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La confirmation des flexi-jobs est une mauvaise nouvelle pour tout le monde (ou presque)

La Cour constitutionnelle vient d’estimer que les flexi-jobs dans l'horeca étaient conformes à la Constitution. Le gouvernement peut poursuivre sa politique de démantèlement social. Avec, dans ce cas, des contrats hyper-flexibles qui n'accordent aucune sécurité aux personnes concernées et qui entrent directement en concurrence avec les travailleurs ayant des emplois stables. 

Flexibiliser davantage encore le marché de l'emploi constitue une mauvaise nouvelle pour les travailleurs, les demandeurs d'emploi et même les petits indépendants qui, non seulement, voient leurs clients s'appauvrir, mais seront aussi mis en difficulté par leurs concurrents plus puissants. Seules les entreprises plus importantes et leur gouvernement libéral peuvent se réjouir aujourd'hui.

« La Cour constitutionnelle peut bien estimer que les flexi-jobs dans l'horeca ne sont pas anticonstitutionnels, ils n’en restent pas moins des emplois hyper-flexibles et précaires qui se moquent des conditions de travail et de salaire », explique Germain Mugemangango, porte-parole du PTB. Plus que jamais, le PTB continue de plaider en faveur de la création d'emplois dignes et stables qui permettront vraiment aux gens d'assurer leur avenir.

Un contrat « zéro heure » comme ultime dumping social

Dans les faits, les personnes assurant ces flexi-jobs se voient imposer un contrat « zéro heure ». Dans un « contrat-cadre », le travailleur potentiel se déclare prêt à travailler sur appel, chaque fois que l'employeur le jugera nécessaire. Sans la moindre garantie du nombre d'heures et donc sans la moindre garantie d'un revenu. Au contraire des travailleurs ordinaires, ces flexi-travailleurs peuvent à tout moment être appelés au travail et doivent se déplacer, même pour une petite heure de travail. Ils peuvent être mis au travail en dehors des horaires et sans respect de la législation sur les temps de repos.

Le salaire d'un flexi-travailleur repose en outre sur l'arbitraire

Le salaire d'un flexi-travailleur repose en outre sur l'arbitraire, dans lequel seul un minimum de 9,18 euros par heure doit être respecté, sans barème, sans ancienneté et, par conséquent, avec un salaire de référence pour la sécurité sociale qui risque de dégringoler en dessous du salaire minimum légal. Enfin, les cotisations sociales sont limitées (ce qui va encore aggraver le déficit de la sécurité sociale). Malgré l'énorme flexibilité requise, le coût d'un flexi-travailleur se situe généralement même plus bas que celui d'un étudiant jobiste.

Jobs, jobs, jobs ?

L'actuel système des flexi-jobs n'est accessible qu'à ceux qui prennent un second job d’appoint ou à ceux qui avaient déjà un emploi trois trimestres plus tôt. Ce système ne crée pas d'emplois, au contraire. Les travailleurs avec un contrat de travail normal peuvent en effet craindre pour leur emploi face à des « concurrents » hyper-flexibles et meilleur marché.

Le système des flexi-jobs ouvre la porte au démantèlement des contrats normaux. 

Le système des flexi-jobs ouvre la porte au démantèlement des contrats normaux. Leur remplacement par des flexi-jobs a une double conséquence : d'une part, il y aura globalement moins d'heures de travail prestées (le flexi-travailleur ne travaille que quand seul l’employeur le juge nécessaire) et, d'autre part, il y aura une pression accrue pour les autres travailleurs. L'effet sur la création d'emplois sera négatif, cela va de soi.

Le petit indépendant aura toujours besoin de ses collaborateurs. Mais les entreprises plus grosses font déjà massivement appel aujourd'hui aux flexi-jobs, un an et demi à peine après leur introduction, et il ne fait pas de doute que cela va encore s'intensifier.

Allons-nous laisser Flexiland s'étendre comme une tache d'huile ?

Mettre les aînés au travail pour leur permettre de compléter un peu leur maigrissime pension ? 

Il est regrettable que la Cour constitutionnelle n'ait pas mis un terme à la mesure libérale des partis Open VLD, N-VA, CD&V et MR. C’est d’autant plus grave que le gouvernement a fait connaître son intention d'étendre les flexi-jobs au  commerce de détail et d'y incorporer aussi des pensionnés. « Mettre les aînés au travail pour leur permettre de compléter un peu leur maigrissime pension ? De la sorte, l'actuel gouvernement entend détruire complètement le tissu social en Belgique et dresser individuellement tous les citoyens les uns contre les autres. Étendre davantage encore Flexiland sert uniquement les intérêts des grandes entreprises qui ne sont que trop contentes de tirer profit d'un tel dumping social. Une fois de plus, ce sont les travailleurs qui sont les victimes. Quand ce gouvernement va-t-il donc mettre un terme à sa politique antisociale ? », déclare Germain Mugemangango. 

Le PTB plaide en faveur de la création d'emplois dignes et stables qui permettront vraiment aux gens d'assurer leur avenir.  

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Commentaires

Si le gouvernement à besoin d'argent, pourquoi ils s'attaquent pas à leurs salaires et les GROSSES voitures. Pas besoin de tout ça. Mais non ils préfèrent s'attaquer aux travailleurs, étudiants, chômeurs, handicapés etc. Les grosses fortunes on n'osent pas toucher. Pas fière d'être Belge.