Peter Mertens. (Foto Solidair, Han Soete)

Le PTB Anvers lance sa campagne électorale sur les chapeaux de roue

A Anvers, le PTB est en pleine forme. Ce qu’ont pu constater les quelque 500 personnes venues assister à la dynamique présentation multimédia du président du parti, Peter Mertens. Lors de ce meeting « Go Left » (à gauche, toute !), il a dressé un état des lieux éclairant de notre pays. Et réaffirmé l’ambition de voir le PTB entrer au Parlement.En Flandre, depuis un certain temps, des dirigeants de partis, comme Bruno Tobback, président du sp.a, et Siegfried Bracke, de la N-VA, font campagne en dressant des constats de la situation du pays. Bruno Tobback affirme quant à lui que le problème, c’est qu’ «  aujourd’hui, tout le monde est suspect. Les entrepreneurs sont par définition des fricoteurs, et celui qui perd son emploi n’a, lui, qu’à s’en prendre à lui-même  ». Sa solution  : «  Être transparent sur les objectifs et moyens de l’État. Par exemple les allocations familiales  : il y a plusieurs cases pour fonctionnaires, salariés et indépendants. Il faut supprimer cela, donner la même chose à tout le monde et communiquer clairement sur les corrections sociales. » Quant à Siegfried Bracke, dans son road-show Op café met Bracke, il brandit chiffres et tableaux pour prouver que la situation du pays est exécrable et conclure de manière très prévisible  : «  Les réformes socio-économiques sont des réformes de l’Etat. Elles sont liées, et il faut les deux. Des réformes durables sont impossibles en Belgique sans confédéralisme, les deux vont de pair. »

C’est tout autre chose qu’on entend chez Peter Mertens, le président du PTB. Lui aussi montre tableaux et chiffres sur grand écran, mais ils sont bien différents et, surtout, il les place dans une autre perspective. Par exemple : «  Entre 2001 et 2007 – avant la crise financière –, les deux grandes banques Dexia et Fortis faisaient dans notre pays plus de 33 milliards d’euros de bénéfices. Argent qui est allé aux actionnaires privés. Puis est arrivé le crash, et les banques ont alors tendu la casquette à l’Etat. Et entre 2008 et 2013, l’Etat leur a donné 32,6 milliards d’euros de soutien, soit presque un tiers de notre dette publique totale. » Peter Mertens a vivement critiqué le fait que le gouvernement continue à suivre en droite ligne cette politique de cadeaux aux banques et entreprises, alors que, depuis des décennies, cela n’a jamais remédié à quoi que ce soit, bien au contraire. « Nous devons donc faire demi-tour à gauche, conclut-il. Vers une banque publique version 2.0, un nouveau modèle bancaire où l’Etat est garant de l’épargne, dans lequel on ne recherche pas les marchés à haut risque et on n’achète pas de crédits pourris, une banque publique dont les bénéfices retournent à la société, qui investit dans l’économie réelle, dans l’énergie verte, dans la mobilité et le logement. Tel est le modèle bancaire que nous défendons. »

Déductions fiscales pour les grande entreprises  : 14,8 milliards. Coût du vieillissement  : 0,65 milliard

Autres chiffres, autre perspective, également en matière de fiscalité. Peter Mertens remontre vidéos, infographies et tableaux. D’où il ressort entre autres que, en 2011, l’Etat a eu 182 milliards de rentrées : 23 % via l’impôt des personnes ; 22  % via les taxes à la consommation ; 30 % via les cotisations sociales sur le travail.
 « Au total, environ deux tiers des rentrées de l’Etat proviennent donc des salariés et seulement 6 % de l’impôt sur les sociétés. Un record historique », souligne le président du PTB.

Un autre coup qui fait mouche est celui des déductions fiscales par lesquelles les multinationales en Belgique arrivent à ne payer quasiment pas d’impôt. Une perte pour l’Etat de 14,8 milliards d’euros, chaque année. Et, pour mettre cela en perspective, Peter Mertens rapelle ce que va coûter le vieillissement de la population  : 650 millions d’euros. Vingt fois moins ! 

Des cacahuètes pour les pauvres, des milliards pour les intérêts notionnels

Lors de leur entrée en fonctions, le gouvernement et la secrétaire d’Etat à l’Intégration sociale Maggie De Block ont promis de sortir 380.000 personnes de la pauvreté d’ici 2020. Peter Mertens renvoie simplement au rapport annuel Pauvreté et Exclusion sociale de l’Université d’Anvers sorti la semaine dernière. 15,3 % des Belges sont pauvres. Un enfant sur dix naît dans une famille vraiment pauvre. « Le bilan de ce gouvernement est donc négatif, la situation ne s’améliore pas, elle empire. » Et de mettre à nouveau les choses en perspective : il faudrait 1,25 milliard pour relever les allocations au-dessus du seuil de pauvreté mais, rien qu’avec les intérêts notionnels, en 2012, le gouvernement a donné 6,2 milliards d’euros de cadeaux aux (surtout grandes) entreprises. Les gens les plus défavorisés ne peuvent bénéficier de ce 1,25 milliard d’euros parce que le gouvernement donne 6,2 milliards aux banques et grandes entreprises, argent que celles-ci font passer dans les poches de leurs actionnaires. Pour Peter Mertens, c’est simplement «  un scandale  ».

Emploi, justice, démocratie… Peter Mertens passe la politique gouvernementale au peigne fin avec des chiffres, infographies et enregistrements vidéo. Le tout, de manière prenante, dynamique et attractive. Il poursuivra cette série de meetings en Flandre, ailleurs dans la province d’Anvers, à Malines, à Turnhout (17 janvier)… 

«  J’ai entendu ce soir ce qu’à mon avis peu de gens savent  »

Près de 500 personnes étaient venues écouter le bilan et l’analyse de Peter Mertens sur les deux années de travail du gouvernement Di Rupo. Qu’en ont-ils pensé ?

Mathias Heydt

J’ai été impressionné par cette soirée. Question contenu, c’était très fort, mais cela, je m’y attendais. Ce qui en revanche m’a surpris, c’est qu’il y avait tant de monde.  Je me retrouve entièrement dans ce qui a été dit ce soir. C’est une bonne chose que Peter Mertens et le PTB réussissent à expliquer ces idées et points de vue de manière compréhensible et humaine. A une soirée comme celle-ci, on voit aussi que le PTB est un parti en pleine croissance  : il y a beaucoup de monde et aussi beaucoup de gens qui travaillent bénévolement. C’est vraiment bien qu’on arrive à réaliser une telle chose  !

Adioubanel El Hassouni

Ce soir, je viens de découvrir le PTB, et c’était une bonne première expérience. Une soirée comme celle-ci est une très bonne manière de découvrir ce parti.

Elise Boons

J’ai trouvé cela très intéressant. Ce soir, j’ai entendu beaucoup de choses qu’à mon avis peu de gens savent. Les autres partis enrobent toujours énormément les choses, mais le PTB est droit sur la balle  : c’est clairement un parti qui est pour les gens, mais aussi par les gens. Je ne suis pas membre du PTB, pas encore du moins, et j’ai bien l’intention de la devenir. Et j’espère que davantage de gens vont ouvrir les yeux. Que tout le monde ne va pas rester devant sa TV pour regarder De Slimste Mens et après voter pour quelqu’un comme De Wever parce qu’il a l’air marrant, mais que plus de gens vont comprendre comment fonctionne la société et qu’il faut que ça change. 

Dirk Weyn

Cela fait du bien, une telle soirée où l’on voit des gens qui pensent dans la même direction que vous. Le plus important pour moi ce soir, c’était ce qui a été présenté sur l’emploi. Le travail, c’est important  : si on veut que les gens puissent sortir de la pauvreté, il faut faire en sorte qu’ils puissent trouver un emploi. Je suis persuadé que le PTB va faire un bon score aux élections de 2014, et peut-être qu’il va même cartonner ! En tout cas, selon les sondages, c’est possible. C’est la première fois que le PTB est repris dans les sondages – c’est déjà un fameux changement – et cela montre que des choses sont en train de bouger.

Katja De Wit

En tant qu’Anversoise et habitante de Hoboken, j’ai trouvé la partie sur la justice très intéressante. Certainement ici à Anvers, où le résultat d’un procès dépend souvent de l’humeur du juge. Et le système des amendes SAC est du pur arbitraire. Quelqu’un qui ne paie pas l’amende pour détention de drogue douce a directement affaire à une très lourde répression. Mais, lorsqu’il s’agit d’affaires sérieuses, comme la grande fraude etc., la justice n’y consacre alors que peu d’attention. Pour moi, le PTB est la seule alternative, et c’est pour cette raison que je viens de me faire membre.

Guy René Bongers

Ce soir, beaucoup de choses tournant autour de l’argent ont été évoquées, mais ce qui a été dit était juste. Je trouve très important que, maintenant, nous retroussions nos manches, que nous travaillions à changer la société et à être plus solidaires les uns des autres. Vu où en sont les choses actuellement, ce n’est pas possible qu’il n’y ait pas de réaction. Il faut que plus de gens choisissent de voter PTB.

Anja Staes et Annie Vercammen

Pour nous, c’est la première fois que nous venons à une telle présentation, et nous avons beaucoup apprécié. Cela nous a beaucoup apporté. Nous avons été frappées de voir que le PTB était encore bien plus proche des gens que nous le pensions. Et cela, ça inspire. Nous espérons que le PTB continuera comme ça, et qu’il aura des élus au Parlement.

Axel van Dongen

C’était choquant de constater que certaines entreprises ne paient quasiment pas d’impôts, et que cette charge revient alors entièrement sur les épaules du simple citoyen. Et, alors qu’il n’y a tout simplement pas assez d’emplois, on reproche aux chômeurs d’être au chômage. Autre aberration, qui n’a pas été abordée ce soir mais que je trouve très importante  : le fossé  entre les salaires et les loyers. Un loyer normal devrait être environ un cinquième du salaire, mais actuellement c’est beaucoup plus. Je trouve qu’il faut l’un des deux  : soit les salaires doivent augmenter, soit les loyers doivent diminuer. Autrement, le logement devient réellement impayable. Je viens de remplir l’enquête du PTB, et à ce sujet je voudrais encore dire  : je suis entièrement d’accord avec le fait que la Belgique doit rester unie. Les partis qui prétendent que nous devons nous débarrasser des Wallons pour résoudre les problèmes, je trouve ça tout simplement dégoûtant. 

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Bruno Ramsdonck

En tant que citoyen critique, j’étais déjà au courant de certains faits et chiffres, mais j’ai trouvé vraiment agréable de voir que je n’étais pas le seul à penser comme ça. Nous sommes en fait nombreux à être d’accord. C’est pourquoi j’espère que le PTB continuera à faire ce qu’il fait. 

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