Photo Solidaire, Salim Hellalet

Commission terrorisme : doit-on foncer tête baissée sans débat sur l'approche globale de la lutte anti-terroriste ?

Le gouvernement veut accélérer l'adoption de nouvelles lois en commission terrorisme dès ce mardi. Pour le PTB ce n'est pas du tout la bonne manière de faire. La question centrale qui se pose après les terribles attentats de cette semaine est de savoir pourquoi les mécanismes existants mis en place par le gouvernement n'ont pas pu protéger la population.

De plus en plus de dysfonctionnements apparaissent dans la politique de lutte antiterroriste en Belgique. Ces dysfonctionnements amènent de graves interrogations auxquelles le PTB estime qu'il faut pouvoir répondre sérieusement au lieu de foncer tête baissée.

Selon le PTB, des questions se posent aujourd’hui à deux grands niveaux :

  • sur le manque de coordination structurelle entre les différents services de la police fédérale, des services de renseignement et de la police locale. Cela ressort des fautes commises par la Belgique lors de l'arrestation puis l'expulsion par la Turquie de Ibrahim El Bakraoui, un des kamikazes des attentats de Bruxelles, ou des fautes à la base de la non transmission d'éléments essentiels sur Salah Abdeslam par la police de Malines.
  • sur l'approche même du gouvernement dans la lutte antiterroriste, qui privilégie des mesures de surveillance généralisée à des mesures ciblées. Il est de plus en plus clair que les auteurs des attentats étaient connus et que de nombreux renseignements les concernant n'ont pas pu être traités à cause de la surcharge d'informations. Cela ressort du rapport du Comité P qui relève que la section centrale de la Police fédérale n'arrive pas à traiter toutes les informations reçues. C'est aussi ce qu'a reconnu le ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V) en Commission vendredi dernier.

Pour le PTB, il s'agit là d'un débat essentiel. Il faut prendre le temps d'analyser sérieusement ce qui n'a pas fonctionné dans le cadre des lois et structures existantes et en tirer les leçons. À la lecture des défaillances qui ont conduit la Belgique à laisser filer Ibrahim El Bakraoui, ne faut-il pas, par exemple, doubler le nombre d’agents de liaison avec la Turquie afin de suivre de beaucoup plus près les combattants djihadistes belges et européens qui se rendent en Syrie ?

Il serait irresponsable de la part de la majorité de foncer tête baissée. Surtout qu'il est loin d’être évident que l'extension de la garde à vue à 72h, la possibilité de perquisition 24/24h ou l'adoption d'un PNR (la récolte des données de tous les passagers aériens) auraient permis d'éviter les attentats. Au contraire, l’augmentation potentiel des données à récolter, par exemple, risque d'augmenter la surcharge des services et l'incapacité à prendre en main le suivi des personnes déjà fichées.

C'est pourquoi le PTB demandera ce mardi en commission terrorisme un report de l'adoption des nouvelles mesures et l'organisation très rapide d'un débat sur les failles dans l'approche globale de la lutte antiterroriste.

Retrouvez ici la résolution du PTB en vue d’une lutte efficace et démocratique contre le terrorisme.

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