Les salaires sous la loupe :: À propos du saut d’index, du gel des salaires et des autres obsessions des patrons

Le gouvernement prévoit une attaque sur plusieurs fronts contre les salaires. Si ces mesures passent, ce sont plusieurs centaines d'euros que perdront les travailleurs de ce pays. Le gouvernement dit que c'est indispensable pour relancer l'économie car "le coût salarial est trop élevé". Qu'en est-il et est-ce bien vrai? Le service d'études du PTB analyse les mesures de l'accord gouvernemental et répond aux arguments pro-patronaux du gouvernement Michel-DeWever. 

Il est bien question dans ce document de salaire dans le sens de rémunération (directe ou différée1) du travail fourni par les salariés. Et pas de pouvoir d'achat. Même si les deux sont inévitablement liés et que le document fera en plusieurs endroits le pont entre les deux. Cependant, les mesures qui concernent le pouvoir d'achat sont bien plus vastes. Elles englobent le salaire, la fiscalité, l'augmentation du prix des biens2 et des services3, etc. 

Nous avons répertorié 5 attaques qui toucheront les salaires :

  • Le saut d’index,
  • Le blocage salarial via la modification de « la loi de 1996 »,
  • La modification du système des augmentations barémiques,
  • La diminution des cotisations sociales
  • L’élargissement des possibilités d'heures supplémentaires via l'annualisation du temps de travail.

Ces 5 fronts constituent les mesures directes contre les salaires. Il existe toute une série d'attaques indirectes contre les salaires qui sont liées à la chasse aux chômeurs, la précarisation de l'emploi ou à l'allongement des carrières. Toutes ces mesures visent à maintenir une « armée de réserve » de chômeurs très active pour continuer à exercer une pression vers le bas sur les salaires. Ces attaques indirectes sont abordées dans d'autres documents du service d'études du PTB.

Le gouvernement Michel De Wever ne s'en cache pas, toutes ces mesures visent à baisser le coût salarial. L'objectif serait de rendre notre économie à nouveau compétitive et donc permettre - « peut-être, mais on ne peut pas le garantir »4 - de créer de l’emploi. Tel est le fond du discours des organisations patronales et du gouvernement : baisser nos salaires en nous promettant que cela améliorera notre situation économique, engendrera des investissements pour aboutir sur la création éventuelle d'emplois. Et à ceux qui remettent en cause leur raisonnement, ils promettent le désert économique si rien n'est fait en matière de réduction du coût salarial.

Ce discours est aussi accompagné d’un matraquage idéologique sur le fait que les patrons5 sont les véritables créateurs de richesses, qu’il faut tout faire pour les soutenir. Sans cela, il n’y aurait plus de richesses pour la redistribution sociale.

Comme nous le montrons, dans le document, ces raisonnements patronaux et gouvernementaux sont faux. Et leurs répétions ne les rend pas plus vrais. Ces discours conduisent à une catastrophe sociale en précarisant plus les travailleurs. Ces discours conduisent également à une catastrophe économique.

L’Organisation internationale du travail (OIT) explique bien qu'« une stratégie fondée sur la réduction des coûts unitaires de main-d’œuvre, une recommandation fréquente pour les pays en crise (…) peut comporter le risque de déprimer la consommation intérieure plus qu’elle n’accroîtra les exportations. Si un grand nombre de pays procèdent simultanément à des réductions des salaires à des fins de compétitivité, cela peut provoquer une “course vers le bas” (…) et réduire la demande globale. »6 Cette course vers le bas des coût salariaux, en conduisant vers une réduction de la demande globale, va aggraver la crise.

Comme le disait récemment encore l’économiste libéral Paul De Grauwe7: « il faut au contraire choyer les salaires et arrêter d’écouter les patrons. »8

1e attaque : le saut d'index... et une perte de 34 000 euros pour un ménage

La N-VA, le MR, l'Open Vld et le CD&V, contrairement à leurs discours, vont s'attaquer « à tous ceux qui se lèvent tôt ». Avec le saut d’index que le gouvernement Michel-De Wever veut opérer, un couple de travailleurs moyens perdra 34 000 euros bruts en à peine 20 années de carrière. Rentrons plus loin dans le concret.

Pierre et Sarah vivent ensemble. Pierre est ouvrier et gagne 2800 euros bruts par mois. Sarah est employée dans la distribution et gagne 2400 euros bruts par mois. Un saut d'index va leur faire perdre la première année de son application entre 650 et 750 bruts chacun. Précisément, un manque à gagner de plus de 1400 euros bruts pour le couple, rien qu'avec cette mesure. En 20 ans de carrière, ce saut d'index coûtera au couple près de 34 000 euros bruts (voir tableau pour détail et autres exemples). Comment est-ce possible?

Index corrigé socialement ?

Le gouvernement affirme que l'index sera corrigé « socialement ». Le gouvernement veut utiliser une partie de ce qu'on appelle l'enveloppe « bien-être » dans le but de compenser les effets du saut d'index sur les bas salaires. De quoi s'agit-il ?

L'enveloppe « bien être » est un budget arraché par les syndicats dans le but de revaloriser les petites pensions et les allocations sociales. En effet, les petits pensionnés, les chômeurs, les malades... sont exclus des augmentations salariales obtenues dans les négociations collectives entre syndicats et patrons. Leur rémunération ne suit pas l'évolution du développement économique de la société, ce qu'on a appelé le «bien-être».

De plus, l'inflation moyenne sous-estime fortement l'inflation réelle pour les bas revenus9 (les produits de première nécessité - plus consommés par les bas revenus - ont augmenté beaucoup plus que l'inflation moyenne). Pour ces deux raisons, les syndicats se sont toujours battus pour que les petites pensions et allocations sociales soient adaptées au « bien-être ».

En utilisant l'enveloppe du « bien-être » pour compenser les pertes du saut d'index, le gouvernement ne résout rien du tout. Il utilise des moyens qui devaient servir à relever légèrement le niveau des basses pensions et allocations sociales pour boucher les diminutions de revenus provoquées par son propre saut d'index.

Combien vais-je perdre avec un saut d'index?

Exemple n°1: Pierre et Sarah

Pierre et Sarah sont un couple avec deux enfants. Pierre est ouvrier à temps plein dans une grande entrerpise. Il travaille à pause. Il gagne 2,800 euros bruts ou 1790 euros nets. Sarah est employée dans la distribution. Elle gagne 2400 euros bruts ou 1630 euros nets. Un saut d'index signifie pour ce ménage une perte de 34.000 euros bruts sur à peine 20 ans de carrière. 

Tous les chiffres sont exprimés en eurosPerte mensuelle brute (1e année)Perte annuelle brute (1e année)Perte brute cumulée après 20 ansPerte brute cumultée après 40 ansPerte mensuelle nette (1e année)Perte annuelle nette (1e année)Perte nette cumultée après 20 ansPerte nette après 40 ans
Pierre5675618 30940 1703648311 70525 680
Sarah4864815 69334 4313344010 65823 385
Perte totale pour le ménage1041 40434 00274 6016992322 36349 065

 

Exemple n°2: Nawal et Sam

Nawal et Sam sont un couple sans enfant. Nawal est secrétaire spécialisée et elle touche 3300 euros bruts ou 1934 euros nets. Sam est bibliothécaire et touche 2650 euros bruts ou 1650 nets. Un saut d'index signifie pour ce ménage une perte de près de 39.000 euros bruts sur à peine 20 ans de carrière. 

Tous les chiffres sont exprimés en eurosPerte mensuelle brute (1e année)Perte annuelle brute (1e année)Perte brute cumulée après 20 ansPerte brute cumultée après 40 ansPerte mensuelle nette (1e année)Perte annuelle nette (1e année)Perte nette cumultée après 20 ansPerte nette après 40 ans
Nawal6689121 57847 3433952212 64627 746
Sam5371617 32838 0183344610 78923 672
Perte totale pour le ménage1191 60738 90685 3617296823 43551 418

 

Un transfert de nombreuses petites poches pour remplir quelques grosses poches

Nous l’avons vu, le saut d’index fait perdre énormément d’argent à Pierre, Sarah, Nawal, Sam… et plus globalement à tous les travailleurs du pays. Il fait également perdre de l’argent à la sécurité sociale, car le salaire brut et les cotisations sociales patronales ne sont, elles non plus, pas indexées.

Mais cet argent pris aux travailleurs et à la sécurité sociale, où va-t-il? Directement dans les poches du patronat et des actionnaires. Le seul saut d’index constitue un cadeau de près de 3 milliards d’euros10 pris dans la poche de chaque travailleur et dans les caisses de la sécu pour gonfler les profits des entreprises.

C'est quoi, l'index ? 

Tout d'abord, rappelons brièvement c'est quoi l'index. Il s'agit d'un indice qui mesure l'évolution moyenne des prix à la consommation. Il est composé de plusieurs centaines de produits et de services (produits alimentaires, vêtement, meubles, santé, etc.) qui forment ensemble ce qu'on appelle « le panier de la ménagère ». Grâce à cet indice on peut mesurer dans quelle mesure les prix, et donc le coût de la vie, augmentent.

En Belgique, il y a ce qu'on appelle un mécanisme d'indexation automatique des salaires. Cela veut dire que les salaires et les allocations sociales (pensions, maladies, chômages, allocations familiales...) sont normalement automatiquement adaptés à l'évolution de l'index. Le but est de préserver en permanence le pouvoir d'achat des travailleurs et des allocataires sociaux. Si votre caddie hebdomadaire au Colruyt passe de 100 à 102 euros, votre salaire doit augmenter de 2 % pour vous garantir un pouvoir d’achat équivalent.

Origine, traficotage et saut d'index...

À quoi bon obtenir une augmentation de salaire de 2 % si les prix augmentent de 3 % ? C’est sur base de ce constat que les travailleurs se sont battus pour arracher des conventions salariales qui stipulent une liaison des salaires à l’index. Important, elle est automatique : pas besoin de se battre chaque année pour l’obtenir.

La première du genre, en Belgique, est signée le 1er mars 1920 dans le secteur du bois et de l’ameublement. Bien d’autres vont suivre. Durant la Deuxième Guerre mondiale, l’occupant nazi supprime les systèmes d’indexation. Après guerre, ils sont réintroduits puis être d’application dans l’ensemble des secteurs.

Bien entendu, les différents gouvernements ne seront pas avares en manipulation de l’index. En 1953, déjà, il bloque le prix du petit pain tout en permettant l’augmentation des autres produits de boulangerie. Or, c’est le seul petit pain qui représentait tous ces produits dans le panier servant à calculer l’indice des prix. Face à la résistance syndicale, le ministre devra faire marche arrière.

De même, après une vague de chaleur durant l’été 1976, le gouvernement veut retirer du panier les prix des fruits, légumes et pommes de terre. La menace d’une grève générale va l’obliger à trouver un compromis.

Dans les années 1980, le gouvernement Martens-Gol organise trois « sauts d'index ». Cela veut dire qu'à trois reprises, les salaires ne seront pas adaptés malgré l'augmentation des prix. On « saute » l'indexation. 

En 2012, le gouvernement Di Rupo-De Croo introduit « l'index soldé ». Il introduit dans l'indice une série de nouveaux produits et il décide, entre autres, de tenir compte des soldes dans le calcul de l'indice. Cela a pour effet immédiat de ralentir artificiellement la progression de l'indice et donc la progression des salaires.

Aujourd’hui, le gouvernement veut introduire les produits « scannés ». Objectif ? En période de crise, les gens achètent des produits moins chers. Si on se base sur les produits scannés, on peut encore un peu plus ralentir la progression de l'index.

104 ans après la première convention sur l’index, la bataille continue.

2e attaque: renforcement de la loi de 96... et un blocage quasi éternel des salaires

Le gouvernement est clair dans ses intentions. Il prévoit « une période supplémentaire de modération salariale en 2015-2016 (ou tant que la compétitivité n'est pas restaurée) ». Concrètement ? En 2013 et 2014, le gouvernement Di Rupo avait fixé une marge maximale d'augmentation des salaires de… 0 %. En 2011, la marge était de 0 % et en 2012 de 0,3 %. Avec des chipotages à l'index ayant coûté près de 0,3 % d'augmentation de salaire (voir plus haut). On peut donc dire que le salaire réel n'a quasiment pas augmenté entre 2011 et 2014. Avec le gouvernement Michel–De Wever, les salaires continueront à être bloqués au minimum deux années supplémentaires (cela ferait en tout près de 6 années consécutives de blocage salarial). Mais cela pourrait continuer si le gouvernement estime que la compétitivité n'est pas « restaurée ».

Pour y arriver, le gouvernement décide de reprendre le travail commencé par l’ancienne ministre sp.a de l'Emploi, Monica De Coninck, qui avait, elle aussi tenté de modifier la loi qui encadre les possibilités d’augmentations de salaire dans le privé, appelée « loi de 1996 »11. Les projets de la ministre De Coninck avaient été stoppés par la mobilisation syndicale. Aujourd’hui, le gouvernement repart des projets abandonnés et va plus loin encore.

Tout d’abord : « Le gouvernement s’engage à résorber complètement, avant la fin de la législature, au moins le handicap salarial mesuré depuis 1996 avec les pays voisins. » Qu’est-ce que cela veut dire? Le gouvernement estime qu’il y a un « handicap salarial » qui s’est accumulé entre la Belgique et ses pays voisins (Pays-Bas, France et Allemagne). Selon eux, les salaires belges auraient augmenté plus vite que les salaires des pays voisins depuis 1996. Ils veulent donc modifier la loi pour que les salaires belges soient bloqués, qu’ils n’augmentent plus tant que le « handicap » n’est pas rattrapé. 

Immédiatement, deux questions surviennent. Est-ce si grave d’avoir un « handicap salarial » ? Et qui mesure – et comment – l’écart salarial ? Nous répondrons plus loin à la première question. Mais voyons tout de suite comment le gouvernement répond à la deuxième.

Handicap ou pas handicap ?

Depuis 1996 (année de référence), les salaires horaires belges semblent avoir augmenté plus vite que la moyenne de ceux des pays voisins. Pourtant, comme l’a montré un rapport d’experts12 - commandé par le dernier gouvernement - l’a montré, ce n'est qu'une illusion. Pourquoi ? Parce que les patrons reçoivent chaque année de plus en plus de subventions lorsqu'ils emploient quelqu'un. Entre 1996 et 2011, la part des subventions dans la masse salariale totale du privée a été multipliée par 11 ! Elle représente aujourd'hui plus de 4 % de la masse salariale totale du secteur privée.

Concrètement, quand les patrons disent qu'ils donnent 100 euros à un travailleurs, ils donnent en fait moins de 96 euros, car ils reçoivent toutes sortes d'aides : subvention pour l'activation lors de l'engagement d'un jeune, titres-services, subventions pour le travail de nuit ou le travail d'équipe, pour les heures supplémentaires, etc.

Et dans les autres pays ? Et bien la Belgique est très spécifique. Elle connaît un taux de subvention nettement supérieur à celui des pays voisins. « Ni la subvention pour les heures supplémentaires, ni celle portant sur le travail en équipe et de nuit ne trouvent leur pendant dans les pays limitrophes », expliquent les experts.

Pourtant, le gouvernement ne l’entend pas de cette oreille. Pour lui, le handicap salarial existe toujours. Comment fait-il son calcul ? Il veut exclure une partie (ou toutes ?) des subventions salariales du calcul du handicap. Plutôt que ce soit patrons et syndicats qui se mettent d’accord sur la mesure du handicap, ce sera le gouvernement qui le fera. C’est lui qui déterminera « les subventions salariales prises en compte pour mesurer le handicap salarial ».

Conclusion ? Le gouvernement vote une loi pour résorber un handicap qui n’existe pas. Mais pour le faire exister, il se donne le droit de modifier le calcul du handicap. Objectif ? Continuer à bloquer nos salaires au profit des patrons comme cela a été fait en 2013-2014.

Renforcement des contrôles et corrections automatiques

Et si on obtient quand même une augmentation de salaires, que peut faire le gouvernement? « Il convient de mettre en place une surveillance efficace de toute convention collective de travail qui prévoit ou résulte en une évolution du salaire supérieure à la norme salariale. » Et ainsi, « un mécanisme de correction automatique des dépassements constatés sera mis en œuvre ».  Le gouvernement va donc renforcer les contrôles des conventions collectives de travail et mettre en place des mécanismes « automatiques » de « correction » s’il y a dépassement. Plus que jamais, le gouvernement choisit son camp dans la lutte qui oppose travailleurs et employeurs par rapport aux salaires. Ceux qui essaient de sortir des marges grâce à leur rapport de force collectif seront contrôlé et corrigés automatiquement.

Service public inclus dans la loi

« Désormais les entreprises publiques (Belgacom, Bpost,…) tomberont sous le champ d’application de la loi relative à la norme salariale 1996. » Les entreprises publiques n’étaient théoriquement pas concernées par la loi de 1996. Avec le nouveau gouvernement, elles seront également soumises au blocage salarial.

Concrètement, combien perd-on ?

Il est difficile de répondre à cette question. Cela dépendra de la grandeur du handicap salarial qui sera déterminée par le gouvernement. Par exemple : le gouvernement estime le handicap salarial à 4 %. Cela correspondrait à une perte salariale équivalente à deux sauts d’index. Sur une carrière, le couple de Nawal et Sam perdrait l’équivalent du prix d’une maison ! 

3e attaque : les barèmes sous les feux

Après le saut d’index, le blocage des salaires avec la modification de la loi de 1996, le gouvernement Michel-De Wever annonce une troisième grosse attaque contre les salaires et le pouvoir d’achat. L’assaut vise le système des barèmes en vigueur chez les employés. Les travailleurs risquent à nouveau de perdre des milliers d’euros. Mais, en plus, le nouveau système que veut introduire le gouvernement vise à casser toute solidarité collective pour arracher des augmentations de salaire. Explications.

Les barèmes : de quoi s’agit-il ?

Chez les employés, les salaires en début de carrière sont relativement bas. Ils progressent avec les années de carrière, de manière automatique selon l’ancienneté. Chaque « pallier » d’augmentation constitue un « barème ». On atteint en général le barème maximum après 20 ans de carrière. Par exemple, dans certains magasins de la distribution, on commence avec un salaire brut de 1800 euros et, après 20 ans, on monte progressivement à 2650 euros bruts. L’augmentation se fait progressivement et automatiquement au cours de la carrière.

Une vieille revendication patronale

Depuis des années, le monde patronal cherche à mettre un terme à tous les mécanismes automatiques d’augmentation des salaires. Que ce soit l’indexation automatique ou le système des barèmes. Et, en bon exécutant, le gouvernement Michel-De Wever l’a écouté.

Retour au 19e siècle

Le gouvernement veut introduire un nouveau modèle de carrière qui « permettra aux travailleurs de percevoir une rémunération plus en rapport avec leurs compétences et leur productivité à la place d’une simple augmentation linéaire en fonction de l’âge ou de l’ancienneté ».13 Traduction : l’objectif est d’aller vers un système où chacun serait payé en fonction de sa productivité individuelle et des compétences acquises individuellement.

Il s’agit d’un grave retour en arrière pour casser un mécanisme de rémunération collective (tous les travailleurs qui effectuent une tâche perçoivent le même salaire) pour le remplacer par un système au « mérite », à la « productivité » individuelle. Comme cela se faisait au 19e siècle, où l’on appliquait des rémunérations « à la pièce ».

Ce système permet de casser les salaires, mais aussi la solidarité entre travailleurs. Le but est que chaque travailleur soit en rapport individuel avec son patron et en concurrence avec ses collègues. Seuls les travailleurs les plus forts et les plus performants pourraient obtenir des augmentations de salaires. Malades ? Blessés ? Tout le monde serait poussé à « performer » pour obtenir son augmentation. Le système permet en fait de briser la seule force du monde du travail : le rapport de force collectif.

4e attaque : baisses des cotisations sociales

Le nouveau gouvernement va accélérer les baisses de cotisations sociales patronales prévues par le gouvernement Di Rupo. Le gouvernement précédent avait prévu d'octroyer aux patrons une baisse des cotisations sociales de 471 millions d'euros en 2015 et une baisse supplémentaire de 489 millions d'euros en 2017. Un cadeau total de 960 millions à partir de 2017.

Le gouvernement actuel prévoit d'octroyer ce montant total de 960 millions dès 2016. Il va le faire en baissant le précompte des entreprises.

En quoi est-ce une attaque contre les salaires ?

Il convient de se rappeler ce qu'est le salaire. Il s'agit de la rémunération du travailleur en échange d'un travail fourni à un employeur.

Ce salaire est composé du salaire brut imposable, celui sur lequel on vous prélève des impôts (pour payer les routes, les enseignants, les fonctionnaires, la justice...). Une fois les impôts prélevés, ce qui vous reste constitue le salaire net.

Mais ce n'est pas tout. Votre salaire est aussi constitué de cotisations sociales qui alimentent les caisses de la sécurité sociale. Ces cotisations sont de deux ordres : les cotisations dites « ONSS » et les cotisations sociales dites « patronales » (qui représentent théoriquement 33 % de votre salaire). Ces cotisations sociales sont aussi appelées le salaire différé.

Il s'agit d'une partie de votre salaire qui est mise dans une caisse pour vous aider si vous perdez votre travail (assurance chômage), si vous êtes malade (assurance maladie), quand vous devenez âgé (assurance pension), si vous avez des enfants (allocations familiales), etc.

À l'origine, au 19e siècle, ce sont les travailleurs eux-mêmes qui avaient constitué  ces caisses sociales pour éviter de se retrouver sans rien en cas de perte d'emploi ou de maladie. Avec le renforcement du mouvement ouvrier, les travailleurs ont pu obtenir que ces caisses sociales soient généralisées à tous pour répondre aux besoins. C'est la généralisation de toutes ces caisses sociales à tous les travailleurs qui a formé la sécurité sociale. C'est aussi pour cette raison que les syndicats ont toujours été parties prenantes de la gestion de la sécurité sociale. Elle a été créée par les travailleurs. Elle leur appartient.

Conclusion ? Une diminution des cotisations sociales patronales de un à deux milliards constitue une diminution sévère de votre salaire différé. Avec pour conséquence moins d'allocations de chômage, moins d'allocations familiales, moins d'assurance maladie, moins de pension, etc.

5e attaque: l'annualisation du temps de travail

Le gouvernement veut favoriser les mécanismes d’annualisation du temps de travail. De quoi s’agit-il? Jusqu’à présent, le temps de travail est compté en heures de travail par semaine. Par exemple, un temps plein correspond à 38 heures de travail par semaine (36 dans certains secteurs). Annualiser le temps de travail veut dire qu’on ne compte plus le temps de travail sur une semaine mais sur une année. En fonction de la demande, le patron peut vous demander de travailler beaucoup plus une semaine et beaucoup moins une autre. Du moment qu’au total, le temps de travail est respecté sur une année.

Qu’est-ce que cela à avoir avec le salaire ? Aujourd’hui, si vous travaillez plus que 38 heures sur une semaine, les heures travaillées en plus sont limitées, payées plus (on appelle cela le sursalaire) et récupérées.

Il y a plusieurs objectifs à rendre les heures supplémentaires plus chères :

a) compenser le préjudice subi par les travailleurs qui travaillent en-dehors des heures normales au détriment de leur santé et de leur vie de famille.

b) décourager le développement des heures supplémentaires et encourager l'embauche. Plus les heures supplémentaires sont chères, plus le patron est encouragé à embaucher quand il y a un surcroit de travail.

Si le temps de travail est « annualisé », on normalise le fait de travailler plus sur une semaine. Avec pour danger direct que le sursalaire lié aux heures supplémentaires soit fortement diminué ou carrément supprimé dans les secteurs où le mouvement syndical est plus faible.

Des recettes injustes socialement et qui ne marchent pas économiquement

« On va contribuer à créer de l'emploi, donc baisser les charges sur les entreprises via un saut d'index et une réduction de leur précompte », déclare Didier Reynders (MR). Un cadeau de plus de 3,5 milliards – dont plus de 2,8 milliards rien qu'avec le saut d'index – pour les grandes entreprises. Comme le gouvernement précédent le faisait, le gouvernement Michel 1er veut nous faire avaler un raisonnement en le répétant sans cesse : on relance l'économie et on crée de l’emploi en baissant le coût salarial. Pourtant ce raisonnement est faux.

Baisser les salaires, c'est tuer l'économie

Le rapport 2013 de la Banque nationale soulevait déjà le point quand elle analysait les raisons du recul économique observé en 2012 : « Le recul du PIB en 2012 résulte principalement (...) de la contraction de la demande intérieure, essentiellement sous l’effet du tassement en volume des dépenses des ménages, puisque tant leur consommation que leurs investissements ont régressé. »

Et, si les ménages dépensent moins, c'est parce que leurs salaires n'augmentent plus ou parce qu'ils perdent leurs emplois. L'autre raison de la crise est à trouver dans la baisse des dépenses publiques (à cause de l'austérité). Si l'État ne dépense pas, cela freine également le développement économique. Et, comme l'État dépense grâce aux impôts prélevés sur nos salaires, baisser nos salaires, c'est diminuer les dépenses de l'État, et donc ralentir l'économie.

Vu autrement, le problème de l’économie est que personne n'investit :

  • ni les ménages : leurs salaires stagnent ou ils perdent leur emploi ;
  • ni le secteur public : les gouvernements successifs n'arrêtent pas de mettre nos services publics (administrations, commune, SNCB, enseignement,...) à la diète. Par exemple, le Bureau du plan a récemment calculé que l'assainissement budgétaire allait coûter 47 000 emplois. 47 000 travailleurs qui auront moins de revenus et qui se trouveront au chômage. Tout cela aggrave la spirale de la crise ;
  • ni les entreprises car, avec la baisse des dépenses des ménages et des services publics, elles ne trouvent pas assez de projets suffisamment rentables pour leurs actionnaires.

Selon le dernier Rapport de la Banque nationale14, les entreprises belges ont encore baissé leurs investissements de 0,5 % en 2013, alors que l'année 2012 avait déjà vu le niveau d'investissement baisser (de 2,1%).

Conséquence ? « Les sociétés non financières disposent depuis 2009 de réserves de liquidités dont le niveau (...) est nettement supérieur à la moyenne à long terme ». Concrètement ? Les entreprises privées belges dorment sur plus de 240 milliards de cash15 ! En 2007, le cash accumulé des entreprises s'élevait à 185,8 milliards. En 7 années de crise, les entreprises belges ont donc accumulé plus de 60 milliards d'euros ! 

Conclusion : la logique actuelle d'appauvrissement des travailleurs et des services publics pour enrichir le secteur privé ne nous sort pas de la crise. Elle nous y enfonce.

Des modèles qui ont montré et démontré leur échec

Les recettes qu'on veut appliquer aujourd'hui ont montré et démontré leur échec: On pouvait lire encore récemment dans le journal Le Soir : « les Pays-Bas ne parviennent pas s'extraire de la récession dans laquelle ils ont replongé à la fin de 2011; idem (mais en pire) pour l'Italie ; et même l'Allemagne est affectée ; son PIB réel a baissé au deuxième trimestre ; et de mauvais indicateurs suggèrent une stagnation au troisième. L'Europe est encore très loin d'avoir effacé la crise. »16

La plupart des pays européens n’ont pas retrouvé leur niveau de production d’avant la crise. Et ceux qui l’ont légèrement dépassé entrent également en récession.

Tous les pays du Sud qui ont connu les plus grands assainissements budgétaires, les plus grosses baisses de salaires et les politiques de cadeaux aux riches sont aujourd'hui plongés dans le recul social, l'explosion du chômage et de la pauvreté.

Très récemment, Paul Krugmann – Prix Nobel d'économie – a montré la corrélation très forte qui existait entre austérité et recul de l'économie17

Des prédiction fausses

Les grands partisans des mesures d’économie, de restrictions budgétaires, de diminution des salaires nous disent toujours que cela va aller mieux. Il faut juste attendre que les mesures fassent leurs effets. Pourtant, leurs prédictions ne se réalisent jamais.

(En noir, l’évolution réelle de l’économie grecque) L’Union européenne, le FMI et le gouvernement grec ont promis que leurs mesures d’austérité relanceraient l’économie du pays. Pourtant, aucune de leur prévision ne s’est avérée correcte. Avec une Grèce qui s’est enfoncée dans un recul sociale jamais vu.

Diminuer le coût du travail ne va pas sauver nos emplois

On nous promet de créer des dizaines milliers d’emplois en baissant le coût du travail (baisse des cotisations sociales, saut d’index…). Mais dès qu’on demande au gouvernement et aux patrons : combien d’emplois allez-vous créer si on baisse le coût du travail ? Pouvez-vous nous garantir qu’on va créer de l’emploi en baissant le coût du travail ? La réponse est toujours la même : « on ne peut rien garantir du tout ». Et pour cause : aucune étude n’a pu montrer que les milliards de cadeaux faits aux patrons ces dernières années aient permis de créer un seul emploi. Au contraire.

Sur base des chiffres du sociologue Jan Hertogen, l’emploi dans l’industrie a chuté ces 4 dernières années de 48 545 emplois. Alors que l’industrie profite pleinement des diminutions de cotisations sociales offertes par le gouvernement. Dans le même temps, il y a eu une croissance de l’emploi dans les soins de santé et l’enseignement de 63 000 unités.

Ce constat, l’ancien gouverneur de la Banque nationale l’avait déjà fait il y a quelques années. Il avait expliqué que la progression de l’emploi entre 2000 et 2010 n’était l’œuvre quasi exclusive que de l’intervention des autorités publiques. Le secteur privé n’ayant quasi crée aucun emploi durant cette période.18

Oui, mais l’Allemagne a quand même produit beaucoup d’emplois, non ? Pas vraiment. On voit d’abord que l’Allemagne a créé entre 1996 et 2013 beaucoup moins d’heures de travail par personne en âge de travailler que la Belgique.

Changement des heures travaillées par la population active depuis 1996.

Oui, mais le chômage a quand même baissé en Allemagne, non ? Effectivement. Mais pas parce que le nombre d’emplois stables a augmenté, parce qu’on a créé des mini-jobs très mal payés avec des mauvaises conditions de travail. 7,5 millions d’Allemands travaillent aujourd’hui dans un mini-job. Cela a conduit à une explosion des inégalités. Le pays est aujourd’hui le champion européen de la croissance du nombre de travailleurs pauvres en comparaison avec la croissance des richesses du pays. Les revenus de plus de la moitié des travailleurs ont baissé. Les travailleurs les plus pauvres ont perdu plus de 20 % de leurs revenus. Seuls les travailleurs organisés dans des conventions collectives de travail fortes ont vu leur salaire (un peu) progresser. 

Ensuite, cette politique des bas salaires a plongé toute l’Europe dans la crise au profit - temporaire - de l’Allemagne. Mais aujourd’hui, même l’Allemagne est victime de sa politique des bas salaires. Comme l’explique l’Organisation mondiale du Travail : « une stratégie fondée sur la réduction des coûts unitaires de main-d’œuvre, une recommandation fréquente pour les pays en crise (…) peut comporter le risque de déprimer la consommation intérieure plus qu’elle n’accroîtra les exportations. Si un grand nombre de pays procèdent simultanément à des réductions des salaires à des fins de compétitivité, cela peut provoquer une “course vers le bas” (…) et réduire la demande globale ».19 C’est exactement ce qui se passe actuellement en Europe. Avec comme résultat, la destruction massive d’emplois.

Coût du capital contre coût du travail ?

Paul De Grauwe, économiste à la London School of Economics, a récemment sorti un livre dans lequel il explique qu'il faut choyer les salaires et arrêter d'écouter le monde patronal et le monde bancaire. « Ce sont les pays avec les plus hauts salaires qui s'en sortent le mieux », ajoute-t-il. Baisser les salaires (nets et bruts) ne relance pas l'économie et ne crée aucun emploi. Cela aggrave la crise.

La première question dans le débat sur les salaires est celle-ci : qui est responsable de la crise ? Et qui doit payer ? Les coûts salariaux ont-ils provoqué la crise ? La réponse ne serait-elle pas à chercher dans ce qu'on appelle le coût du capital ? C'est-à-dire la rémunération octroyée aux détenteurs d'actions. 

Les recettes des entreprises ont augmenté près de deux fois plus vite que celles des travailleurs ces 30 dernières années. La richesse produite n’a pas diminué, au contraire. Mais la partie de cette richesse qui profite aux travailleurs a diminué (voir tableau).

Ce sont les charges sur le capital qui pèsent sur l’économie et sur les entreprises : les versements de dividendes aux grands actionnaires. Entre 2000 et 2011, les dividendes des entreprises non-financières ont doublé.20 La Banque nationale expliquait dans son Rapport annuel 2013 : « Les distributions de dividendes se sont raffermies dans des proportions relativement plus importantes, ce qui a entraîné un alourdissement du coût du financement par actions. Le coût estimé pour les actions cotées des sociétés non financières a gonflé de 20 points de base depuis la fin de 2012, s’établissant à 6,3 % à la fin de novembre. ». Cela veut dire que le coût pour chaque action (le coût du capital) a fortement augmenté en 2012 pour atteindre un coût moyen de 6,3 %. Cela veut dire que les actionnaires ont touché un taux d'intérêt de plus de 6 % alors que les compte épargne sont à moins de 1 % et que l'économie belge a stagné en 2012 ! Et la tendance persiste en 2013 et 2014. Par exemple, les dividendes versés au 2e trimestre 2013 par les sociétés belges étaient de 37 % supérieur à ceux versés en 2012 pour la même période !21

Comme l'explique Christophe Gloser le patron du groupe Fidelity (multinationale de collecte de l'épargne et de prêts aux entreprises) en France : les multinationales ont accumulé des montagnes de cash qu'elles ne savent pas investir à cause de la faible croissance. Elles ont dès lors décidé d'ouvrir le robinet pour leurs actionnaires.22

En 30 ans, les revenus des entreprises ont progressé pratiquement deux fois plus vite que ceux des salariés

Sur la période 1981-2011, les revenus primaires bruts des sociétés sont passés de 8,1 à 69,5 milliards d'euros. Ceci constitue une augmentation de 758 %.

Or l'indice des prix de 2011 en base 1981 est 224,60. En retirant l’impact de la hausse des prix, cette augmentation atteint 282 %, soit une progression géométrique de 4,57 % par an.

Sur la même période, les revenus primaires des salariés ont augmenté de 367,9 %, 108,3 % si l’on retire l’impact de la hausse des prix. Ce qui fait une progression géométrique de 2.47% par an.

[Source : rapport 2012 de la Banque nationale de Belgique]

En résumé :

Le problème n'est donc pas que nous ne produirions pas suffisamment de richesse. Il n'y en a jamais eu autant.

Le problème n'est pas la hauteur des salaires. Ceux-ci ont progressé moins vite la croissance des richesses produites.

Le problème se situe dans le coût du capital qui a lui progressé beaucoup plus vite que la croissance des richesses produites.

Sortir de l'obscurantisme...

Contrairement à ce que les organisations patronales et nos gouvernements répètent, les entrepreneurs ne sont pas les premiers producteurs de richesses. Et encore moins les grands actionnaires. Pour le visualiser concrètement, prenons Lillianne Bettencourt – une des plus grosses fortunes de France et actionnaire principale du groupe L'Oréal. Elle n'a pas dû mettre beaucoup les pieds dans les usines et laboratoires de recherche de son groupe ces dernières années. Son travail n'a en rien contribué à produire la moindre bouteille de shampooing ou crème de beauté. Pourtant, elle s'est fortement enrichie grâce aux cadeaux fiscaux accordés par les différents gouvernements français. On, pourrait reproduire l'exemple avec Albert Frère, la famille Spoelbergh, etc.

Si on veut aider les créateurs de richesses, aidons alors avant tout les travailleurs salariés ou indépendants. Car, contrairement aux discours propagés par les organisations patronales, ce sont bien avant tout les travailleurs qui produisent les richesses. Cette prospérité doit leur profiter : directement sous la forme d’un salaire décent et indirectement via des bons services publics, via la sécurité sociale, via les investissements publics dans la recherche scientifique et dans l’emploi, etc. C'est plus juste socialement, mais aussi plus efficace économiquement.

Dans ce contexte, la protection de l'index, le rejet de tout saut et de toute nouvelle manipulation est indispensable. Et avoir le droit d'arracher des augmentations collectives de salaire au niveau interprofessionnel n'est pas mauvais pour l'économie. C'est au contraire la suppression de ce droit qui conduira au recul social et au ralentissement économique.

Les obscurantistes du Moyen-Âge répétaient sans cesse que la Terre était au centre de l'univers, malgré l'accumulation des preuves scientifiques qui prouvaient le contraire. Pourtant, ces répétitions n'ont jamais fait de leurs mensonges une vérité. Aujourd'hui, les obscurantistes libéraux répètent sans cesse que baisser les coûts du travail et faire des cadeaux aux riches relancera l'économie. Mais, comme au Moyen-Âge, la répétition ne transformera pas ce mensonge en vérité. Comme au Moyen-Âge, il faudra se battre pour faire avancer la vérité et le progrès.

Benjamin Pestieau est responsable des relations syndicales du PTB.

Notes

1. On entend par salaire différé, la partie de la rémunération qui alimente les impôts ou les caisses de la sécurité sociale. • 2. Via l'augmentation des accises ou de la TVA par exemple. • 3. On pense ici à l’augmentation des transports publics dans les régions, des soins de santé, des études supérieurs, des crèches, etc. • 4. L'absence de garantie en matière de création d'emplois a été répétée à la fois par la FEB (la fédération des entreprises de Belgique) et plusieurs ministres du gouvernement. • 5. La patrons sont parfois appelés investisseurs, employeurs,... • 6. Résumé du rapport mondial sur les salaires, OIT, décembre 2012. • 7. Paul De Grauwe est professeur à la London Economics School • 8. De Morgen, 26 septembre 2014 • 9. voir étude: http://www.regards-economiques.be/images/reco-pdf/reco_126.pdf - citée dans le document « 6 mythes sur le coût salarial » • 10. Les salaires et cotisations sociales du privé s’élèvent à environ 150 milliards d’euros. • 11. Le nom exacte de la loi est: La loi du 26 juillet 1996 relative à la promotion de l'emploi et à la sauvegarde préventive de la compétitivité. • 12. Rapport au gouvernement, Coût salarial, subventions salariales, productivité du travail et effort de formation des entreprises, groupe d’experts « compétitivité et emploi », juillet 2013. • 13. Accord gouvernemental. • 14. Rapport annuel 2013 • 15. Évaluation réalisée pour une étude de B-information. http://www.rtbf.be/info/economie/detail_240-milliards-d-euros-les-entreprises-belges-sont-assises-sur-une-montagne-de-cash?id=8394954 • 16. Le Soir - 30 oct. 2014 • 17. http://krugman.blogs.nytimes.com/2014/11/06/spending-and-growth-2009-13/?_r=0 • 18. Knack 24 janvier 2010 • 19. Résumé du rapport mondial sur les salaires, OIT, décembre 2012. • 20. Banque Nationale de Belgique, comptes nationaux, cités dans le Baromètre socio-économique de la FGTB – édition 2014.  • 21. Henderson Global, dividend index, août 2014 • 22. Christophe Gloser, BFM, http://www.clubpatrimoine.com/partenaire/Fidelity/video/En_2014_les_entreprises_vont_choyer_leurs_actionnaires_par_les_dividendes_Christophe_Gloser_Fi-v1614.aspx

 

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Commentaires

Belle étude. A diffuser largement au sein des syndicalistes (entre autre). Les remarques "historiques" sont bien à propos et de plus en plus nécessaires au vu des mensonges nauseo-nazi de ce gouvernement de menteurs. Merci donc pour le boulot. Jean
Bonjour , je viens de lire , très très intéressant les constatations , seulement , les grands problèmes , les impôts sur fortune , sur plus valut , sur le bénéfice accumulé des entreprises , évidemment c'est grandes entreprise , qui font des grands bénéfices , rachète d'autres petites entreprises pour s'agrandir et de se fait font un investissement a long terme , et de se fait se trouve dans une situation pendant les première années de l'achat dans des difficultés , mais qui se résout , sur les années d'investissement , qui en plus sont déductible , et qui deviennent par le temps des muti national ,avec l'idée' derrière la tête ,ajouter la pierre a l'édifice d'un gouvernement mondiale , se que tant , les gouvernement européen et américain,veulent , le contrôle mondiale des sources , énergie , et alimentation et décidé de la vie et de la mort des peuples et ouvriers , super non Personne ne s'attaque au secret bancaire , des iles ......? et accumulation des richesse sur la souffrance des autres , ils n'en non rien a foutre , Il y aura 5 possibilité futur , 1 ) soit on prend au riches, c.a.d mettre des pourcentage de taxe sur 3millions de gain par ans équivaut de 20 % de taxe 5 millions a 40 % de taxes et ainsi de suite , sa serait un grand pas dans la solidarité des travailleurs , car après tout c'est garce a eux qui s'enrichissent 2 )les travailleurs baisse la têtes , comme des moutons , comme se fut le cas dans l'histoire du passé ( et je crois personnellement se sera encore le cas ) 3 ) revolutions du peuple ( se que je ne crois pas , trop égoïste et chacun pour soit , comme le montre le passé 4 ) une guerre ,comme aussi le cas pas le passé , pour que les banques s'agrandisse et s'enrichissent encore plus , comme par passé et comme actuellement , suivait l'argent et aucune guerre n'existe 5 ) une grande catastrophe naturel , comme dans le lointain passé , se qui arrivera de tout façon , a force de creusé pour s'enrichir, ils créent des espaces vide , qui tôt ou tard devrons se remplir , car la terre bouge et les plaques bouge et ou , il aura des vides , qui se remplirons , ce si est une vérité , le temps nous l'apprendra , le temps joue un rôle très important , Voilá mes conclusions, a vous de le lire avec intérêt, je l 'espère jean marie lenaerts