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L’argent du PTB : le contraire de la politique traditionnelle du self-service

David Pestieau

L’an dernier, les rentrées du PTB se sont élevées à 921.000 euros. Les partis traditionnels ont, eux, obtenu chacun entre 5 et 8 millions. L’argent du PTB provient principalement des cotisations de ses membres, mais aussi de ce que reversent ses mandataires, qui vivent avec un salaire moyen d’ouvrier. Les partis traditionnels, eux, tirent 85 % de leurs rentrées des subsides de l’État. Ils fonctionnent de plus en plus comme des fonds d'investissements : ces dernières années et malgré la crise, ils se sont enrichis de 55%. Analyse de « fonds ».

Malgré la crise, les partis traditionnels s'enrichissent. Ces cinq dernières années, leurs avoirs totaux ont augmenté de 55% pour atteindre près de 75 millions d'euros. Les partis les plus riches sont : la N-VA, avec 10,84 millions d'euros ; puis le PS, avec 10,67 millions ; et, ensuite, le Vlaams Belang, avec 10,18 millions. De ces énormes budgets, 85% provient des caisses de l’État. Sur le site d'informations Apache.be, le politologue Bart Maddens (qui n'est pas particulièrement connu pour être de gauche) réagit : « Un mauvais caractère pourrait dire que les partis sont devenus des fonds d’investissements qui opèrent avec l’argent du contribuable. Les partis reçoivent chaque année plus d’argent qu’il n’en faut pour mener une campagne. » (Apache.be, 25 février 2014)

« Effectivement, analyse Peter Mertens, le président du PTB. Alors qu’on demande à tout le monde de se serrer la ceinture, les robinets à subsides restent grand ouverts pour les partis traditionnels qui, chaque année, se voient octroyer entre 5 et 8 millions d’euros de l’argent de nos impôts. Ils peuvent alors se permettre de coûteuses campagnes de près d’un million d’euros par parti, et encore des dizaines de milliers d’euros par candidat vedette ! Ce sont des montants absurdes. Le PTB dépensera 300.000 euros pour l’ensemble de sa campagne dans tout le pays. C’est le montant que la N-VA a dépensé en février pour sa seule campagne sur internet. »

« Les partis traditionnels fonctionnent avec l’argent de l’État, le PTB travaille avec l’argent de ses membres »

Le PTB est le seul parti qui ne reçoit pas de dotation de l’État fédéral. L’an dernier, notre parti a eu 921.000 euros de rentrées propres : 116.000 euros de nos mandataires dans les communes, villes et provinces, 655.000 euros en cotisations des membres et 140.000 euros d’autres recettes, comme celles émanant de notre journal, Solidaire.

« Avec des rentrées d’à peine 921.000 euros, nous construisons notre parti de plus de 8.000 membres,un service d’études qui fonctionne avec de nombreux bénévoles, un mensuel et un site internet en deux langues. Notre parti tourne grâce à l’engagement bénévole de nos membres et sympathisants, et non pas, sur des millions d’euros de subsides émanant de la poche du contribuable, poursuit Peter Mertens. Cela signifie aussi que nos membres sont eux-mêmes motivés pour faire du porte-à-porte, pour parler du PTB autour d'eux et lancer des actions. Nous avons distribué en quelques dizaines de jours à peine, avec l'aide de milliers de bénévoles plus d'un million de dépliants. Un record. Pour faire ce genre de boulot, d’autres partis engagent des entreprises privées qui font ensuite faire le boulot à des intérimaires sous-payés. Chez nous, ça ne marche pas comme ça. »

« 921.000 euros par an contre 5 à 8 millions d’euros par an »

Les 921.000 euros que le PTB a récoltés l’an dernier représentent un montant national, qui sert à financer le fonctionnement du parti de Liège à Ostende et d’Anvers à La Louvière. Ce n'est vraiment pas beaucoup en comparaison des montants alloués aux partis traditionnels. L’an dernier, la N-VA a s’est vu attribuer 8,14 millions d’euros. Un montant insensé. Et, chaque année, c’est rebelote. Si, en mai, le parti séparatiste réalise un score de plus de 30%, il recevra les cinq prochaines années plus de 12 millions de l’argent du contribuable. Les autres partis classiques reçoivent également un joli paquet annuel (Knack, 26 mars 2014).

« Nous refusons de spéculer avec notre argent »

Peter Mertens : « Au contraire des partis traditionnels, notre parti n’est pas un fonds d’investissements qui, ces cinq dernières années, à vu ses rentrées croître de 75%. L’an dernier, nous avons fait à peine 921.000 euros de rentrées et cet argent est ventilé sur plusieurs comptes bancaires. Tout le monde sait que nous plaidons en faveur d’une nouvelle banque publique, une CGER du 21e siècle en quelque sorte. Aujourd'hui, cette banque n’existe pas, et nous avons donc réparti les modestes moyens dont nous disposons sur plusieurs comptes. Cet argent se trouve sur de simples comptes d’épargne, car nous refusons de spéculer avec notre argent. Entre-temps, nous avons convenu avec les gens de Fairfin, qui nous conseilleront à l’avenir, du lieu où nous pouvons le mieux épargner de façon éthique. Et nous continuons à plaider en faveur d’une banque publique. »

« Celui qui ne vit pas comme il pense, finit par penser comme il vit (à 11.000 euros par mois) »

Au PTB, tous les mandataires vivent avec un salaire moyen d’ouvrier. Les rentrées supplémentaires d’un mandat sont tout simplement reversées au parti. Il s’agit là d’une règle importante pour le PTB, qui a pu ainsi l’an dernier engranger 116.000 euros. Comparez cela avec un parti comme l’Open VLD, le parti libéral flamand qui retire à peine 42.000 euros de rentrées provenant des mandats d’une flopée de mandataires locaux, de 22 députés flamands, de 13 députés fédéraux et de 6 sénateurs. « Cela signifie surtout que l’Open VLD sert à l’enrichissement personnel, estime Peter Mertens. Ils ont des dizaines de fois plus de mandataires que le PTB, mais ceux-ci gardent tout leur argent pour eux et n’en cèdent que quelques euros. C’est le libéralisme qui est en réalité l'idéologie du self-service. »

Une question de principe

« Nous, nous tenons à maintenir ce principe du salaire moyen d’ouvrier, ajoute Peter Mertens. Je vis moi-même avec 1600 euros net par mois, j’en suis parfaitement satisfait et je reverse mes rentrées supplémentaires au parti. Tous nos docteurs de Médecine pour le Peuple appliquent le même principe depuis quarante ans déjà, depuis que le Dr Kris Merckx a fondé la première maison médicale. Ne dites donc pas que c’est impossible, nous le prouvons depuis déjà quatre décennies par notre pratique. Et tous nos élus futurs continueront eux aussi à vivre du salaire qu’ils gagnent aujourd’hui, à savoir un salaire moyen d'ouvrier. C’est non seulement important pour le financement du parti, mais ce l’est encore beaucoup plus pour l’engagement personnel. En effet, celui qui ne vit pas comme il pense, finit rapidement par penser comme il vit. Et, pour les ministres, cela signifie alors penser à 11.000 euros par mois ; pour les parlementaires, à 6.000 euros par mois, avec encore un jeton de présence par-ci, un conseil d’administration par-là, et une belle prime de départ par-dessus le marché. Dans notre programme, nous estimons que les ministres peuvent gagner au maximum trois fois le salaire ouvrier moyen. C’en sera alors terminé de cette culture des 11.000 euros mensuels et d’un vie totalement déconnectée de la réalité des gens, comme c’est la caractéristique de certains cercles. »

Les salaires et les primes de départ des parlementaires et des ministres doivent être diminués, de même qu’il convient de revoir le financement public des partis. Non seulement parce que ces dotations, primes et salaires sont bien trop élevés, mais aussi parce qu’ils font en sorte que le fossé entre le mode de vie des représentants politiques et la réalité quotidienne de la population ne cesse de s’élargir », conclut Peter Mertens.

 

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Commentaires

Nos élus se doivent a ceux qui ont fait de la sorte qu'il en soit ainsi. Donc tous les elus a quelque niveau que ce soit, doit verser son salaire au Parti et au Parti a renumerer le ou la camarade. David dit un salaire d'un ouvrier moyen, je dirais plus, un salaire d'un ouvrier specialisé. Ceci etant dit quoiqu'il arrive, notre Partid doit imperativement, maintenir ce principe et pas comme dans la plupart des autres partis ou les elus ne versent (quand il versent) qu'une petite cantité de leurs salaires a luers parti. Nos revenus son connus, mais je crois que, par exemple, en periode electoral, a la difference d'autres partis, notre parti se nourri des dons que font les militants, les affiliés et les simpathisants a travers d'une et de mille activités. (fêtes, dons personnels, vente des pin's, etc, etc) L'independance d'un parti de nos caracteristiques, est a ce prix. Vive le PTB.PVDA, vivent les travailleurs de ce pays.