Photo : Kmeron/Flickr

La création artistique est-elle devenue une loterie ?

La Ministre de Culture en Fédération Wallonie-Bruxelles, Alda Greoli, a dévoilé les noms des institutions et associations qui bénéficieront d’un contrat-programme 2018-2022. Cris de joie d’un côté ; larmes, colère et incompréhension de l’autre : le PTB s’inquiète.

Sur les 295 demandes de contrat-programme, Alda Greoli en a octroyé 236 dont 42 bénéficient pour la première fois de ce système. Pour rappel, les contrats-programmes sont des conventions signées entre le ministère et un opérateur culturel, lui garantissant des subsides pour une durée de cinq ans, à condition de remplir des obligations précises, fixées conjointement. Le cahier des charges peut porter, entre autres, sur des objectifs de création ou des obligations pédagogiques.

 

Sur les 295 demandes de contrat-programme, Alda Greoli en a octroyé 236

Sans vouloir juger de la qualité du travail des uns et des autres, le PTB s’interroge néanmoins sur le système et les critères qui sous-tendent les décisions. En effet, on constate pour certaines structures existantes, une augmentation sensible du budget de leur contrat-programme. Certains voient leurs subsides croître de 10%, ce qui représente pour certaines grandes structures des centaines de milliers d’euros. D’un autre côté, des petites compagnies qui vivotaient avec des montants déjà dérisoires se voient retirer leur contrat-programme, et, dans le même temps, la possibilité de toute coproduction. Tout cela ressemble à une loterie dont ni les artistes ni le public ne sortent jamais gagnants.

Quels sont les éléments qui ont guidé les décisions de la Ministre Greoli ? Les artistes qui se battent depuis des années pour créer dans des conditions souvent dramatiques méritent de la transparence. S’il faut remarquer une revalorisation globale du budget de la Culture en Fédération Wallonie-Bruxelles, on ne peut s’empêcher de souligner qu’il s’agit avant tout d’une indexation attendue depuis des années par les créateurs et les lieux de culture. Pour lutter contre la marchandisation de l’art, d’importants moyens doivent être déployés. Comme on le dit souvent, le service public est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas et la culture fait très certainement partie de ce patrimoine commun. Que le PTB veut divers, accessible et démocratique.

Le PTB s’inquiète du saupoudrage des subventions qui induit une concurrence dommageable entre tous les acteurs du monde culturel

Le PTB s’inquiète donc du saupoudrage des subventions qui renforce les grosses structures en place, pénalise les petites compagnies et induit une concurrence dommageable entre tous les acteurs du monde artistique et culturel. En effet, 30% du budget alloué aux contrats-programmes sont attribués à de grosses structures de musique classique, alors que rien n’est fait au niveau de l’éducation pour ouvrir cette musique aux classes populaires. Dans le même temps, de petites structures de création qui pratiquent une culture populaire, inventive et ouverte sur la diversité voient leur subside fortement diminué ou supprimé. Cette décision aggrave encore la précarité de leur travail, voire signe leur arrêt de mort.

Un autre effet de ces décisions est d’encore grossir le nombre d’artistes et de travailleurs de la culture qui allongeront les files de chômeurs, alors que l’on sait avec quelles difficultés ils obtiennent le statut de l’artiste aujourd’hui à l’ONEM. S’agit-il d’une volonté politique visant à renforcer une certaine culture « officielle » accessible aux nantis au détriment des cultures populaires ? L’un des critères d’attribution des contrats-programmes est la rentabilité des lieux culturels. Au PTB, nous refusons que la culture devienne une activité commerciale comme une autre. Nous revendiquons aujourd’hui une transparence totale dans l’octroi des différentes subventions culturelles mais aussi un retour de la culture dans la vie de chacun. En commençant par réhabiliter l’expression artistique à l’école et l’art dans l’espace public.

 

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Commentaires

quand vont il comprendre que l on dois se nourrir de culture de savoir intellectuelles et de culture vitale de la nourriture saines . LES ARTISTES N ONT pas DE Statut RECONNUS EN BELGIQUE MAIS ONT TAXE A 50 pour cent ?????????????? UNE VENTE DE TABLEAU PAR EXEMPLES LA POLITIQUE BELGE EST TELLEMENT ILLOGIQUE je dirais presque mondialement ILS FAUT que ca CHANGE TOUTES SES LOIS qui datent de napoléon ???????? FAUT FAIRE UNE GRANDE MISE A JOUR LA CE N EST PLUS POSSIBLES STOPPONS L HÉMORRAGIE
Les décisions des ministres sont la plupart du temps issues des décisions des commissions d'avis. Les grosses structures contrôlent généralement implicitement les instances vu quelles ont un monopole de fait. De surcroît les instances d'avis sont politisées , car les membres avec une expertise ont néanmoins ( souvent)une appartenance politique ce principe permet de ne pas devoir afficher sa sensibilité politique. Il faut reconnaître également un protectionnisme entre les membres d'une même commission. Il y aurait beaucoup à dire sur le fonctionnement des commissions qui généralement n'a pas beaucoup de lignes directricesémanent de l’exécutif à savoir le ministre. Il faudrait donc dans le cas présent identifier s'il y a une similitude des décisions entre la ministre et le conseil du théâtre . Ce qui fonctionne aujourd'hui se sont les gros projets, dans le domaine des arts plastiques ont parle même de l'artiste entrepreneur. Les 3 partis traditionnels ps , cdh, mr prônent la même politique : arts et économie . Ils argumentent que la culture relance l'économie , mais de quelle culture s'agit -il? D'une culture officielle qui doit être intégrée par les masse, on parle de médiation culturelle , ce qui consiste à dire aux gens ce qu'ils doivent comprendre ,intégrer . Il n'y a plus de tradition populaire , la culture savante qui est généralement celle de la classe dominante, la écrasée. Le ps est le grand artisan de la culture bourgeoise pour tous, Jack Lang en France en a été l' instigateur. Il y a un dogmatisme à l'égard de l'art contemporain l'épreuve du temps fera le tri , il faut donc être prudent sur les consécrations trop rapide, mais les lois du marché capitaliste pousse à aller toujours plus vite, toujours plus de rentabilité. Il faudrait que des artistes qui ont les capacité financières importantes soient contraint à plus de solidarité avec des artistes marginalisés. Ils n'y a plus de "socio-culture" la tendance est la numérisation et l'innovation technique , la création est ainsi assujettie à la mécanique du pouvoir.
Hello, Pour maintenir une démocratie culturelle et une dignité des créateurs, il conviendrait d'avoir une meilleure gestion de droits d'auteur et de faire payer extrêmement cher les profiteurs que sont les vendeurs d'appareils de reprographie( imprimante, youtube,...) L'argent des droits d'auteur peut alimenter la caisse culturelle sans que le saupoudrage idéologique vienne perturber les données; le ministre est un serviteur, pas un distributeur