Photo Solidaire, Vinciane Convens

Le PTB répond à Marcourt : « Augmenter le minerval n’est jamais une solution »

Le PTB et Comac, son mouvement de jeunes, s’opposent vivement à la proposition du ministre de l’Enseignement supérieur Marcourt d’augmenter le minerval pour les étudiants les plus riches. « L’enseignement est un droit fondamental, son accès doit donc être le plus large possible. Dans ce sens, augmenter le coût des études n’est jamais une solution », explique Michael Verbauwhede, spécialiste enseignement du PTB et ancien président de la FEF (Fédération des Étudiants francophones). « Le ministre doit être d’ailleurs sacrément aveugle pour ne pas voir que les étudiants et leurs représentants, qui se mobilisaient encore hier, s’opposent unanimement à cette solution », ajoute Charlie Le Paige, responsable de Comac étudiant.

« Saut d’index, 30 000 exclusions des allocations d’insertion au 1er janvier 2015 ou encore augmentation des loyers ou des prix des transports publics : les jeunes et leurs familles sont fortement touchés par les mesures d’austérité actuelles », rappelle Charlie Le Paige. « C’est très visible. Il y a eu une augmentation de 7,3 % des étudiants qui sont dépendants du CPAS par rapport à l’année dernière. Ils sont près de 20 000 aujourd’hui en Communauté française. Les coûts des études, directs (minerval et supports de cours) et indirects (logement, transports, nourriture), sont aujourd’hui évalués à 12 000 euros par an pour un étudiant koteur. C’est clairement une barrière à l’accès aux études. Augmenter les frais d’inscription revient à rendre l’enseignement plus inégalitaire encore qu’il ne l’est déjà. Les étudiants s’y opposent et l’ont encore très clairement montré dans la rue hier où l’un des mots d’ordre principaux était la baisse du coût des études. C’est inacceptable que le ministre propose donc dans le même temps de les augmenter », enchaîne le responsable de l’organisation de jeunes du PTB.

Michael Verbauwhede explique que « la proposition du ministre de ne faire payer que les étudiants riches est à la fois hypocrite et un vœu pieux. C’est hypocrite parce que c’est une tentative d’amener une augmentation du minerval avec un vernis social. L’énorme majorité des étudiants aujourd’hui ne sont pas “riches”. Et ils contribuent déjà largement, à la fois directement et par l’impôt, à financer leurs études. Beaucoup d’entre eux connaissent d’ailleurs des difficultés. Alors de qui parle-t-il quand il parle des étudiants riches ? De toute façon, c’est aussi un vœu pieux. Car même s’il visait la petite minorité issue de familles réellement riches et qui doit effectivement être mise plus à contribution, ce n’est pas par des mécanismes d’inscription qu’on peut le faire. Il suffit de connaître les difficultés et injustices liées au système des bourses d’études pour se rendre compte que les administrations de notre système d’enseignement n’ont d’abord ni les moyens ni les capacités de contrôler les revenus des étudiants. Et ensuite, qu’un palier est le plus souvent injuste. Qui ne connait pas personnellement des gens juste au-dessus du niveau pour recevoir une bourse et qui en aurait fortement besoin ? Un palier est toujours arbitraire et insuffisant », enchaîne Michael Verbauwhede.

Le spécialiste enseignement du PTB rappelle d’ailleurs que la Belgique a ratifié en 1983 le Pacte international de New York relatif aux droits économiques, sociaux et culturels qui stipule notamment que « L’enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité […] et notamment par l’instauration progressive de la gratuité. » « La Communauté française s’est donc bien plutôt engagée à l’époque à aller dans la direction inverse de celle proposée par Marcourt, vers la diminution du coût des études pour tous. C’est le meilleur moyen de faire de l’enseignement un droit pour tous, quel que soit le portefeuille de ses parents. Nous demandons donc que le ministre respecte ces engagements internationaux plutôt que de venir avec de nouvelles mauvaises idées », rajoute Michael Verbauwhede.

« Nous soutenons par contre la volonté du ministre Marcourt de faire porter les charges les plus lourdes par les épaules les plus fortes, et de faire contribuer chacun à la hauteur de ses revenus pour garantir ce droit fondamental à l’enseignement », précise enfin Michael Verbauwhede. Mais nous rappelons que pour le faire de la meilleure des manières, et éviter notamment que les services d’inscriptions doivent se transformer en administrations fiscales, il faut s’appuyer sur un modèle d’impôt progressif et redistributif. Le parti de Jean-Claude Marcourt avait l’occasion directement ces 25 dernières années en étant au pouvoir au fédéral d’augmenter la contribution des familles plus fortunées aux services pour la collectivité. C’est dommage qu’ils n’aient pas saisi l’occasion. Nous continuerons pourtant de soutenir, toutes les demandes qui vont dans ce sens », termine Michael Verbauwhede.

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