Piquet devant le centre administratif de la Région flamande à Gand (Photo : Jon Hellenbrand)

Grève des services publics : rappeler au gouvernement ce que « humanité » veut dire

auteur: 

Alice Bernard

La grève a démarré hier soir ou ce matin, selon les secteurs. Rail, poste, transports en commun, administrations, écoles, ... Au menu ? La défense de nos services publics.

« Le chemin de fer, la crèche, la poste, l'aide sociale,… Jour après jour, qu’il pleuve ou qu’il vente, chaque citoyen ou presque peut faire appel à eux. Ces personnes qui, jour après jour, prêtent une oreille attentive à la société ne sont elles-mêmes pas écoutées de leur employeur, l’État. Il ne leur reste d’autre choix que l’action sociale » estime Peter Mertens, président du PTB.

Ceux qui prêtent une oreille attentive à la société ne sont pas écoutées de leur employeur, l’État. Il ne leur reste d’autre choix que l’action sociale

A Anvers, Bruxelles, Liège, Gand, Charleroi, Hasselt, les gares sont vides, les administrations sont fermées. Pas de ramassage des poubelles là où le service est encore communal, écluses fermées, peu de distribution de courrier (les grands centres de tri postal sont à l'arrêt, avec un très gros piquet à Bruxelles), prisons au ralenti, seulement 4 crèches sur 29 sont ouvertes à Anvers, les « tours des finances » de Bruxelles et Liège sont fermées aussi… « Nos agents n'ont plus de possibilité de prendre leur congé tellement on manque de personnel. Nous sommes déterminés ! » ont dit les cheminots bruxellois à Raoul Hedebouw, député du PTB qui a tenu à saluer les grévistes avant d'aller au Parlement voter contre le saut d'index et le relèvement de l'âge de la pension. « Nous devons nous opposer à la privatisation vers laquelle se dirige le gouvernement. Les réductions de personnel et de moyens empêchent de continuer à rendre service à la population » ont expliqué beaucoup de grévistes aux délégations du PTB venues les soutenir.

La marche du dragon à Hasselt (Photo : Peter Vanofelt)

Des cortèges se sont formés à Hasselt (avec une marche du dragon contre l'austérité draconienne du gouvernement), à Mons (Rage-Parade) ou encore à Bruxelles pour arrêter le bain de sang social. Et ci et là, même si l'appel à la grève était lancé par la CGSP, des travailleurs affiliés à la CSC ont participé à la grève, à la Poste et à la SNCB, mais aussi au Forem, à l'Onem et au TEC à Liège, à la Stib à Bruxelles, à De Lijn et à l'Arsenal à Malines.

Les travailleurs qui sont en grève aujourd'hui sont porteurs d'avenir.

Les travailleurs des services publics poursuivent aujourd'hui le large mouvement de résistance sociale commencé au mois de septembre dernier contre gouvernement des riches et des patrons. « Nous défendons le maintien de nos droits à la pension et nous nous opposons au saut d'index comme tous les autres secteurs mobilisés aujourd'hui. Le combat doit se poursuivre » dit Jean-Claude Legrand, délégué CGSP Poste Liège. C'est pourquoi des délégations de métallos et de travailleurs de la chimie ont rejoint les piquets des cheminots à Liège et à Anvers, les métallos du Hainaut ont aidé à bloquer le boulevard Tirou à Charleroi en déclarant qu'ils sont « solidaires pour défendre notre service public, notre pouvoir d'achat ».

Les travailleurs qui sont en grève aujourd'hui sont porteurs d'avenir. Ils ne se battent pas en premier lieu pour des revendications étroites mais bien pour une société où des services publics de qualité et bon marché puissent encore occuper une place importante dans notre société. Ils se battent pour notre pouvoir d'achat à tous, pour défendre un emploi non-délocalisable,... Ils revendiquent tout simplement un peu d'humanité à un gouvernement qui n'a pas intégré ce mot dans son dictionnaire.

Piquet de grève aux TEC - Liège (Photo : Damien Robert)
Raoul Hedebouw, député et porte-parole national du PTB aux côtés des agents des services publics de Bruxelles, avant d'aller au Parlement voter contre le saut d'index et le relèvement de l'âge de la pension (photo : David Pestieau)

 

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Commentaires

Ce gouvernement d'extrème droite,à l'image de l'Europe,se replient sur eux-mêmes,il suffit de voir la réaction générale de ce panier de crabes au sujet de ces réfugiés venant des zones et de pays en guerre,guerres entre-autre provoquées par le capitalisme européen.Pour que cela change,il est impératif de remplacer ces dirigents,aussi bien nationnaux qu'européens.Pauvres de nous,tant qu'il y aura de l'égoïsme,il n'y aura pas de solidarité,malheureusement,tant en Europe qu'en Belgique il ya plus d'opinions fascisants et réactionnaires et de moins en moins de réactions progressistes. Il est urgent que les travailleurs se réveillent sinon ils se tirent une balle dans le pied!!!