Photo Solidaire, Salim Hellalet

Mesures post-Publifin : ce n’est pas une tornade, c’est une brise

« Le gouvernement vient de prendre certaines mesures de bon sens en matière d’éthique, mais les changements apportés restent légers », estime Germain Mugemangango, porte-parole francophone du PTB.

Au rayon des avancées, la première consiste à publier chaque année le cadastre des mandats et des rémunérations – liées à ces mandats – de chaque élu. La deuxième est de diminuer les montants des rémunérations pour les patrons des sociétés publiques comme Nethys. Dorénavant, un dirigeant d’une société privée financée avec de l’argent public ne pourra pas gagner plus de 302 000 euros bruts par an. La troisième avancée consiste à augmenter la transparence de gestion au sein des intercommunales et un contrôle citoyen accru sur les intercommunales. « Ces décisions vont dans le bon sens », estime Germain Mugemangango.

Mais le PTB s’interroge aussi quant à l’application des mesures prises. « Par le passé, plusieurs mesures éthiques décidées par les précédents gouvernements n’ont pas été appliquées et il est légitime de s’interroger sur la volonté avec laquelle le gouvernement va aujourd’hui mettre en pratique ces mesures », fait remarquer Germain Mugemangango.

Et surtout, le PTB estime que le gouvernement n’a pas saisi l’ampleur des mesures à prendre en matière d’éthique. « Si certaines mesures vont dans le bon sens, elles sont trop peu nombreuses et pas assez profondes », estime le porte-parole francophone du PTB.

« Tout d’abord, le gouvernement wallon n’exige aucune mesure de remboursement vis-à-vis des mandataires publics impliqués dans le scandale Publifin », explique Germain Mugemangango. Et ce dernier de rajouter : « Il me paraît évident que les mandataires impliqués doivent immédiatement rendre l’argent perçu de manière illégale. C’est de l’argent public qui a servi à les enrichir au lieu d’aider les citoyens. Il doit être rendu. »

« Nous déplorons aussi profondément que le gouvernement ne profite pas de la situation pour imposer un cadastre du patrimoine qui permettrait à chaque citoyen de connaître l’état de la fortune des mandataires », fait remarquer Germain Mugemangango.

« De la même manière, la question fondamentale de la privatisation des intercommunales n’est pas abordée, déplore le porte-parole. « Le gouvernement ne prend malheureusement aucune mesure pour redonner un statut public à Nethys et aux sociétés de distribution d’électricité pour garantir que cette fonction stratégique des sociétés qui s’occupent de ce travail soit sous contrôle public ».

Enfin, pour Germain Mugemangango, « il est vraiment nécessaire d’aller bien plus loin dans la réflexion à propos des rémunérations des mandataires. La motivation d’un mandataire doit être de servir le citoyen et non pas de s’enrichir. Pour nous, les rémunérations des parlementaires doivent, dorénavant, se limiter à deux fois le salaire médian belge. Les ministres et les mandataires politiques exerçant plusieurs mandats ne devraient en aucun cas dépasser le plafond de trois fois le revenu médian, soit mensuellement 9 000 euros brut. »

Pour le parti de gauche, ces limitations des rémunérations doivent prendre en compte aussi bien les rémunérations liées aux mandats publics qu’aux mandats privés. « Or, dans les propositions du gouvernement wallon, on évoque uniquement les mandats publics », regrette Germain Mugemangango.

Et Germain Mugemangango de conclure : « On nous annonce une tornade éthique mais cela ressemble plus à une brise. Le gouvernement aurait pu souffler beaucoup plus fort. »

 

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