Wagons bondés, une femme enceinte et un vieillard bousculés. Le 18 août 2017, une action symbolique était organisée par la CGSP Cheminots et une série d’associations pour montrer les conséquences d’un service minimum. Photo : Michael Verbauwhede

Le Parlement vote un « service minimum » à la SNCB, là où le PTB voulait un « service maximum »

C’est durant la nuit du 16 au 17 novembre, à 2h30, que le « service minimum » pour le rail a été voté. Le député fédéral PTB Raoul Hedebouw a dit ses quatre vérités au gouvernement à propos de l'attaque contre le droit de grève à la SNCB : « Le service minimum, vous l’organisez déjà en économisant des milliards sur la dotation de la SNCB, en fermant des guichets, en rendant les trajets plus lents. Ce que nous voulons, c’est le service maximum pour les voyageurs ! »

Après le débat au Parlement, Raoul Hedebouw a publié sa réaction sur sa page Facebook. La voici.

« Le service minimum, vous l’organisez déjà en économisant des milliards sur la dotation de la SNCB, en fermant des guichets, en rendant les trajets plus lents. Ce que nous voulons, c’est le service maximum pour les voyageurs ! »

C’est ce que j’ai dit cette nuit au ministre Bellot (MR) et aux partis de la majorité lors de mon intervention à propos de ce qui est appelé la loi sur le service « minimum » ou « garanti ».

J’ai aussi précisé : « La différence entre vous et moi, monsieur le ministre, c’est que vous n’admettez pas la réalité. Jour après jour, les voyageurs sont confrontés à des retards permanents. Est-ce que vous les voyez, ces panneaux indicateurs aux inscriptions en rouge ? 23 minutes, 16 minutes de retard, ... Tout cela parce que vous refusez d’investir dans le transport public ! C’est là qu’est le débat central. »

François Bellot a dû se dire : « Houlà, on ne va quand même pas aborder le fond de l’affaire… » Il a donc décidé de m’interrompre, pendant un quart d’heure. La solution, a-t-il d’abord dit, c’est de faire dépendre le salaire variable des « managers de ligne » de la ponctualité. La solution, s’est-il ensuite corrigé, c’est en fait de ne rien faire, car les retards sont la conséquence de « causes externes » (ce qui est faux, la cause la plus importante est le matériel défectueux). Ou plutôt non, s’est soudain repris Bellot, la cause réside dans « la culture d’entreprise », avant d’évoquer le contrat de gestion (celui que l’on attend depuis 2012). Bref, le ministre a sorti tout ce qu’il pouvait de sa manche pour noyer le débat.

« Vous venez de palabrer pendant un quart d’heure sur vos plans pour la SNCB », lui ai-je lancé, « mais vous n’avez pas parlé une seule fois des hommes et des femmes qui y travaillent, de ces cheminots qui doivent faire tourner ce service public. C’est pourtant eux, et leurs droits, que vous attaquez par ce projet de loi. »

Car la nouvelle loi s’en prend avant tout au droit de grève. L’action collective est le seul droit dont disposent les travailleurs pour montrer leur force lorsqu’ils ne sont pas d’accord avec une décision non-démocratique prise par leur employeur ou par le gouvernement. Quand, par exemple, on n’est pas d’accord avec la hausse de l’âge de la pension, il y a deux options : se taire et se laisser marcher dessus, ou l’action collective.

La nouvelle loi n’avantagera d’ailleurs pas les voyageurs, au contraire. Cela apportera encore plus de chaos lors de journées de grève. Même si la moitié des trains devaient rouler, il est physiquement impossible d’y faire entrer tous les navetteurs aux heures de pointe, ce qui créera des bousculades et encore plus de problèmes. En effet, comment expliquer à son employeur qu’on n’a pas réussi à monter dans le train, alors que celui-ci était en service ? Est-ce que vous avez vraiment essayé de vous rendre au travail ?

« Vous auriez mieux fait d’entamer un véritable dialogue, monsieur le ministre, parce que, maintenant, vous n’avez pas de réponse aux problèmes pratiques », ai-je conclu. « Et, ce ne sera peut-être pas dans une heure, dans une semaine ou dans un mois, mais je peux vous garantir que le mouvement social ne se laissera pas priver de ses droits  démocratiques. Nous allons reprendre les droits que vous lui retirez aujourd’hui ! »

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