Action de la plateforme "Belfius est à nous" devant le siège de Belfius. (Photo Belfiusestanous)

Le conseil communal de Zelzate vote une motion pour que Belfius devienne une banque publique

auteur: 

Geert Asman

Le PTB Zelzate a répondu positivement à l'appel de la plateforme associative « Belfius est à nous » (www.belfiusestanous.be) pour que chaque commune prenne position contre la privatisation de Belfius et pour que Belfius devienne une banque publique.

L'appel de la plateforme rejoint la position du PTB (voir http://ptb.be/articles/belfius-retour-en-arriere-ou-banque-publique-20).

Le groupe PTB Zelzate a mis le point à l'agenda du conseil communal. Celui-ci a été traité le jeudi 18 janvier lors d'une séance qui promettait d'être animée. En effet, selon le PTB local, cette motion avait très peu de chances d'être approuvée.

« Au contraire des banques privées qui ferment leurs filiales locales à un tempo accéléré et suppriment ainsi l'accessibilité des services bancaires, comme c'est la cas à Zelzate-Ouest, une banque publique pourrait à nouveau miser sur un ancrage local au service des citoyens », a souligné le conseiller communal PTB Steven de Vuyst en plus de nombreux autres arguments, avec une traduction au niveau local : « Une banque publique peut planifier et offrir à long terme  des crédits pour les besoins réels économiques, sociaux et écologiques, à l'opposé des banques privées qui investissent principalement dans ce qui peut rapporter un rendement maximal dans le délai le plus court possible. Pour Zelzate, cela signifie que nous pourrions à nouveau investir avec des crédits bon marché dans l'espace public et la rénovation des rues et des trottoirs. »

Plusieurs conseillers communaux de la majorité ( Open VLD, NV-A et CD&V ) ne se sont pas montrés insensibles à cet appel et se sont abstenus lors du vote, ce qui a permis à cette motion d'être finalement approuvée, certes à une très courte majorité. Celle-ci sera transmise au gouvernement belge.

La motion intégrale sur la privatisation de Belfius :

En 2011, l'État belge a racheté la part belge du groupe Dexia pour 4 milliards d'euros. Quelques mois plus tard, la banque a reçu un nouveau nom : Belfius. Le groupe Dexia est né en 1996 suite à la fusion du Crédit communal de Belgique et du Crédit local français, deux banques spécialisées dans le financement des pouvoirs locaux. La reprise de Bacob-Artesia en 2001 a renforcé la présence de Dexia dans le secteur des organisations sociales. Belfius hérite en conséquence d'une longue tradition de financement de pouvoirs locaux et de gestion publique. Le nom de Belfius traduit d'ailleurs littéralement cette réalité : Belfius = BELGium FInance US.

Aujourd'hui, Belfius investit toujours un tiers de son portefeuille d'investissements (qui s'élève à environ 90 milliards d'euros) dans le secteur public, principalement dans les pouvoirs locaux. L'avenir de la banque Belfius est donc un enjeu très important pour les villes et communes.

Dès son entrée en fonctions, le ministre des Finances Johan Van Overtveld avait clairement fait comprendre sa volonté de privatiser Belfius. La décision du gouvernement d'une entrée partielle en bourse est tombée en juillet 2017, sans débat préalable, et elle se fonde principalement sur le dogme que l'État n'a pas pour fonction de diriger une banque.

Le mantra qu'il n'appartient pas à un État de diriger une banque est en effet un dogme. La littérature académique et les exemples étrangers montrent qu'une banque publique efficace et sûre est parfaitement possible et qu'elle peut apporter une nette valeur ajoutée à l'économie nationale et à la collectivité.

De plus, une banque publique belge peut avoir une mission pour la collectivité et prévoir des moyens pour des projets d'investissements indispensables afin d'effectuer la transition vers une société sociale et écologique.

Enfin, l'ancienne banque Dexia a été sauvée par l'argent du contribuable, et les pertes causées par la spéculation irresponsable ont été épongées par la collectivité. Maintenant que la banque est assainie, on la pomponne pour une entrée en bourse et les bénéfices seront de nouveau privatisés. Il est inacceptable que, quand les choses tournent mal, ce soit à l'État d'intervenir et, quand tout va de nouveau bien, les profits disparaissent dans les poches des actionnaires.

C'est pourquoi le conseil communal de Zelzate demande au gouvernement fédéral :

de revenir sur la privatisation partielle de Belfius et de maintenir Belfius dans le giron public ;
d'ouvrir un débat de société sur le mandat de Belfius en tant que banque publique et sur sa gestion.

Le PTB appelle tous les conseils communaux à voter une telle motion et à envoyer ainsi un signal fort au gouvernement.

 

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