Des bénévoles d'Amitié Sans Frontières ont été témoins d'une rafle de demandeurs d'asile par la police bruxelloise. (Photo Amitié Sans Frontières)

Des mesures humaines et structurelles sont nécessaires pour résoudre la nouvelle crise de l’accueil qui se profile

Le vendredi 4 août, vers 7h30, les bénévoles d’Amitié Sans Frontières ont assisté à une nouvelle rafle de la police à l’encontre des migrants de la gare du Nord. Pour Loïc Fraiture, porte-parole d'Amitié Sans Frontières, le groupe d'action et de solidarité avec les réfugiés du PTB, les pouvoirs publics doivent « prendre leur responsabilité pour appliquer des solutions à la fois légales, humanitaires et structurelles. »

Ce n’est malheureusement pas la première fois et force est de constater que le phénomène est de plus en plus fréquent : la police arrive, menotte les migrants, les embarque, pendant que des nettoyeurs ramassent et jettent leurs maigres affaires personnelles.

Le mardi 8 août au matin, les bénévoles d'Amitié Sans Frontières on mené une action de solidarité au parc Maximilien.

Loïc Fraiture : « Nous tenons à dénoncer cette politique illégale de confiscation et de harcèlement qui a pour conséquence de dépouiller les migrants de leurs papiers et des quelques effets personnels dont ils disposent. Cette politique purement répressive a pour seul but de saper le moral des migrants et des dizaines de citoyens bénévoles qui se relayent toutes les semaines pour apporter de la nourriture et des sacs de couchage. Cette politique n’est ni humaine, ni responsable, puisqu’elle se contente de chasser une forme de misère en ne donnant aucune réponse un tant soit peu structurelle à un problème social qui perdure ».

Amitié sans Frontière soutient la demande de Médecins Du Monde de rouvrir le centre WTC où les migrants pourraient passer la nuit et avoir accès à des sanitaires. C’est une solution d’urgence humanitaire.

L'organisation demande la mise en place d’une structure administrative spécifique permettant aux migrants d’obtenir de l’information correcte quant à leurs droits et d’introduire une demande d’asile en Belgique. Pour que cette solution fonctionne, il faut que l’État belge cesse de brandir la menace de l’application systématique du « règlement Dublin », c’est-à-dire, de l’expulsion des demandeurs d’asile vers leur pays d’entrée en Europe (souvent la Grèce et l’Italie). Ces pays sont complètement dépassés et abandonnés par le reste de l’Europe, les migrants savent qu’il n’y a aucun espoir d’intégration pour eux là-bas.

Amitié Sans Frontière demande l'ouverture de négociations avec le Royaume-Uni, qui depuis de nombreuses années, refuse toute collaboration. Comme c’est le cas en Grèce avec les hotspots, on pourrait très bien mettre en place des structures administratives sur le continent pour permettre aux migrants en transit de commencer leurs démarches légales pour rejoindre l’Angleterre de manière sûre.

Depuis deux ans, Amitié Sans Frontières distribue tous les vendredis matins un petit-déjeuner aux demandeurs d’asile devant l’office des étrangers. Plusieurs d’entre eux sont ici en transit. Des gens qui viennent pour la plupart d’Afrique, parlent anglais et ont traversé la Méditerranée à partir de la Libye pour atteindre Le Royaume-Uni. Ils sont entre 300 et 400 à tenter de survivre dans le parc Maximilien et à dormir sous des immeubles résidentiels. La situation devient de plus en plus critique et on se rapproche dangereusement de la crise humanitaire que nous avions connue il y a deux ans, à savoir, la présence de centaines de personnes qui n’ont aucun accès à de la nourriture, à des soins ou à un endroit couvert pour passer la nuit. À nouveau, ce sont les citoyens qui doivent s’organiser pour prendre à leur charge certaines missions des pouvoirs publics.

Depuis plusieurs mois, l'organisation constate également la présence de femmes, dont certaines sont enceintes, mais aussi de mineurs non accompagnés. Ali, 14 ans, qu’on surnomme « Bambino » vient d’Égypte. Il est là chaque vendredi depuis 3 mois. La semaine passée, il était là avec deux de ses amis, également des adolescents, de 16 et 17 ans. Amitié Sans Frontières rappelle les obligations de l’État en ce qui concerne la protection des mineurs. Il y a 10 jours, un adolescent du parc Maximilien a trouvé la mort en tentant de rejoindre l’Angleterre…

Loïc Fraiture conclut : « Nous espérons que les pouvoirs publics prendront leur responsabilité pour appliquer des solutions à la fois légales, humanitaires et structurelles. Nous demandons notamment aux autorités politiques bruxelloises qu’elles mettent un terme à la politique de répression de la police de zone, mais aussi à la collaboration de Bruxelles Propreté et de la STIB en ce qui concerne ces opérations policières. En mai dernier, nous avions apprécié le geste symbolique de certains ministres bruxellois qui nous avaient fièrement remis un prix lors des « Mixity Awards » pour notre travail. Aujourd’hui, nous espérons qu’ils pourront faire preuve de cohérence ».

Amitiés Sans Frontières

Des militants du PTB ont créé un réseau national de bénévoles en soutien aux réfugiés. Si vous voulez en savoir plus ou participer aux activités de solidarité avec les réfugiés, vous pouvez visiter le site d'Amitié Sans Frontières (www.amitiesansfrontieres.be) ou nous contacter via l'adresse contact@amitiesansfrontieres.be.

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