Sofie Merckx, Charleroi. (Photo Solidaire, Karina Brys)

Élections 1 an après : Sofie Merckx, Charleroi

En octobre 2012, le PTB réalisait un score historique aux élections communales, passant de 16 à 52 élus. A Bruxelles et en Wallonie, les élus prêtaient serment il y a un an tout juste. Retour sur une année de combats dans les conseils communaux et, surtout, dans la rue. Ou comment faire de la politique autrement. « Rue-Conseil-rue », tel est le principe de base des conseillers communaux PTB. Ils se mobilisent avec les habitants de la commune (d’un quartier, d’une rue...) pour porter leurs questions, thèmes et revendications au conseil communal. Et ils reviennent ensuite vers les habitants pour communiquer les résultats, rendre compte de la situation et repartir à l’action. Petit tour d’horizon de certains élus des communes wallonnes et bruxelloises.

Sofie Merckx, Charleroi

« A Charleroi, nous avons été actifs suite à la fermeture de Caterpillar. Il y a eu aussi l’annulation de la fancy-fair dans une école, sur les conditions de travail à la Ville, sur la problématique du logement, … La commune a décidé de construire 880 logements sociaux. Lors de l’annonce, la majorité a clairement dit qu’elle avait tenu compte de notre pression. Même si à Charleroi, le besoin est de 10 000 logements sociaux, c’est quand même une petite victoire. Jusque là, ça allait à la baisse, on a pu inverser ça. La victoire, c’est la rupture par rapport au passé.
    Un grand problème à Charleroi, c’est le manque de transparence dans la gestion de la Ville. Le bourgmestre Paul Magnette (PS) vient avec un projet de city-marketing. Notre ville est dans les mains du privé. Le projet Rive gauche, qui comprend la construction d’un grand centre commercial, est un projet privé. C’est un grand entrepreneur qui a racheté toute la ville basse de Charleroi. Pour rendre la ville plus attractive pour les plus riches, la pauvreté dérange. D’où, par exemple, l’interdiction de mendicité.
    Les élus PS, de la majorité, ne comprennent pas que je revienne sur ces points. Ils sont surtout nerveux quand on ramène des gens. Quand il n’y a pas beaucoup de public au conseil, ils sont tous à l’aise. Mais quand plusieurs dizaines de personnes viennent suivre le conseil, ils ont peur. C’est comme le décret anti-mendicité, ils l’ont fait passer à la fin du conseil, à minuit, au lieu de le mettre plus tôt. C’était pour décourager les gens qui s’étaient déplacés en masse. Il y a quand même une trentaine de personnes qui sont restées jusqu’au bout. C’est la grande différence entre eux et nous : eux n’aiment pas, mais nous, on adore. 
    Ce décret anti-mendicité, Magnette pensait que ça allait passer comme une lettre à la poste. Mais on a vu une résistance très forte, avec le PTB mais aussi avec la FGTB, des associations de terrain, etc. Moi, j’étais là pour relayer leur colère. 
    Et, quand on est dans le conseil communal, on peut avoir des infos que l’on n’a pas à l’extérieur. Concrètement, j’ai appris que le prix du sac poubelle allait passer de 87 cents à 1 euro. Quand j’ai amené cela sur la table au conseil, ils ont été très embêtés. La seule défense de Magnette a été de dire « oui, mais cela ne sera fait qu’en 2015, pas en 2014 ». Mais quand on met cette augmentation, décidée par une intercommunale, avec la hausse de la taxe poubelle décidée par la commune, ça fait beaucoup…
    On sait que plein de choses ne vont pas dans la ville. Magnette est de plus en plus arrogant. Il ne vient pas aux comités de concertation avec les syndicats, et puis on apprend par la presse qu’il dit « les syndicats disent qu’au niveau des conditions de travail, ça n’avance pas mais s’ils ne veulent pas voir que ça avance, c’est de la malhonnêteté intellectuelle de leur part ». Mais il ne veut pas venir à la table de négociations ! Beaucoup de syndicalistes viennent me voir en me disant qu’ils sont très en colère contre son attitude. »

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