Lors de la "Journée de la terre " en 2012, quelque trois mille manifestants étaient face aux soldats israéliens. Vendredi dernier, lors de cette même "Journée de la terre", dix-sept Palestiniens ont été abattus. (Photo Stop The Wall / Flickr)

Le PTB condamne les exécutions de Palestiniens par Israël lors de la « Journée de la terre »

« Il n'y a pas de justice sous l'occupation. » La déclaration de l'activiste palestinienne Ahed Tamimi lors de son procès résonne plus que jamais alors qu'Israël a une fois de plus ouvert le feu sur des manifestants palestiniens. Combien de crimes de guerre Israël va-t-il encore pouvoir commettre avant que la communauté internationale prenne enfin le taureau par les cornes et passe des innombrables condamnations sur papier à des actions concrètes ?

Vendredi 30 mars, des dizaines de milliers de Palestiniens se sont rassemblés à la frontière de Gaza avec Israël. Ce fut une des journées les plus sanglantes de la résistance palestinienne depuis 2014. Cent tireurs d'élite israéliens, avec un « permis de tuer » ont été pleinement actifs. Dix-sept Palestiniens ont été abattus, et plus de 1 400 ont été blessés.

Le PTB condamne ce énième crime de guerre du régime d'occupation israélien contre les Palestiniens qui luttent pour leurs droits fondamentaux et il soutient l'action du mouvement de solidarité intal Palestine qui appelle à un rassemblement ce jeudi 5 avril à 17 heures à la Gare centrale à Bruxelles. Plus d'info ici.

Quelques jours auparavant, alors qu'elle comparaissait pour son procès devant un tribunal militaire israélien, l'activiste palestinienne Ahed Tamimi avait lancé : « Il n'y a pas de justice sous l'occupation. » La mineure d'âge a été condamnée à une peine de prison de huit mois pour avoir donné un coup à un soldat israélien. Mais un soldat occupation israélien qui avait tiré dans la tête d'un Palestinien non armé et blessé a, lui, été condamné à... quatre mois de prison.

Les événements de ces derniers jours ont eux aussi montré qu'il n'y a pas de justice de la part d'un occupant. Le 30 mars, 30 000 Palestiniens se sont rassemblés en divers endroits  le long de la frontière entre Israël et la Bande de Gaza. Ce jour-là, les Palestiniens commémorent la « Journée de la terre ». Cela faisait des années que la participation à cette commémoration n'avait plus été aussi importante. La résistance palestinienne est à nouveau très vive. Et la répression israélienne est à l'avenant...

Ce regain de flamme de la résistance est entre autres dû à la provocation sans précédent de la part du président américain Donald Trump. Fin de l'an dernier, celui-ci a annoncé sa décision de transférer l'ambassade des États-Unis vers Jérusalem, portant ainsi un coup mortel au processus de paix entre les gouvernements palestinien et israélien. L'emprisonnement d'Ahed Tamimi joue également un rôle. L'adolescente palestinienne est devenue un modèle pour les jeunes Palestiniens qui ont grandi sous l'occupation israélienne.

Une grande prison à ciel ouvert

Gaza est devenue la plus grande prison à ciel ouvert du monde et ses habitants sont pour la plupart les descendants de ceux qui ont fui les expropriations israéliennes septante ans plus tôt. La Bande de Gaza, qui compte près de deux millions d’habitants, est une petite bande de terre entièrement entourée d’eau, de murs et de clôtures. De toutes parts, elle est contrôlée par Israël. Le gouvernement israélien prétend s’être retiré de Gaza depuis le début des années 2000, mais en réalité l’occupation de Gaza n’a jamais cessé. Depuis l’arrivée au pouvoir du Hamas, Israël continue d’étrangler Gaza par un blocus sur la circulation des personnes et des biens. Rien ni personne ne peut librement entrer ou sortir de Gaza. Une manifestante présente lors des protestations vendredi, une Palestinienne et ses cinq enfants, a déclaré à un journaliste international : « Que ce soit par balles ou par le blocus, Israël nous tue dans tous les cas ». 

La « Journée de la terre » et le non-respect du droit international

Plusieurs mouvements de base ont appelé à cette grande mobilisation qui a débuté le vendredi 30 mars. Des milliers de familles palestiniennes ont installé des tentes à quelques centaines de mètres de la frontière et organisent toutes sortes d'activités. Tous les groupes et factions politiques palestiniens ont soutenu l'appel, y compris le Hamas.

Ce mouvement de protestation doit se poursuivre pendant plusieurs semaines, jusqu'à la grande « Marche pour le retour » qui aura lieu le 15 mai. C'est vers ce jour-là que les États-Unis déménageront leur ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem, et ce jour est aussi le 70e anniversaire du début de la Nakba, l'exode palestinien en 1948 suite à l'expulsion de centaines de milliers de Palestiniens de leurs villages durant la guerre causée par la fondation d'Israël.

La  manifestation de la « Journée de la terre » devait marquer le début de ces semaines d'action. Mais déjà avant le début de la manifestation, un paysan palestinien qui travaillait dans son champ avait été tué par le feu d'un tank israélien. Il a immédiatement été très clair que les forces israéliennes allaient tirer à balles réelles. Et ce fut effectivement une des journées les plus sanglantes à Gaza depuis la guerre d'Israël contre Gaza en 2014. Les soldats d'occupation israéliens ont blessé des milliers de manifestants palestiniens, utilisant des gaz lacrymogènes et des balles réelles. Dix-sept Palestiniens ont été tués.

Or des images vidéo montrent des tireurs d’élite israéliens abattre des Palestiniens non armés. Des images montrent également des activistes, parmi lesquels des mineurs, prendre la fuite et être abattus d’une balle dans le dos, ou des vieillards en train de prier être abattus par des tirs. Ce sont eux, ces terroristes lourdement armés qui voulaient franchir la frontière israélienne, comme le prétend Israël ?

Lors de la « Journée de la terre », la population palestinienne commémore le souvenir de six personnes abattues le 30 mars 1976 par des policiers israéliens lors de manifestations des Palestiniens contre la confiscation de leur terre par Israël. Chaque année, le 30 mars, les Palestiniens exigent le droit au retour des Palestiniens qui ont dû fuir.

Le fait que, ce jour-là, il y a nouveau des dizaines de morts et des milliers de blessés est un exemple de la manière dont sont traités les Palestiniens qui, génération après génération, luttent pour leurs droits fondamentaux. Et, une fois de plus, la communauté internationale a juste regardé ce qui se passait. Tout comme elle l'a fait il y a quarante-deux ans.

Le droit au retour est internationalement reconnu par une résolution de l'ONU, mais il n'a jamais été respecté. Sur papier – des milliers et milliers de pages –, Israël a été à maintes reprises condamné par la communauté internationale pour violation des droits de l'homme et du droit international. Pourtant, la communauté internationale n'a jamais réussi à faire respecter ces droits. Comment est-ce possible ? Combien de morts devront-ils encore tomber avant qu'Israël applique le droit international ?

Une carte blanche aux violations des droits de l’homme

Le Premier ministre israélien Netanyahu se fiche pas mal de l’appel lancé pour la mise en œuvre d’une enquête indépendante. Son gouvernement refuse toute enquête de ce genre et il s’en tirera de toute façon. Netanyahu a d’ailleurs remercié publiquement ses tireurs d’élite pour les services rendus. De leur côté, les États-Unis ont rejeté la résolution des Nations unies appelant à une enquête indépendante. 

Au fil des ans, l’impunité des violations commises par Israël a pour ainsi dire donné carte blanche à l’actuel gouvernement qui peut tranquillement mener sa politique d’apartheid et poursuivre ses exactions. Israël sait qu’il n’y aura jamais de véritables sanctions à son encontre et que le pays peut compter sur la protection de la plus grande puissance militaire au monde. Sous Trump, le gouvernement d'extrême droite de Netanyahu a encore eu davantage le champ libre et, en conséquence, l'an dernier, il a ainsi pu constamment augmenter le nombre de colonies illégales sur le territoire palestinien.

Combien de crimes de guerre Israël doit-il encore commettre avant que la communauté internationale prenne enfin le taureau par les cornes et passe des innombrables condamnations sur papier à des actions concrètes ?

Combien de temps notre gouvernement va-t-il encore faire comme si Israël était un pays normal, avec lequel nous entretenons des relations officielles et des échanges commerciaux, commerce des armes compris ?

Nous dénonçons la responsabilité des dirigeants de nos propres gouvernements, qui ferment bien trop souvent les yeux et affaiblissent leur discours en matière de droits de l'homme pour conserver de bonnes relations avec Israël ainsi qu'avec les États-Unis. Il est temps de passer à l'action, maintenant !

              Le PTB exprime sa solidarité envers le peuple palestinien et le soutien dans sa lutte pour le respect de ses droits fondamentaux

  • Le PTB appelle à se rassembler ce jeudi 5 avril à la Gare centrale à Bruxelles pour une action de protestation en solidarité avec Gaza. Stop à l'occupation ! Infos sur l'événement Facebook
  • Le PTB soutient l'appel de BDS, une initiative pacifique lancée par 171 organisations palestiniennes et qui bénéficie d'un large soutien dans le monde. BDS signifie boycott, désinvestissements et sanctions contre Israël tant que cet État viole le droit international.
  • Le PTB demande que des sanctions soient prises contre la politique de colonisation israélienne. Tous les États ont le devoir de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour faire en sorte qu'Israël se plie au droit international, comme la Cour internationale de justice nous l'a rappelé en 2004.
    À cet effet, le PTB dépose une résolution au Parlement fédéral et demande que celle-ci soit mise à l’ordre du jour.              

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Commentaires

Avant de s'étendre sur le conflit israélo-palestinien, dramatique certes, mais dont l'enjeu, depuis des décennies, a divisé l'opinion publique, il serait aussi de notre devoir de regarder dans une autre direction. vers l'Ukraine par exemple. Aux frontières de l'Europe, la Russie mène une guerre fratricide qui perdure depuis bientôt 4 ans sans que notre gouvernement et nos institutions ne réagissent. Obama avait tenté d'apporter son aide mais hélas depuis que Trump est au pouvoir, les Etats-Unis ont décidé eux-aussi de mettre en attente ce dossier épineux. La Russie de Putine a violé tous les droits et des milliers d'ukrainiens sont morts, ceux-là même dont les pères ou grands-pères s'étaient déjà battus pour leur liberté et celle de l'Europe contre le fascisme. Malheureusement, les dirigeants européens préfèrent ne pas se mêler de ce conflit, car trop dangereux sur un plan commercial et politique. Si le PTB a pour ambition d'apporter son soutien au peuple palestinien, je suis pour, mais j'aimerais connaître le point de vue du PTB sur ce conflit à l'est de l'Ukraine, suite à l'invasion de la Russie en Crimée et le long de la frontière Ukraino-Russe, frontière ukrainienne à ce jour encore aux mains des Russes. Allons-nous regarder ce massacre encore longtemps sans rien faire de concret... L'Ukraine demande de l'aide à l'Europe afin de sortir de cette misère. Nous aurons certainement besoin des denrées alimentaires que propose de nous vendre l'Ukraine: céréales, fruits, légumes... qui abondent et finissent dans le panier de la Russie. Quand allons-nous réagir???