Nadia Moscufo, Herstal. (Photo Solidaire, Antonio Gomez Garcia)

Élections 1 an après : Nadia Moscufo, Herstal

En octobre 2012, le PTB réalisait un score historique aux élections communales, passant de 16 à 52 élus. A Bruxelles et en Wallonie, les élus prêtaient serment il y a un an tout juste. Retour sur une année de combats dans les conseils communaux et, surtout, dans la rue. Ou comment faire de la politique autrement. « Rue-Conseil-rue », tel est le principe de base des conseillers communaux PTB. Ils se mobilisent avec les habitants de la commune (d’un quartier, d’une rue...) pour porter leurs questions, thèmes et revendications au conseil communal. Et ils reviennent ensuite vers les habitants pour communiquer les résultats, rendre compte de la situation et repartir à l’action. Petit tour d’horizon de certains élus des communes wallonnes et bruxelloises.

Nadia Moscufo, Herstal

« La Ville a décidé d’instaurer un parking réglementé, c’est-à-dire payant, soi-disant pour résoudre les problèmes de parking dans la ville. Ce problème existe, mais ce n’est pas en faisant payer les gens qu’on va le résoudre. En plus, il a été décidé de faire un partenariat avec le privé, la société Besix Park, qui a signé une convention de 40 ans. 91 % des recettes seraient pour Besix et 9 % pour la Ville. L’argument donné est qu’ils n’ont pas instauré un parking payant dans le but de remplir les caisses communales. Mais bien pour remplir les poches d’un actionnaire d’une multinationale, alors. On a donc décidé avec la section qu’on allait lancer une pétition, début juillet. Fin septembre, on avait 4 700 signatures. Les gens étaient dégoûtés. Nous avons organisé deux fois un rassemblement devant la maison communale. 200 personnes sont venues. La majorité a voté pour le projet et le dossier est passé. ça fait 13 ans qu’on a des élus ici, et nous travaillons toujours en essayant de partir des problèmes des gens pour les impliquer dans le conseil. C’est la première fois qu’on a vu bouger autant de monde en si peu de temps. En cela, c’est une victoire. ça montre le ras-le-bol. Sans le PTB, les gens n’auraient même pas été au courant. Lorsqu’on a été voir les gens avant le conseil, la majorité passait derrière nous pour dire que nous leur faisions peur pour rien, que, de toute façon, ce n’était pas encore voté. C’est leur façon de faire ici, ils disent que tant que ce n’est pas fait, que ce n’est pas voté, il ne faut pas se tracasser. Mais une fois que c’est fait, c’est trop tard ! 
    En ce qui concerne Arcelor, notre premier “boulot” est d’être aux côtés des travailleurs quand ils mènent des actions. ça reste le plus important. Le regard des gens change quand on est élu. Mais nous sommes présents, avec le parti, depuis le début, pas seulement depuis octobre 2012. Mercredi, nous avons apporté de la soupe au piquet de Ferblatil. Des sidérurgistes nous ont dit : « Nous n’avons pas encore vu d’autres élus que ceux du PTB, et des élus qui amènent de la soupe, encore moins. » 
    C’est comme avec notre scoop sur l’arrêté royal qui transforme une partie du chômage en prime pour les travailleurs licenciés, un syndicaliste m’a dit : “Vous avez fait fort, comment personne n’était au courant ?” Je lui ai répondu que c’était pour cela qu’on voulait mettre Raoul au fédéral en 2014, que, comme ça, plus rien ne pourra nous échapper. Quand on parlera de choses contre les intérêts des travailleurs, il pourra le dénoncer et ainsi être le porte-voix des gens d’en bas. »

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