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France : travailleurs et étudiants battent le pavé tant qu’il est chaud

Nouvelle journée d’action contre les plans du président Emmanuel Macron et de l’Union européenne. Cheminots, fonctionnaires, étudiants, infirmières et bien d’autres ont repris la rue. Parfois accompagnés de travailleurs et étudiants belges… Reportage à Lille et Paris.

Les organisations syndicales et étudiantes sont mobilisées depuis des semaines contre les plans d’austérité que le gouvernement français veut imposer (lire plus ici). En cette journée de « convergences revendicatives et de luttes interprofessionnelles », selon la CGT, plus de 130 manifestations ont eu lieu dans tout le pays. Une réponse à la hauteur des attaques.

Assemblée générale à Nanterre (Paris). (Photo Solidaire, Maxime Vancauwenberge)

Casse du service public, enseignement élitiste, baisse du pouvoir d’achat pour les travailleurs ; fiscalité avantageuse et cadeaux pour les multinationales. Le gouvernement d’Emanuel Macron va loin à droite. En réaction, les syndicats voulaient faire de ce 19 avril une nouvelle journée d’action nationale. « Les luttes se multiplient partout dans le pays, touchent tous les secteurs, traversent les entreprises — publiques comme privées. Des luttes porteuses de revendications concrètes, souvent victorieuses. Une évolution d'état d'esprit qui peut contribuer à amplifier les mobilisations », selon la CGT.

« Je m’oppose à Macron et son monde »

Ce matin, plus de 50 membres de Comac, mouvement étudiant du PTB, ont rejoint deux universités parisiennes. Venus de Gand, Bruxelles ou Namur, ils ont témoigné leur solidarité avec le combat que les étudiants de France mènent depuis plusieurs semaines (lire plus ici). Au menu, assemblée générale et vote pour ou contre les blocages.

« Je ne suis pas une grande militante, s’excuse presque Shirine, étudiante en droit à l’université de Nanterre, mais je soutiens la lutte qui est menée ici. Je m’oppose à la sélection. Je m’oppose à Macron et son monde. »

Manel, étudiante en sciences politiques : « Les CRS sont intervenus dans notre université pour réprimer les étudiants. On ne va quand même pas reprendre les cours comme si c'était normal ? » (Photo Solidaire, Maxime Vancauwenberge)

La répression violente des forces de l’ordre de ces dernières semaines suite à l’occupation de certaines universités a eu l’effet inverse que celui qu’escomptait le pouvoir. Comme en témoigne Manel, étudiante en sciences politiques : « Les CRS sont intervenus dans notre université pour réprimer les étudiants. On ne va quand même pas reprendre les cours comme si c'était normal ? J'ai voté en faveur du blocage car il permet de se réapproprier le débat et de nous mobiliser contre la sélection… »

Le blocage a remporté une nouvelle fois les suffrages, à Nanterre comme à la Sorbonne. « L’université doit être accessible à toutes et tous. Je viens d'un milieu ouvrier, et pourtant je suis là, en histoire de l'art à la Sorbonne, et les générations futures doivent pouvoir aussi aller à l'université », explique Coralie.

Un mouvement soutenu par leurs professeurs : « La lutte des étudiants est respectable notamment parce ce n’est pas pour eux qu’ils se battent mais pour les prochaines générations. On doit donc être là par solidarité. Nous, on exerce ce métier pour justement permettre au plus grand nombre d’avoir accès au étude », nous confiait un enseignant de la Sorbonne en marge de l’AG.

« Des services publics forts pour tout le monde »

Avant de prendre la direction de la manifestation, Maxime Vancauwenberge, président de Comac, s’est exprimé devant les très nombreux étudiants rassemblés à Nanterre. Pourquoi autant de jeunes de Comac se sont-ils déplacés? « La sélection à l'entrée des universités que veut imposer Macron en France est également sur la table en Belgique. Cela entre dans le projet européen de former des universités d'élite. La lutte des étudiants en France est dans ce sens là une lutte européenne. Nous nous battons pour un monde où l'enseignement est un droit et pas un privilège. »

Paris. (Photo Solidaire)

Une fois au milieu de la foule, les étudiants belges ont été à la rencontre des travailleurs français. « On défend des services publics forts pour tout le monde, explique Yves, cheminot. A la SNCF, on défend juste un statut grâce auquel on vit correctement. Macron veut la flexibilité, moins de repos pour nous épuiser et déshumaniser notre job. Ca commence avec nous mais si les cheminots tombent, c'est tous les autres secteurs qui passeront à la casserole de la recette néo libérale : vivre pour travailler, et rien d'autre… »

A un peu plus de 200 km vers le nord, les travailleurs et étudiants se mettent aussi en marche sur le coup de 15h. Irène, infirmière, explique les raisons qui la poussent à manifester : « Macron veut faire de l'hôpital une entreprise. Le but est de le rendre rentable. Et si le patient n’est pas rentable, on le met dehors. Ce n’est pas une lutte de cheminots, d’infirmières ou d’étudiants. C'est le service public dans son ensemble qui est en danger. »

« Faites attention et, surtout, luttez ! »

Yvon, retraité du rail, prend le relais : « Il faut se battre contre la libéralisation. Si on entre dans la logique de la concurrence, alors on sera tous perdants : cheminots et usagers. Les conditions de travail vont se dégrader et le service aux navetteurs sera plus mauvais », explique celui qui compte plus de 40 ans de boite…

Lille. (Photo Solidaire, Michaël Verbauwhede)

En plus des cheminots, infirmières, fonctionnaires de l’État, éboueurs, etc. de nombreux retraités sont dehors en ce 19 avril. Comme Henriette. « On nous impose plus ! Alors que les riches, eux, paient moins d’impôts ! C’est le monde à l’envers… Et quand je vois ces jeunes qui se font frapper par la police… On ne peut pas rester indifférent face à tant d’injustices. Et, plus globalement, c’est important de soutenir ceux qui luttent. C’est d’ailleurs un message que je voudrais faire passer à mes amis belges : si la SNCF est libéralisée, les autres services publics suivront. Mais pas juste ici ! Chez vous aussi ! Faites attention et, surtout, luttez ! »

Michaël Verbauwhede, député bruxellois du PTB, était à la tête de la délégation du parti à Lille. « Il faut reconnaitre quelque chose de positif à Emmanuel Macron : il réussit à unir toutes les générations contre lui ! Nous ne pouvons qu'être solidaires des travailleurs français : leur lutte est aussi la nôtre.

Paris. (Photo Solidaire)

L'avenir de nos services publics se joue aussi en France : si la résistance sociale française met un point d'arrêt aux projets de privatisations de Macron, nos gouvernements y réfléchiront à deux fois avant d'entreprendre les mêmes projets destructeurs. »

Lors de sa dernière interview télévisée de dimanche dernier, Emmanuel Macron avait parlé de « coagulation des mouvements ayant peu à voir entre eux ». Les organisations syndicales et étudiantes lui ont donné tort. Et voulaient faire de ce 19 avril une étape vers le 1er Mai pour que la prochaine Fête du travail soit une nouvelle occasion de montrer que la convergence des luttes n’est pas qu’un slogan.

 

Témoignages recueillis à Paris et Lille par Caroline De Bock, Charlotte Dumont, Maxime Van Laere, Robin Bruyère

 

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Commentaires

pour moi la seul solution s et un arret total de tous , greve au finiche plus rien ne roule pour rien et ouvert plus rien sur les routes ,en 1980 quand on fessait gréve tous le monde etait a arret maintemant il des con qui s en foute , pour moi s et la seul solution et avec cela il vont vite comprendre ,mise a par quelque imbécile qui veule allez leecher les botte des patrons , a ceux la qu il vienne je dirait se que je pense d eux