ls étaient très nombreux ce vendredi 13 avril à soutenir syndicalistes Bruno Verlaeckt et Tom Devoght. (Photo Solidaire, Karina Brys)

Dix ans de prison pour participation à un piquet de grève ?

ls étaient très nombreux ce vendredi 13 avril à soutenir Bruno Verlaeckt et Tom Devoght, deux syndicalistes anversois qui risquent une peine de prison de cinq à dix ans pour avoir participé à un piquet de grève.La salle d'audience était pleine à craquer, et pour cause : ce serait un dangereux précédent.

Bruno Verlaeckt, président de la FGTB pour la région Anvers-Waasland, et Tom Devoght, délégué syndical FGTB dans l'entreprise chimique Arlanxeo, ont été arrêtés durant une action syndicale et doivent comparaître devant un tribunal ce vendredi 13 avril. Nous avons rencontré Tom Devoght.

De quoi s'agit-il exactement ?

Tom Devoght. Le 24 juin 2016, avec la FGTB, nous avons mené une grève nationale contre les plans du gouvernement Michel-De Wever. Selon la tradition, avec les militants syndicaux du secteur pétrochimique anversois, nous avions organisé un piquet de grève commun à la Scheldelaan, dans le port. C'est là que sont situées plusieurs entreprises pétrochimiques d' Anvers. Les patrons, soutenus par le bourgmestre N-VA  Bart De Wever et le gouvernement de droite, voulaient à tout prix briser cette grève. Nous avions à peine installé notre piquet que nous avons été confrontés à des troupes de police venues en masse et très remontées. Armés de boucliers et de matraques et à l'aide de véhicules blindés et d'un canon à eau, ils venaient « nettoyer » nos piquets. Or les militants syndicaux présents n'ont à aucun moment fait usage de violence.
Rapidement après l'arrivée de ces forces de police, notre président Bruno Verlaeckt a été sorti du groupe, menotté et emmené. Après avoir protesté contre cet acte injustifié de la part de la police, j'ai également été arrêté. Les autres piquets sur la Scheldelaan ont également « dégagés » et la grève a été brisée.

Que risquez-vous ?

Tom Devoght. Vendredi 13 avril, nous devons comparaître devant le tribunal correctionnel. Nous sommes accusés d'« entrave méchante à la circulation » et nous risquons une peine de prison de cinq à dix ans ! Même si j'étais condamné avec un sursis, cela signifierait quand même que j'aurais un casier judiciaire. Et cela pourrait hypothéquer en partie mon avenir. Je suis extrêmement choqué. Quel chef d'accusation ! Et ça, juste parce que j'ai participé à une action syndicale.

En vidant le droit de grève de sa substance, on veut priver les travailleurs et les syndicats de leur arme la plus importante

 

Comment expliquez-vous cette intervention musclée de la police et cette poursuite judiciaire ?

Tom Devoght. Pour moi, il est clair qu'il s'agit d'un procès politique pour criminaliser un piquet de grève. Si le tribunal nous condamne, cela aura comme conséquence concrète qu'à l'avenir toute personne présente à un piquet de grève pourra risquer une peine correctionnelle. C'est une énième attaque contre le droit de grève par ce gouvernement. Voyez aussi le service minimum pour la SNCB. Tout le monde doit dire à l'avance s'il fera grève ou pas. Le personnel est ainsi mis sou pression pour ne pas participer à la grève. Ou voyez les propositions du monde politique de faire appel à des intérimaires les jours de grève. Le but est ainsi de faire du droit de grève un droit purement théorique, quasiment impossible à exercer dans la pratique.

Le procès est donc une attaque directe contre le droit de grève ?

Tom Devoght. J'en suis certain. Dans le procès-verbal original, il était clairement écrit que nous avions été interpellés parce que nous aurions excité le groupe présent au piquet. Plus d'un mois plus tard, le procureur a demandé de rédiger un nouveau procès-verbal – cette fois par d'autres agents. Ceux-ci allaient alors nous accuser d' « entrave méchante à la circulation », ce qui est une accusation bien plus grave. Pour moi, cela indique clairement qu'il y a plus derrière tout ça.

En vidant le droit de grève de sa substance, on veut priver les travailleurs et les syndicats de leur arme la plus importante et ainsi étouffer dans l'œuf les protestations contre la politique antisociale. Ce n'est pas un hasard si les attaques contre nos droits démocratiques et syndicaux vont de pair avec celles contre nos pensions, nos salaires, nos services publics, etc. Ce procès est donc aussi important pour tout le monde associatif. C'est pourquoi, avec la FGTB nous appelons à une présence massive ce vendredi à 8 heures au palais de justice d'Anvers, Bolivarplaats.

Le PTB soutien l'appel à la solidarité de la FGTB et la lutte pour le droit à l'action collective. Rassemblement le 13 avril à 8 heures devant le tribunal, Bolivarplaats 20/1 à Anvers.
 

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Commentaires

sur que s et allez a l encontre du droit de gréve , si le juge donne de la prison pour moi s et gros con et un imbécile , s et encore un qui veut faire la grosse tete , il a pas eu d entrave a la circulation car la bande d arret d urgence etait libre car se jour la j etait pas loin et j ai vus se qui s et passer les policier on fait de la merde s et a causse de cela que les syndicaliste son dans le pétrin , l ambulance savait passer
ses sa aitre tros genti on atent quoi pour une reaction plus forte mintenent on est devenu des agnieux dommage on a plus un Roberto
C'est vraiment attaquer l'ouvrier qui défendent nos droits contre les profiteurs de parlementaires où est la démocratie si c'est cela la démocratie elle est pire que la dictature on se croirait en 40