eux est passé à l'action !), des quolibets et grossièretés du public et des comités à mon arrivée sur les terrains de basket pour arbitrer, des conducteurs de voiture qui me traitaient de pute quand je circulais à vélo dans Bruxelles, de ces voyeurs dont il fallait se méfier, des insinuations de mes patrons sur mon manque de douceur, et j'en passe. Jamais je donnerai le droit de m'importuner !