Photo Epictura

Maggie De Block, aussi dure pour les patients que complaisante pour le pharma-business

Jamais un ministre de la Santé publique n’a eu autant d’opposants que le Dr Maggie De Block. Son nouveau fait d’armes : une réduction drastique du personnel dans la pédopsychiatrie et une réforme du secteur hospitalier. Les auteurs de cet article, Janneke Ronse de Médecine pour le Peuple et Kim Verberck du PTB Soins et Bien-être, ont participé aux actions de protestation et défendent une alternative sociale pour le secteur des soins de santé.

En mars 2017, le mouvement de la  « Colère blanche » faisait descendre 20 000 personnes dans les rues de Bruxelles. Personnel infirmier, aidants-proches, patients, personnes handicapées … tous demandaient plus de personnel et moins de pression de travail. « L’eau ne nous arrive plus au cou, mais jusqu’aux lèvres », « Nous ne pouvons plus donner à nos patients des soins de qualité », ... dénonçaient-ils. Les maisons médicales de quartier ont elles aussi manifesté contre les économies effectuées dans la médecine au forfait. Un peu plus tard, des centaines de patients se sont rendus en car aux Pays-Bas pour y acheter des médicaments (bien meilleur marché) et exiger que la Belgique applique elle aussi le modèle Kiwi pour faire baisser le prix des médicaments. Peu après, les kinésithérapeutes sont sortis de la convention pour protester contre leur maigre rétribution. Les pharmaciens ont affiché des tracts de protestation et les psychologues et psychothérapeutes ont dénoncé la nouvelle loi sur la psychothérapie. Le mouvement de colère est plus large que jamais.

Pourtant, beaucoup pensaient qu’avoir un médecin comme ministre de la Santé publique serait idéal. Mais il s’est vite avéré que le Dr De Block applique une dure politique d’austérité néolibérale au lieu d’investir dans des soins de qualité. Maggie De Block travaille très dur : c’est ce que celle-ci expliquait au journal De Morgen du 20 mai 2017. Mais à quoi travaille-t-elle, et pour qui ?

Le tout nouveau cheval de parade de Maggie De Block est une réforme du secteur hospitalier. En constituant des réseaux entre les hôpitaux, elle affirme ainsi lutter contre le gaspillage. La ministre soutient qu’elle ne veut pas économiser sur le personnel mais, la semaine dernière, on a apprenait que la moitié du personnel de l’accueil de jour allait être supprimé dans le secteur de la pédopsychiatrie. Une mesure que des experts estiment insensée, et qui est très critiquée dans le secteur, comme le montrent les nombreuses réactions indignées sur les réseaux sociaux. La ministre a d’ailleurs fait publier sa mesure dans Le Moniteur belge sans aucune concertation avec le secteur.

Maggie De Block répète qu’elle n’a pas d’argent pour investir dans ce secteur. Or c’est pourtant tout à fait indispensable. En Belgique, une personne sur trois souffre au cours de sa vie de problèmes psychologiques, ce que la ministre a confirmé elle-même dans l’interview du 20 mai au Morgen. Et une personne sur cinq prend des antidépresseurs au cours de sa vie. La Belgique détient également un record dans le nombre de suicides. Comment se fait-il que tant de personnes soient exclues et souffrent dans notre société ? Une ministre de la Santé publique pourrait ou devrait se poser ce genre de question et avancer des solutions plutôt que d’économiser sur l’accompagnement des enfants et des jeunes qui souffrent des problèmes psychiques, les plus vulnérables de notre société.

Dure pour les patients, conciliante pour le pharma-business

La ministre est aussi dure pour ces jeunes patients qu’elle est conciliante envers l’industrie pharmaceutique et sa soif de profit. Et elle ne veut donc pas entendre parler du modèle Kiwi. Or, si elle appliquait celui-ci rien que sur l’antidépresseur Sipralexa qui est très utilisé, notre assurance-maladie pourrait économiser 21 millions d’euros par an. Soit deux fois plus que ce que Maggie De Block veut économiser sur le personnel de la pédopsychiatrie. Elle pourrait aussi préconiser comme premier choix dans les antipsychotiques non pas le coûteux Paliperidon mais un équivalent meilleur marché, le Risperdon (tous deux de Janssen-Cilag), ce qui ferait économiser 20 millions d’euros. Avec ces montants, la ministre pourrait par exemple investir dans l’accompagnement des patients psychiatriques, ce qui pourrait faire quelque peu baisser le taux de médication.

Réforme des hôpitaux : encore plus de pression

La Belgique compte 91 hôpitaux généraux, qui réalisent ensemble un chiffre d’affaires de 14 milliards d’euros. Un réel problème est que ces hôpitaux sont sous-financés. Il ressort des derniers chiffres de Belfius qu’en 2015, un hôpital sur trois était financièrement dans le rouge. Ils ont moins de 1% d’excédent, ils doivent de plus en plus emprunter sur le marché privé et ont des difficultés à rembourser ces emprunts. Avec la 6e réforme de l’État, le budget pour l’infrastructure est allé aux Régions, mais il a diminué alors qu’il était déjà bien insuffisant pour un secteur continuellement en évolution. Et, en 2016, les hôpitaux ont dû économiser 100 millions d’euros pour ramener ce budget à l’équilibre.

Maggie De Block veut faire collaborer les hôpitaux dans le cadre de 25 grands réseaux. Elle veut ainsi réduire le nombre de lits d’hôpitaux et améliorer l’efficacité. D’après une récente étude du Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE), d’ici 2025, nous aurons 20% de lits en moins. Pourtant, le vieillissement de la population va faire augmenter le nombre d’hospitalisations de 12%. Nous allons aussi vers des hospitalisations plus courtes et vers une augmentation des hospitalisations de jour. Cela entraîne une augmentation énorme de la pression de travail pour tout le personnel hospitalier, qu’il soit soignant ou administratif. C’est pourquoi le KCE a publié cette recommandation : « Les bénéfices produits par l'amélioration de l'efficacité peuvent être (en grande partie) investis pour remédier à des problèmes depuis longtemps persistants comme le sous-financement et les normes de personnel relativement basses. Si on ne fait pas cela, ces problèmes vont encore s'amplifier. Les analyses de tendance montrent en effet que, comme la durée des hospitalisations va encore se réduire, les soins infirmiers demanderont un travail plus intensif. »

Fusion à Anvers : 40 emplois disparaissent dans un seul hôpital

Une infirmière en chef d'un service pédiatrie explique : « Les hospitalisations de jour sont meilleures pour les enfants, mais nous devons bien sûr inscrire chaque enfant et donner des soins bien plus intensifs. Et, pour les hospitalisations de jour, l’équipe d’entretien doit parfois nettoyer entièrement les chambres plusieurs fois par jour. Les actuelles normes de personnel ne sont pas adaptées à cela. Parfois, nous avons trois fois plus d’enfants qu’il n’y a de lits. »

À Anvers, une fusion est préparée entre le ZNA et le GZA. Des articles parus dans la presse précisent que, rien que dans un seul hôpital, 40 jobs vont être supprimés. Cela signifie encore moins de personnel pour s’occuper des patients. Est-ce cela dont nous avons besoin ? Selon une étude parue dans la réputée revue médicale The Lancet, le nombre de patients par infirmier.ère dans les hôpitaux belges est élevé : en moyenne 10,8 patients par infirmier.ère par 24 heures, par rapport à une moyenne européenne de 8,3. Il est prouvé que moins de personnel entraîne davantage de complications et plus de décès. Une autre conséquence est que de plus en plus de membres du personnel ne supportent plus la pression du travail et tombent en maladie de longue durée. Les normes de personnel doivent donc d’urgence augmenter de 30%, déjà rien que pour arriver à la moyenne européenne. 

Comme le budget pour tous les hôpitaux est scellé, chaque hôpital est sous pression pour augmenter le nombre de prestations. Car l'hôpital qui a le plus d'hospitalisations et effectue le plus d'examens obtient la plus grosse part du gâteau. En soi, la collaboration est bien sûr positive, mais elle ne va pas résoudre le problème du trop grand nombre de prestations et d'examens. Les hôpitaux continuent à se concurrencer pour une plus grande part du gâteau. La seule manière de résoudre cette question, c'est de découpler les prestations de l'aspect financier.

Tout commence par l’analyse des besoins, pas par une logique d’économies

Une grande question est de déterminer la taille que devrait avoir ce gâteau pour les hôpitaux. Pour cela, une analyse scientifique des besoins est nécessaire, et on ne peut certainement pas  partir d’une logique dure d’économies. Or cette logique est justement l’alpha et l’oméga des réformes de Maggie De Block : elle cherche uniquement à faire le plus possible d’économies. Nulle part dans son discours il n’y a d’analyse des besoins afin d’identifier ce qui est nécessaire pour que la population ait la meilleure santé possible : combien de personnel, combien de lits, quels services à domicile. Ni de combien d’argent il faut à cet effet. Pour ce gouvernement, la sécurité sociale et nos soins de santé sont un ennuyeux poste de dépenses dans lequel on peut tailler pour obtenir l’équilibre budgétaire. Il s’agit toutefois de la santé des gens, ce qui, pour la plupart d’entre nous, est notre bien le plus précieux. Un bien le plus précieux que nous devrions payer en réduisant les profits des grandes entreprises pharmaceutiques. Mais à celles-ci, la ministre refuse de toucher. Combien de temps pourra-t-elle encore persister dans cette voie et continuer à ignorer le large mouvement de protestation ?

Étiquettes

Ajouter un commentaire

By submitting this form, you accept the Mollom privacy policy.

Commentaires

Bonsoir, j'ai pu constater l'état catastrophique des centres hospitaliers du Centre. Il y a un manque évident de personnels soignants, en effet malgré leur dévouement qu'elles apportent aux patients et c' est loin dêtre facile, on s'aperçoient qu'elles se trouvent dans l' impossibilité de faire leur métier convenablement, retard dans la distribution des repas, des médicaments, des soins à dispenser aux malades et j'en passe. Au niveau du corps médical, il y a un manque flagrant de médecins aussi, j'ai remarqué que les demandes de rendez vous sont de plus en plus longues et aussi que les consultations sont elles de plus en plus courtes. Voila j'en termine ici Madame De Block vous et vos assistants, avec peut être les directeurs de ces milieux hospitaliers vous êtes responsables de cet état de faît.
Il lui reste une année pour endeuiller pour longtemps la recherche scientifique et le corps médical. Cette femme n'a pas d'âme. Seule compte pour elle sa collaboration inaliénable aux membres les plus extrémistes de son gouvernement. Assurer son pouvoir et favoriser les desiderata des industries pharmaceutiques qui sont sous sa protection. Les enfants et les personnes qui souffrent de troubles psychologiques ou qui ont besoin d'un accompagnement lors d'une hospitalisation sont des "fous", tout simplement à exclure. Ce gouvernement met les gens en danger. Comme le disait Raoul Hedebouw : "leur politique rend les gens malades" ! Récemment, ayant dû avoir recours à un second traitement antibiotique pour éradiquer des bactéries appelées Hélicobactère-Pilori, j'ai la désagréable surprise de devoir débourser 76 €, non remboursés. Je me retrouvée avec un énorme trou dans mon budget de ce mois-ci, et j'ai immédiatement pensé à ceux qui ne sont pas en mesure d'assumer un tel traitement et je me suis demandé ce qu'un médecin consciencieux pouvait trouver à dire dans un tel cas de figure. Cela dépasse tout ce que l'on peut imaginer la méchanceté et l'incompétence de cette femme aveuglée par le pouvoir dont elle dispose (provisoirement !) et la soif du profit.
Pas d'accord avec sa politique en santé mentale. Onkelinx a mieux réussi qu'elle dans ce domaine
Tellement peu de personnes gagnent son salaire! Lorsqu un enfant souffre d'un problème psychiatrique c'est déjà si difficile à assumer en tant que parent d'autant plus que la psychiatrie en est à ses balbutiements quand aux diagnostics et aux traitements Pourquoi des parents d'enfants malades doivent ils être pénalisés. Sont ils coupables ou l'ont ils fait exprès ou aiment ils leur situation? Ne croyez vous pas madame Deblock que ces parents aimeraient beaucoup mieux pouvoir vivre une vie comme tout un chacun et ne pas devoir recevoir d'aide ? Un enfant en temps normal représente un certain coût et un enfant malade comme tout autre enfant a le droit de recevoir des soins appropriés pour son bien être et ce n'est pas parce qu'il est "fou" qu'il vaut moins qu'un autre! Cela me fait penser à un certain HITLER! Pourquoi ne pas les gazer? Ils coûteraient moins cher! Honte sur vous et votre politique. Facile de s'en prendre aux plus faibles! Eux,ils ne risquent pas de manifester dans la rue! Surtout pendant les vacances. Avec tout ce qui se passe dans notre pays actuellement j'en ai la nausée. Chacun pour soi et pour son petit confort. N'êtes vous pas élue par le peuple pour le représenter et lui apporter votre aide et votre soutien? Est ce comme cela que vous remerciez vos électeurs ? N'y a t il que l'argent qui fait fonctionner ce monde? N'y a t il pas d'alternative ? Comment encore croire que vous recherchez uniquement le bien être des patients. Permettez moi d'en douter. A quand une politique nouvelle avec de nouvelles idées ? Je suis certaine que des alternatives ,il y en a. Mais pour les trouver il faut chercher et ne pas forcément favoriser le profit!!!! Et OSER autre chose. Dormez vous bien la nuit en pensant aux milliers de personnes que vous faites souffrir au lieu de leur permettre de se soigner ? Je vous souhaite que non!
Et voilà, celle que tout le monde adorait, une fois au pouvoir, a montré et montre son vrai visage. Moi, c'est l'inverse, je n'avais pas confiance, un ministre trop gentil? Je n'y crois pas!! Et elle ferait bien de montrer l'exemple et de maigrir d'au moins 40 kg. Une ministre de la santé obèse, ça ne le fait pas, comme un médecin qui fume d'ailleurs.
Non mes vous voulez remplacer le zeplion par le risperdal bande de degenerer laisser les bien tranquil avec leur zeplion trouver plutot un medoc qui te met pas dans un etat de zombification avancée leur daub sans nom ca crierais a l'appel au risperdal et avec le zéplion les patients peuvent passer l'été au soleil avec le risperdal pas sans parler de l'effet du truc en question... ptdr et 500euro la piqure de zeplion c'est ca le vrai scandale mais le risperdal c'est vraiment vraiment pas la solution....... c très très très fort et le zéplion c'est deja très fort un peu de respect svp les gens souffrent avec ces daub dans le sang 2mois de manque pour 2ans de piqure...yehaaaaa