Photo Solidaire, Kamiel Kelders

Gauche authentique

David Pestieau

« De toutes les réceptions de Nouvel-An, c’est celle du PTB que j’ai trouvée la plus belle » écrit Jan De Meulemeester, journaliste à VTM qui a fait le compte-rendu des réceptions politiques de tous les partis et qui était vendredi à Anvers à la réception du PTB. « Belle, car les boissons et les amuse-gueules ne viennent pas d’un traiteur avec des étudiants jobistes, mais sont faits et servis par des bénévoles du parti (...) Belle aussi car le public est particulièrement divers : il est frappant de voir des gens de tous les âges, en particulier des jeunes familles avec enfants et des nouveaux Belges. »1 
Qui a assisté ce week-end aux réceptions du nouvel an du PTB à Liège, à Gand ou à Bruxelles, vous le dira : un souffle frais et enthousiasmant se dégage de cette gauche émergente. 
Ici, pas de jeux politiques pour se positionner pour la prochaine coalition gouvernementale qui fera avaler la pilule de l’austérité. Ici, c’est l’opposition sociale qui sait que les changements se font par les rapports de force sur le terrain.
Ici, pas de discours qui sonne faux pour savoir qui pourra recevoir le mot du parti « le plus social ». Ici, on EST social, en paroles et en actes. Et pas seulement à quatre mois des élections. 
Ici, pas non plus de piques gratuites contre un adversaire politique qu’on n’affronte pas. Pas de partis francophones qui nous disent qu’il faut faire barrage à la N-VA, sans être présent en Flandre, et vice-versa. Ici, on sait que les camarades se battent partout. Que Peter Mertens affronte la N-VA de Bart De Wever. Que Marco Van Hees est la bête noire de Didier Reynders et Raoul Hedebouw le premier pourfendeur du gouvernement Di Rupo. Dans une équipe.

Comment peut-on arrêter la montée de la droite extrême, si la gauche gouvernementale fait le contraire de ce qu’elle promet ?

Oui, la fanfare libérale donne de la voix. Mais allons-nous l’arrêter en faisant confiance une fois de plus à ceux qui, au bout du compte, se rallieront à cette fanfare sans réellement combattre ? Faut-il faire confiance au Premier ministre Di Rupo qui affirme que le gouvernement a fait 22 milliards d’économies mais qu’il a « limité les mesures touchant les entreprises » ? Qui déclare que « par rapport à ce qui s’est passé dans d’autres pays, nous n’avons rien eu comme mouvements sociaux en deux ans, ce qui est important pour les entreprises »2 ? Comment peut-on inverser la logique austéritaire avec cette stratégie à reculons ? Comment peut-on arrêter la montée de la droite extrême, si la gauche gouvernementale fait le contraire de ce qu’elle promet, comme on le voit en France?

Aussi, beaucoup dans le mouvement syndical3 et associatif, dans les milieux culturels et académiques cherchent aujourd’hui un vrai relais politique de gauche. Aussi, pour « ramener la gauche à ses fondamentaux », comme le dit Josy Dubié, il faudra redévelopper le rapport de force sur le terrain, et miser sur cette gauche qui se rassemble aujourd’hui autour du PTB, avec les listes PTB-GO ! en Belgique francophone  et PVDA+ en Flandre. Ramener des députés de la gauche de la gauche au Parlement le 25 mai sera essentiel pour toutes celles et tous ceux qui veulent redonner espoir à une gauche authentique.

1. Knack.be, 25 janvier 2014 • 2. Echo et De Tijd 22 janvier 2014, voir aussi « Les marchés sont contents, Elio est content », ici • 3. Comme on le voit, par exemple, avec le débat en cours dans les syndicats, suite à l’appel du 1er mai 2012 de la FGTB Charleroi et son soutien à la démarche PTB-GO !

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