Dessin Mauro Biani

Le gouvernement Michel-De Wever augmente les inégalités hommes-femmes: pension, pauvreté, santé...

Les mesures prises par le gouvernement fédéral cadrent parfaitement avec une politique de coupes budgétaires de droite, radicale et totalement défavorable aux femmes. « Éliminer les inégalités », « Accorder une attention particulière aux différences qui existent entre les femmes et les hommes » dit l’accord de gouvernement. En réalité, en choisissant de faire payer la crise aux familles, le gouvernement ne fait que renforcer les inégalités dont sont victimes les femmes. Une analyse de Maartje De Vries, présidente de Marianne, l'organisation des femmes du PTB.

Le gouvernement fédéral Michel-De Wever se dit investi d’une mission à caractère social. Ainsi peut-on lire au point 11.1.2 de l’accord de gouvernement fédéral : « Le gouvernement œuvrera à intégrer la dimension du genre dans chaque domaine politique en vue d’éliminer les inégalités existantes et d’éviter que la politique gouvernementale ne crée ou ne renforce une inégalité entre les femmes et les hommes (gendermainstreaming). Une attention particulière sera accordée aux différences qui existent entre les femmes et les hommes dans le cadre des réformes socioéconomiques. »

Joliment dit, non ? Malheureusement, la réalité est tout autre. Les mesures prises par le gouvernement sont surtout symptomatiques d’une politique de coupes budgétaires de droite, radicale et totalement défavorable aux femmes.

L’augmentation de l’âge de la pension touchera principalement les femmes

En matière de pensions, le gouvernement Michel-De Wever a décrété que pour pouvoir prendre sa pension le travailleur devra comptabiliser 42 ans de carrière. Il ne tient absolument pas compte du fait que trois femmes sur quatre n’atteindront jamais une carrière de 42 ans, tout comme il ne tient pas compte du fait que les femmes continuent d’assurer la grande majorité des tâches ménagères et qu’elles supportent par conséquent une double charge de travail. De même, le gouvernement néglige totalement le fait que l’espérance de vie en bonne santé entre les femmes moins qualifiées et les femmes qui ont un plus haut niveau d’instruction est de 18 ans.

Sans oublier le fait que les femmes interrompent leur carrière ou travaillent à mi-temps bien plus souvent que les hommes. Autrement dit, l’augmentation de l’âge de la pension touchera principalement les femmes, qui seront obligées de travailler jusqu’à leurs 67 ans. À l’heure actuelle, près de 59% des femmes pensionnées vivent avec une pension inférieure au seuil de pauvreté. L’allongement des carrières, la suppression de la pension de ménage et l’augmentation de l’âge pour la pension de veuve, toutes ces mesures ne feront qu’accroître le risque de pauvreté pour les femmes pensionnées. (Lire aussi l’article « Le ministre Bacquelaine ne connaît pas ses chiffres : six femmes sur dix devront travailler jusqu’à 67 ans ! »)

Les femmes en situation précaire plus vite dans la pauvreté

Parmi les groupes de femmes confrontées à un risque élevé de pauvreté, on retrouve les chômeuses, et en particulier les chômeuses de longue durée avec statut de cohabitante, qui sont plus sévèrement touchées par la politique d’activation et de dégressivité des allocations. Une fois encore, le gouvernement Michel-De Wever ne tient absolument pas compte de la situation de vulnérabilité à laquelle les femmes sont confrontées. En durcissant sa politique d’activation, le gouvernement accentue le risque de pauvreté auquel les chômeuses sont exposées.    

La modification de l’allocation de garantie de revenus (AGR) favorise l’appauvrissement des femmes, puisque la majorité des travailleurs à temps partiel sont des femmes. En réduisant de moitié, au bout de deux ans, l’AGR attribuée aux travailleurs(-euses) à temps partiel involontaire, le gouvernement s’attaque , une fois encore, au pouvoir d’achat des femmes, et des ménages.

Payer plus pour un séjour plus court en maternité

Il n’y a pas qu’en matière d’emploi et pension que le gouvernement Michel-De Wever s’attaque particulièrement aux femmes, il le fait également en matière de santé. Maggie De Block, actuelle ministre de la Santé et ancienne secrétaire d’État à la lutte contre la Pauvreté, a un plan subtil pour économiser 355 millions d’euros sur l’assurance maladie dès l’an prochain. Elle prévoit notamment d’augmenter les tickets modérateurs pour certains spécialistes, comme le gynécologue, ce qui rapporterait 39 millions d’euros. Concrètement, les femmes paieront désormais 12 euros de leur poche pour une visite chez le gynécologue. Elle envisage également d’écourter le séjour en maternité. Autrement dit, les femmes qui accoucheront sans complication devront désormais quitter la maternité une demi-journée plus tôt. 

Wallonie et Bruxelles : l’inquiétante incertitude

Si l’austérité fédérale est claire et frontale, il est à l’heure actuelle difficile d’estimer l’impact des mesures budgétaires régionales. Cependant, on peut déjà craindre les effets de certaines décisions, notamment le report de nombreux investissements. 50 % des coupes orchestrées par le gouvernement wallon concerneraient ainsi des blocages d’investissements. 340 millions d’investissements prévus en 2015 serton ainsi bloqués. Des fonds qui devaient servir à construire des crèches, maisons de repos, infrastructures sportives, etc. Les femmes étant encore souvent plus sollicitées que les hommes pour s’occuper des enfants et des personnes âgées, ces reports d’investissements vont certainement alourdir encore la charge de travail des femmes. À noter qu’en Flandre, le gouvernement Bourgeois a déjà annoncé une économie de 133 mllions d’euros sur les services d’accueil de l’enfance, ainsi qu’une augmentation du tarif journalier.

Par ailleurs, des coupes sont annoncées dans les titres-services, mais la ministre wallonne de l’Emploi, Éliane Tilieux, refuse toujours de donner la moindre information sur le sujet. Ce secteur emploie en Wallonie 32 000 travailleurs, principalement des femmes, dont l’emploi est ainsi menacé.

Investir dans le public

Marianne, le mouvement des femmes du PTB, réclame des investissements dans le secteur public, car un secteur public fort pourra garantir des emplois stables et décents. Et avoir un emploi décent est capital pour assurer l’indépendance économique des femmes. Investir dans les services publics d’accueil de l’enfance est la seule manière de garantir des services de qualité, accessibles et abordables.

Enfin, il faut donner aux femmes la possibilité d’avoir une carrière complète, c’est pourquoi nous refusons toute augmentation de l’âge légal de la pension et réclamons le maintien du droit à la prépension.

Marianne ne laissera pas le gouvernement aggraver les inégalités sociales des femmes. Marianne propose donc avec le PTB un plan Cactus pour une véritable alternative sociale et lance à tou(te)s un appel à rejoindre la résistance sociale ! 

Lire ici le Plan Cactus du PTB : www.ptb.be/plancactus.

 

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Commentaires

c'est honteux de faire cela.....je ne suis pas d'accord