Les étudiants de Comac mènent une action ludique pendant le cours ex cathedra de Maggie De Block à l'Université de Gand

« Burn-out ? Dépression ? Adoptez tout simplement un chat et retournez travailler ! ». C'est ce qu'on pouvait lire sur l'un des trois faux certificats médicaux distribués par les jeunes de Comac, le mouvement des étudiants du PTB, aux étudiants de l'Université de Gand venus écouter le cours d'ouverture de la conférencière invitée, Maggie De Block, la ministre de la Santé publique.

Par des diagnostics et ordonnances ironiques, les étudiants voulaient montrer à quel point l'arrêté royal de la ministre est antisocial. Cet arrêté entend traquer les malades de longue durée et les sanctionner. Les jeunes du PTB ont remis un de leurs tracts ludiques à la ministre même, qui n'a pu faire autrement que d'y faire allusion durant son cours ex cathedra.

Les trois faux certificats médicaux distribués par les jeunes de Comac pendant l'action.

« Pour vous rendre compte de la gravité de la politique de ce gouvernement, vous avez tous reçu une ordonnance médicale qui montre les conséquences de cette mesure pour les malades de longue durée. Il est inadmissible de faire des économies en traquant les personnes les plus vulnérables et en s'en prenant à leur allocation », a déclaré Olivier Goessens, étudiant en histoire et vice-président de Comac, aux étudiants présents, dans le même temps qu'un calicot était déployé sur lequel on pouvait lire : « Sanctionnez la maladie, pas les malades ». L'action ludique a été accueillie par des applaudissements nourris. La ministre a réagi en disant que les exemples étaient exagérés : « Il ne s'agit pas des personnes gravement malades, celles-là, nous les laissons en paix, naturellement. »

Néanmoins, dans son cours ex cathedra, De Block a clairement déclaré que son intention était de réduire les coûts à la hausse des malades de longue durée. Il est en effet à souligner qu'il n'y a jamais eu autant de malades de longue durée qu'actuellement, et que c'est un des fléaux de notre époque. La maladie professionnelle du 21e siècle s'appelle le burn-out, et diverses études prouvent que l'augmentation énorme du nombre de malades de longue durée ces cinq dernières années est provoquée en premier lieu par un stress chronique. Économiser de l'argent au moyen d'une politique de sanctions n'est donc possible qu'en organisant la traque de ces patients-là. Au moment des questions du public, Maggie De Block a dû finalement admettre que les personnes souffrant d'un burn-out étaient effectivement dans son collimateur, mais elle a promis, en guise de compensation, de faire appliquer des mesures préventives afin d'empêcher le stress au travail.

Une belle promesse, mais très en porte-à-faux vis-à-vis de la politique menée par le gouvernement fédéral dont elle fait partie. Son collègue Kris Peeters, ministre de l'Emploi, veut précisément un marché de l'emploi hyper-flexible, avec des contrats zéro heure, des contrats d'intérim à vie et des semaines de travail de 45 voire 50 heures. Planifier une vie sociale deviendra donc impossible, ce qui fera encore accroître le stress. De même, l'arrêté royal de De Block rendra les gens encore plus malades, avec la pression des médecins contrôleurs qui remplaceront le médecin  traitant et avec la menace des sanctions financières. Pour Comac, « la mesure est irresponsable tant au plan médical qu'au plan social. Les malades de longue durée ne sont pas des profiteurs. Il y a plus d'argent à aller chercher chez les vrais profiteurs, les fraudeurs fiscaux qui vont planquer leur fortune au Panama et aux Bahamas. »

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Commentaires

Je ne crois pas un seul instant que Mme la doctoresse De Block en étant partie prenante de ce gouvernement va faire quoi que ce soit de positif pour les gens victimes de burn out autrement qu'en leur faisant subir une nouvelle pression. La même politique que celle qui a été déployée vis-à-vis des chômeurs et maintenant, avec les dispositions de la loi Borsus, vis-à-vis des allocataires sociaux. Partout où il y a de la fragilité, la droite assène le coup fatal. Ils ne sont bons qu'à ça.
Bravo pour ce tacle plein de bon sens (de l'humour) ! Ce n'est pas aider les victimes de burn-out que de les traquer pour qu'ils reprennent le travail tant qu'ils n'ont pas achevé leur reconstruction. Victime : oui, coupable : non. Traquer les entreprises où s'accumulent les cas de burn-out et les accompagner dans la prévention est largement plus pertinent et constructif.