Photo Solidaire, Geertje Franssen

Les travailleurs de Volvo rejettent la flexibilité à outrance

Les travailleurs de Volvo Trucks à Gand poursuivent leur grève. Une proposition de la direction a été rejetée par 85 % du personnel, qui doit travailler de plus en plus et avec une flexibilité sans cesse accrue, et est même obligé de mener des actions pour qu’on remplace le matériel vétuste…

« Dans le temps, en trois pauses, celle de nuit y compris, nous produisions 200 camions par jour. Aujourd’hui, nous en sommes à 210 avec deux pauses », nous confie un ouvrier au piquet de grève. Prendre des congés est un problème, car le personnel est en sous-effectif. Puis il y a encore le matériel obsolète qui n’est pas remplacé. « Ici, ils économisent même sur les gants. Nous devons mener des actions pour remplacer les élévateurs. Est-ce normal dans une usine ? »

Le lundi 13 mars dernier, le préavis de grève du front commun syndical chez le constructeur de camions Volvo Group à Gand (connu également sous l’appellation Volvo Trucks) expirait. Le lendemain, les travailleurs se sont mis en grève. 

Où est la part des travailleurs ?

Volvo Trucks fait beaucoup de profit. Pour 2015, le groupe a pu présenter des bénéfices de plus de 83 millions d’euros. Après déduction des impôts – à un tarif de faveur – il restait encore 77 millions. Ces chiffres sont le résultat du travail des employés.

63 de ces 77 millions ont disparu dans les poches des actionnaires. L’année précédente, 13 millions. Mais ce n’est manifestement pas assez. Les ouvriers doivent travailler de plus en plus dur et la flexibilité ne cesse de croître. Qu’il faille déjà des actions pour remplacer le matériel obsolète est incompréhensible. Il y a manifestement assez d’argent pour des embauches et des investissements supplémentaires, mais Volvo préfère engraisser ses actionnaires plutôt que d’investir.

« On nous presse, ici ! » 

Le 28 février, il y a eu des interruptions de travail spontanées. La direction a réagi avec arrogance et a sorti des menaces de licenciement. Mais, vu la pression, elle a également dû faire quelques propositions. Les syndicats de Volvo Trucks les ont présentées aux travailleurs. Jeudi 9 mars, ils ont rejeté cette première proposition à 84 %. 

La colère est profonde. Et pas seulement à Volvo Trucks. Récemment, le gouvernement Michel a fait voter la Loi Peeters. Celle-ci impose encore plus de flexibilité aux ouvriers et employés de ce pays. Avec cette loi, les patrons pourront négocier 100 nouvelles heures supplémentaires par an avec chacun de leurs travailleurs. Cela signifie deux heures de travail en plus par semaine, donc la fin de la semaine de 38 heures. Cent heures, ce sont 12 journées de travail supplémentaires par an pour ceux qui continuent à prester dans le système des 38 heures par semaine. De ce fait, les patrons embaucheront moins de gens quand il y aura plus de travail. Ces 100 nouvelles heures supplémentaires ne sont reprises dans aucune Convention collective de travail (CCT) existante, elles seront appliquées individuellement, sans justification, sans contrôle des syndicats et sans qu’on puisse demander du temps de récupération. Les actions comme celle de Volvo Trucks montrent néanmoins que les travailleurs n’en peuvent plus. « On nous presse, ici », entend-on dire au piquet.

Rejet de la Loi Peeters

Après la première journée de grève de ce mardi 14 mars, la direction a émis une proposition. Les travailleurs l’ont rejetée à 85 %, soit un peu plus encore que pour la première. Travailleurs et syndicats envoient ici un signal clair : la direction doit venir avec des meilleures propositions.

La flexibilité imposée par les patrons se fait au détriment de la santé, de la vie privée et des emplois des travailleurs. Au lieu d’embaucher de la main-d’œuvre, la direction va obliger son personnel à faire des heures supplémentaires au moment où il y aura plus de pression. Aujourd’hui déjà, les travailleurs de Volvo Trucks sont à bout. Leur action est un acte concret de résistance contre la Loi Peeters.

 

Article publié dans le mensuel Solidaire d’avril 2017Abonnement.

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Commentaires

si les syndicats aurait pas laisser passer et aurait dit mon on en veut pas de cette loi, sa n aurait pas arriver et voila comment on se fait mettre le couteaux dans le dos et bien profond , il bien longtemps que se gouvernement aurait du sauter , mais mon on laisse faire et voila se qui se passe , je suis d accord avec ouvrier de volvo faut se battre et faire sauter cette loi de merde