Le PTB demande de ne pas octroyer de concession dans le port d'Anvers à l'entreprise saoudienne ERS

Quand l'investissement de banquiers saoudiens dans le port d'Anvers, à hauteur de plusieurs milliards d'euros, a été officialisé,  la majorité anversoise a applaudi des deux mains. "Combien de temps la N-VA va-t-elle encore protéger les Saoudiens?", se demande le PTB. Le parti veut que l'accord soit annulé.

Cette semaine, on a appris que le projet de milliards d'investissements saoudiens dans le port d'Anvers « avançait bien ». Il s'agit d'un investissement de plusieurs milliards de la richissime famille de banquiers saoudiens Al Issa, qui, via la firme saoudienne Energy Recovery Systems (ERS), veut construire une usine de recyclage de déchets sur le site du dock Delwaide. Cette arrivée de milliards saoudiens a été applaudie avec enthousiasme par la majorité au pouvoir à Anvers. « Cela met encore mieux Anvers sur la carte », a jubilé Bart De Wever. Quant au ministre-président flamand Geert Bourgeois, il a salué une « opportunité unique pour la Flandre », se réjouissant du fait que celle-ci « mette la Flandre sur la carte ». Pour les gros pétro-capitaux, tous les principes semblent devoir s'effacer.

La demande officielle de concession a été introduite par la famille Al Issa ET par le banquier saoudien Saleh Kamel

En mai dernier, ce projet avait déjà suscité de virulentes critiques. Le site internet Apache révélait alors qu'outre la famille Al Issa, le banquier saoudien Saleh Kamel était impliqué dans ces investissements. Apache a publié des preuves des liens entre Saleh Kamel et l'organisation terroriste Al-Qaida : le nom du top-banquier saoudien figure en bonne place sur la fameuse « Golden Chain », une liste de vingt richissimes financiers originels (saoudiens) d'Al-Qaida. En outre, Oussama ben Laden lui-même avait investi 50 millions de dollars dans la Al Shamal Bank, qui appartient à Saleh Kamel. Suite à ces révélations, la direction du port a d'abord tenté de se plier en contorsions, puis a subitement affirmé que Saleh Kamel n'aurait désormais plus rien à voir dans ce projet. En outre, Saleh Kamel aurait été « acquitté » par les Etats-Unis. Hier, Apache a toutefois révélé que Saleh Kamel avait été disculpé de « lien direct dans les attentats du 11-Septembre ». Il n'y a cependant jamais eu de verdict judiciaire sur son financement d'Al-Qaida. Au contraire, le FBI a confirmé la véracité de la liste « Golden Chain ». Quoi qu'il en soit, la demande officielle de concession a été introduite par la famille Al Issa ET par Saleh Kamel.

Mais la direction du port d'Anvers et les autorités politiques anversoises ne semblent pas du tout se soucier de ces critiques. La semaine prochaine devrait se tenir une « ultime réunion » lors de laquelle « le dossier pourrait atterrir ». Tous les acteurs concernés sont : « la famille saoudienne Al Issa, l'entreprise ERS, la direction du Port d'Anvers, l'Agence flamande à l'exportation et la Société d'investissement flamande PMV ». Le journal De Tijd écrit : « Si tout le monde arrive alors à accorder ses violons, la concession pourra officiellement être accordée à ERS ».

Combien de temps la N-VA va-t-elle encore protéger les Saoudiens?

Le PTB, qui plaide déjà depuis janvier dernier pour un embargo sur l'Arabie saoudite, s'oppose vivement à ce projet saoudien. Mardi prochain, au conseil communal, Peter Mertens, président du PTB et conseiller communal à Anvers, interpellera le bourgmestre Bart De Wever et l'échevin du Port Marc Van Peel.

Peter Mertens : « Nous demandons que la concession à ERS ne soit pas approuvée, et que toutes les autres options d'investissements de l'étude de marché pour le dock Delwaide soient donc à nouveau ouvertes. Au lieu de parler un double langage, il est temps de tirer une ligne claire. Il ne s'agit pas seulement de Saleh Kamel. Il s'agit du régime saoudien en tant que tel. Tant que nous continuerons à soutenir le régime saoudien, quelle que soit la famille de banquiers, nous serons également responsables du financement et du soutien apportés aux djihastes salafistes les plus violents. Dans un mémo interne de l'administration d'Hillary Clinton – publié par Wikileaks –, les donateurs saoudiens sont décrits comme "la source la plus importante de soutien financier aux groupes terroristes sunnites dans le monde" (sic). Combien de preuves faut-il encore? Combien de temps la N-VA va-t-elle encore protéger les Saoudiens? Il est temps de décréter un boycott général de l'Arabie saoudite, au lieu de laisser tomber tous les principes devant les milliards du pétrole. C'est pourquoi nous demandons avec insistance de ne pas approuver cette concession. »

 

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Commentaires

Il est impératif que toutes tractations commerciales avec des régimes rétrogrades et inhumains tel que ceux de l'Arabie saoudite et du Quatar cessent sans plus tarder. Le seul argument que ces grands financiers des assassins comprennent est l'argent.
Bien que je n'ai pas à intervenir dans la guerre qui se déroule entre les chiites et les sunnites, je vous soutiens. Même si ce clivage nous inscrit quand même à mon avis dans une prise de position qui, par la nature même des combats qui font rage aux proche et Moyen Orient ainsi que par les structures de pouvoir sur fonds de religion qui sont du ressort des belligérants eux-mêmes. Que l'on se comprenne bien, même si je m'égare (peut-être), je ne vois pas pourquoi je me positionnerais contre le pouvoir sunnite, ce qui revient à mon sens à soutenir les revendications chiites. Les raisons de mon positionnement sont le nom respect des droits de l'homme (et de la femme) et la question du pétrole frauduleux.
On ne peut négocier avec ceux qui ne respectent pas les droits humains et qui sont nos ennemis.