La nouvelle équipe dirigeante de Médecine pour le Peuple (Janneke Ronse, présidente, Anne Delespaul, porte-parole néerlandophone et Sofie Merckx, porte-parole francophone). (Photo Solidaire, Salim Hellalet)

Médecine pour le Peuple refuse de collaborer à l’audit de Maggie De Block

Les 11 maisons médicales de Médecine pour le Peuple (MPLP) refusent de collaborer à l’audit commandé par la ministre Maggie De Block sur les maisons médicales. « Nous ne collaborons pas à ce qui se résume à un exercice d’austérité arbitraire », s’indigne Sofie Merckx, porte-parole de Médecine pour le Peuple.

(Retrouvez toutes les infos sur la campagne « Sauvons nos maisons médicales » ici)

En 2016-2017, Maggie De Block a déjà économisé 4,5 % sur le budget des maisons médicales et une économie supplémentaire de 3 % a été annoncée. « Médecine pour le Peuple voit d’un très mauvais œil de nouvelles économies, explique Sofie Merckx. Nous sommes partisans d’investissements supplémentaires dans la médecine au forfait, qui aujourd’hui offre des soins de première ligne à 350 000 patients répartis sur 165 centres. Les soins de santé accessibles et de qualité, sans obstacle financier, doivent être encouragés, et non freinés. Manifestement, Maggie De Block a oublié qu’aujourd’hui, 900 000 Belges reportent une visite chez le médecin en raison de problèmes financiers. »

D’après Médecine pour le Peuple, l’audit est tout sauf objectif. Sofie Merckx : « Nous n’avons pas apprécié que Maggie De Block ait loué les services de l’entreprise de consultance KPMG pour son audit. KPMG fait ouvertement du lobbying en faveur de la privatisation des soins de santé et, en Grande-Bretagne, il est impliqué dans la privatisation du National Health Service. Le résultat de l’audit est connu à l’avance : de nouvelles mesures d’austérité. Cela pourrait impliquer la fermeture des petites maisons médicales, des licenciements de personnel, moins d’investissements dans la prévention et les soins psychosociaux aux patients… »

Depuis plus de 45 ans, Médecine pour le Peuple assure une médecine accessible et de qualité, explique le Dr Sofie Merckx. « Nous sommes fiers que nos patients aient des soins de santé multidisciplinaires auprès de généralistes, infirmières, psychologues, et kinés. En outre, nous œuvrons tous les jours avec nos patients à de meilleures conditions de vie et de travail et nous stimulons leur empowerment. »

« Nous ne sommes pas opposés à un audit sur la médecine générale, insiste Sofie Merckx. Mais, dans ce cas, c’est tout le secteur qui doit être examiné. Nous désirons collaborer à une comparaison objective entre la médecine au forfait des maisons médicales, d’une part, et la médecine à la prestation, d’autre part. Le centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) a déjà mené une étude similaire en 2008. Une mise à jour de cette étude serait particulièrement intéressante.

Pour nous, la condition est toutefois que l’audit soit effectué par une instance indépendante comme le KCE et non par une entreprise privée partiale comme KPMG, connue pour son travail de lobbying en faveur de la privatisation des soins de santé. Nous voulons aussi que l’audit se déroule de façon démocratique, avec participation des fédérations et organisations de patients concernés, et qu’on ne regarde pas uniquement du côté des coûts essentiellement financiers, mais aussi des indicateurs qui influencent les soins de santé, comme l’accessibilité, la qualité des soins, l’attitude de prescription, le renvoi à des spécialistes, la prévention, le travail multidisciplinaire, etc. Un audit ne peut être un alibi à un exercice antisocial vers plus de restrictions encore. »

Médecine pour le Peuple lance également un plan d’action et de sensibilisation auprès des patients et du grand public contre les plans de la ministre De Block. Le 9 novembre, nous organiserons une action devant le cabinet de Maggie De Block.

 

Ajouter un commentaire

By submitting this form, you accept the Mollom privacy policy.