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Comment le gouvernement démantèle votre pension... point par point

Non seulement le gouvernement nous fait travailler plus longtemps, mais, en plus, il diminue le montant de nos pensions. Kim De Witte, spécialiste pensions du PTB, décortique les plans du gouvernement et lance un appel à se battre pour des pensions décentes : « Notre pension est en danger, tirons la sonnette d'alarme ! » 

Son compte Twitter ne reste jamais longtemps inactif, ses cartes blanches se lisent et se partagent très rapidement. Que fabrique donc le gouvernement pour que le spécialiste PTB des pensions, Kim De Witte, ait autant de travail ? « Les attaques contre les pensions durent depuis un certain temps déjà mais, cet été, elles ont brusquement gagné en virulence », dit-il. « Début août, j’ai reçu toute une série de mails de personnes inquiètes et en colère. Il s’est avéré que le gouvernement avait annoncé de nouvelles mesures. Une attaque directe contre les pensions des chômeurs et des prépensionnés. Je me suis alors rapidement informé et j’ai réagi aussitôt. Depuis lors, en fait, cela n’a plus cessé. » 

Pas touche à nos pensions : faites entendre vore voix

D’abord, le gouvernement nous impose de travailler plus longtemps, et maintenant il veut couper dans nos pensions. Pour un total de 300 millions d’euros. Comment osent-ils ? Nos pensions sont déjà plus basses qu’en France, en Autriche ou aux Pays-Bas. Si le gouvernement persiste à vouloir appliquer son plan, nous porterons plainte à la Cour constitutionnelle. Nous avons travaillé dur pour nos pensions, alors pas question d’y toucher !

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Le thème des pensions intéresse beaucoup de gens... 

Kim De Witte. Énormément. On l’a bien vu à la journée de réaction syndicale du 10 octobre. Bien des gens du secteur public, mais aussi du secteur privé, nous ont dit qu’ils étaient inquiets pour leurs pensions. On le voit également sur les médias sociaux. Quand je publie une info sur les pensions, des dizaines de réactions suivent, des témoignages, des histoires concrètes qui me secouent réellement. Fin août, j’ai créé un second profil sur Facebook, parce que le premier était saturé. Mais, aujourd’hui, ce second profil est déjà saturé lui aussi. Les gens sont inquiets, mais aussi en colère face aux mesures gouvernementales. Ils se rendent compte qu’ils vont devoir travailler plus longtemps pour toucher moins de pension. 

Quelles sont ces mesures qui nous tombent dessus aujourd’hui ? 

Kim De Witte. Vous avez un peu de temps ? (Rires) Primo, il y a tout un volet de mesures contre les prépensionnés et les chômeurs, un deuxième volet concerne la question des métiers pénibles, un troisième la pension des fonctionnaires et un quatrième les plans du gouvernement en vue d’introduire un système de pension à points. 

Commençons par le démantèlement de la pension des prépensionnés et des chômeurs... 

Kim De Witte. Le gouvernement prend plusieurs mesures pour réduire leur pension. Ainsi, il y a la mesure concernant ce qu’on appelle « l’unité de carrière ». Notre pension est calculée sur une carrière de 45 ans, périodes assimilées comprises. Après 40 années de travail, on reçoit une pension de 40/45es. Après 47 années de travail, toutefois, on ne reçoit pas 47/45es, mais seules comptent les 45 années avec les salaires les plus élevés. Désormais, le gouvernement Michel veut changer cela. 

Le gouvernement dit qu’il veut « récompenser le travail ». Ce qui revient, en réalité, à « sanctionner les chômeurs et les prépensionnés »

Pouvez-vous expliquer cela concrètement ? 

Kim De Witte. Prenons Pierre, par exemple. Il a commencé à travailler en 1973. Il avait 16 ans, à l’époque. Presque toute sa vie, il a travaillé à Audi, à Bruxelles. Il s’en va en prépension (RCC – Régime de chômage avec complément d’entreprise) à 61 ans. Normalement, il aurait pu continuer à se constituer une pension légale jusque l’âge de 65 ans.

Le gouvernement Michel veut changer cela. Les prépensionnés cessent de se constituer des droits pour leur pension dès qu’ils ont 45 ans de carrière (avec les périodes assimilées). De ce fait, la pension de Pierre ne sera plus calculée sur ses 45 dernières années, mais sur les 45 premières années de sa carrière. Le salaire que Pierre a gagné quand il avait 16 ans était trois fois moindre que son salaire de fin de carrière. En outre, à 18 ans, Pierre a fait son service militaire. Cette année, elle aussi, sera reprise pour calculer sa pension. En tout, Pierre va perdre plus de 100 euros par mois à cause de cette mesure. 

Cela concerne-t-il beaucoup de monde ? 

Kim De Witte. La commission de réforme des pensions a calculé que 41,9 % des hommes avec une carrière de 45 ans ou plus seront touchés, et 18,9 % des femmes. Il s’agit donc d’un très grand nombre de personnes, qui ont commencé à travailler très jeunes, et surtout dans des métiers pénibles physiquement, en plus. La plupart terminent leur carrière par la prépension. Pour ces personnes, c’est souvent la seule façon de profiter encore un peu de leur fin de vie. Car ceux qui commencent à travailler à 16 ans dans les soins, dans l’industrie ou la construction, arrivent rarement à 80 ans en bonne santé. 

Le gouvernement a dû reculer. C’est la preuve que la résistance sociale fonctionne s’il y a suffisamment de pression

Le gouvernement a également touché aux périodes assimilées, non ? 

Kim De Witte. Exact. Aujourd'hui, pour les prépensionnés, la pension est calculée sur base de leur dernier salaire. On paie des cotisations sociales sur son salaire et on se constitue des droits sur base de son salaire. C’est une des pierres angulaires de notre sécurité sociale. Maintenant, le gouvernement dit qu’il entend « récompenser le travail ». Ce qui revient, en réalité, à « sanctionner les chômeurs et les prépensionnés ». Au bout d’un an, celui qui est au chômage ou est prépensionné ne se constituera plus de pension sur base de son dernier salaire, mais sur base d’une sorte de salaire minimum. Cette mesure pourra vous coûter 165 euros de pension par mois. 

Le gouvernement n’a-t-il pas dû retirer cette mesure, sous la pression ? 

Kim De Witte. Elle a en effet suscité beaucoup de résistance. Nous avons tiré la sonnette d’alarme début août. À travers une action de la CSC, 60 000 mails de protestation ont été adressés aux ministres de l’Emploi et des Pensions, la FGTB a organisé une journée d’action le 15 septembre et, via le site Internet du PTB, plus de 15 000 ont sonné l’alarme. Le gouvernement a dû reculer. C’est la preuve que la résistance sociale fonctionne bel et bien une fois qu’il y a suffisamment de pression. Le gouvernement a prévu un certain nombre d’exceptions. Les gens qui s’en vont en prépension après une restructuration se constitueront toujours leur pension sur base de leur dernier salaire. La même chose vaut pour les entreprises en difficulté et pour la prépension concernant les métiers pénibles. Mais, pour les gens qui vont volontairement en prépension ou qui y entrent en compte après une longue carrière, la mesure sera bel et bien appliquée. De même pour les chômeurs de moins de 50 ans, la pension sera diminuée. 

Photo Solidaire, Salim Hellalet

Le gouvernement veut également limiter la liste des métiers considérés comme pénibles… 

Kim De Witte. Les gens qui exercent un métier pénible peuvent prendre leur pension plus tôt. Pour cela, il existe une réglementation. Comme les conditions pour prendre sa prépension ou sa pension anticipée deviennent de plus en plus sévères, de plus en plus de gens s'expriment pour défendre que leur métier est trop pénibles pour travailler jusqu’à 67 ans - voire 63, le nouvel âge de la pension anticipée à partir du 1er janvier 2019. Beaucoup espèrent encore y échapper à travers la reconnaissance de leur profession comme métier pénible. Cependant, il y a de fortes chances que cette possibilité soit supprimée. Le gouvernement a déjà fait savoir que l’enveloppe pour les métiers pénibles n’allait pas augmenter. Le gouvernement essaie de dresser les gens les uns contre les autres : « Vous devez travailler plus longtemps pour payer le départ anticipé des gens aux métiers pénibles. » Mais il s’agit d’un « argument » trompeur. Nos pensions sont parfaitement finançables (voir plus loin, NdlR). 

Le gouvernement regarde aussi du côté de la pension des fonctionnaires. Ces derniers recevraient trop de pension... 

Kim De Witte. Les histoires les plus farfelues circulent sur le montant prétendument élevé des pensions des fonctionnaires. La dernière étude sérieuse dit que la pension moyenne des fonctionnaires est de 1 599 euros net. Facteurs, poseurs de voie, travailleurs communaux des espaces verts... n’ont pas un salaire élevé et pas de grosse pension non plus. Le gouvernement veut désormais détricoter ces pensions en les ramenant aux pensions des travailleurs les plus pauvres. C’est le contraire qui devrait se produire. Les faibles pensions des travailleurs du secteur privé et des petits indépendants doivent augmenter. Et les pensions élevées des parlementaires, des juges et des hauts fonctionnaires doivent diminuer. La sécurité sociale n’est pas seulement une protection contre la pauvreté, c'est aussi un remplacement d’une part considérable de l’ancien revenu du travail.

La sécurité sociale n’est pas seulement une protection contre la pauvreté, mais aussi un remplacement d’une part considérable de l’ancien revenu du travail

        L                e parcours « pension » du gouvernement Michel

  • Travailler jusque 67 ans. Bien que cela n’ait figuré dans aucun programme de parti, ç’a été la première décision radicale du gouvernement Michel.
  • La pension anticipée à partir de 63 ans. Du moins après avoir travaillé 42 ans à temps plein... 
  • La prépension à partir de 62 ans. Seul un nombre limité de travailleurs peut encore prendre la prépension dès 59 ans. 
  • Les crédits-temps de fin de carrière sont raccourcis. Le système général part désormais d’un âge de 60 ans, au lieu de 55. 
  • Suppression du bonus de pension. Ceux qui continuaient volontairement à travailler après 62 ans ou 44 ans de carrière recevaient un petit supplément. Avec le gouvernement Michel, c’est terminé. 
  • Périodes de chômage ou de prépension = moins de pension. Les personnes qui ont été au chômage ou en prépension pendant un an ou plus sont sanctionnées toute leur vie par moins de pension. 
  • Les stages de jeunes ne comptent plus que de façon limitée. Stages, formations et périodes d’attente sont plafonnés à 312 jours assimilés.   
  • Le travail à temps partiel est pris en compte au minimum. L’indemnité complémentaire pour les travailleurs à temps partiels non volontaires n’est désormais plus qu’un droit minimum. Ceci touche surtout les femmes. 
  • La pension de survie à partir de 55 ans seulement. Le partenaire survivant ne peut faire appel à une pension de survie qu’à 55 ans.         

Il y a des chances que le gouvernement instaure un système de pension à points avant les vacances de Noël. Pouvez-vous expliquer le système ?

Kim De Witte. Vous n’allez plus constituer de pension en euros, mais en points. Dans le système actuel, un certain montant est inscrit chaque année sur votre compte de pension. C’est exprimé en euros. Le gouvernement ne peut pas toucher à ces euros accumulés. Maintenant, ils veulent les remplacer par des points. Vous recevrez un point par année de travail si vous gagnez autant que le travailleur moyen. Supposons que vous gagnez 10 % en moins, alors vous obtenez 0,9 point. Si vous gagnez 10 % plus que la moyenne, vous obtenez 1,1 point.

Si vous avez travaillé pendant 45 ans et que vous avez gagné le salaire moyen, vous avez 45 points à la fin de votre carrière. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'on déterminera combien d’euros valent un point.

Qui détermine la valeur de ces points et sur base de quels facteurs ?

Kim De Witte. Le gouvernement choisira au final la valeur des points que vous avez constitués. En d'autres mots, ceux qui touchent une pension de 6 500 euros par mois détermineront combien nous pourrons recevoir. Et cela dépendra de trois facteurs. D’abord, ce sera lié à la dette et au déficit budgétaire. Concrètement, plus la dette publique et le déficit budgétaire seront élevés, plus la valeur du point sera basse. Deuxièmement, plus nous vivrons longtemps, plus la valeur du point sera basse. Et troisièmement, plus les salaires continueront à diminuer, plus la valeur du point sera basse, et donc notre pension.

À cause de la crise économique, la dette a augmenté de moitié. Nous étions à presque 70 % de notre PIB (produit intérieur brut). Nous sommes maintenant à 105 %. Le gouvernement veut maintenant faire payer cette dette publique aux pensionnés. Personne ne sait combien de pension il ou elle va gagner précisément. On tombe dans un système d'« insécurité sociale ».

Tout le monde devra travailler plus longtemps pour moins de pension. En premier lieu, ce sont les jeunes qui en sont les victimes

Dans certains pays, un tel système à points existe déjà…

Kim De Witte. L’Allemagne a récemment mis cela en vigueur. Et que voit-on ? Depuis trois ans, avec le service d’études du PTB, nous réalisons une comparaison du montant des pensions entre la Belgique et ses pays voisins. La Belgique recule année après année, mais l’Allemagne aussi. L’écart entre la Belgique et l’Allemagne se réduit, non parce que les pensions belges augmentent, mais parce qu’en Allemagne, elles diminuent plus rapidement.

Le gouvernement affirme que la diminution des pensions légales en Belgique sera compensée par des pensions complémentaires plus élevées.

Kim De Witte. Oui, à côté de l'aspect austérité, c’est un deuxième objectif de la réforme. Dernièrement, je suis allé avec ma compagne au cinéma. Trois des cinq publicités avant le film concernaient l’épargne pension. Les deux tiers de la Sécurité sociale vont aux soins de santé et aux pensions. C’est un grand marché, où des banques et des assureurs se paient une part ou deux du gâteau. Mais vous le voyez aussi dans l’argent qu’il vous reste. Les assureurs privés coûtent cher. Jusqu’à 20 % de toutes les primes que vous payez vont dans la poche des compagnies d’assurance. Elles prennent cela sous la forme de coûts de gestion de portefeuille, de coûts d’administration, etc. De plus, les régimes de retraites privées sont très inégaux. En Belgique, 50 % de tous les dépôts pour pensions complémentaires représentent 5 % des salariés.

Des managers, des PDG, des cadres placent des millions d’euros dans leur régime de retraite supplémentaire, avec plein d’avantages fiscaux et sociaux, tandis que des travailleurs salariés et indépendants doivent gratter pour épargner quelques milliers d’euros. Finalement, les pensions complémentaires sont incertaines. Des acteurs privés peuvent faire faillite. Cela s’est déjà produit. Pensez juste à l’assureur de pension complémentaire APRA Vie il y a quelques années. Des milliers de travailleurs ont tout perdu.

Avec la pension à points, personne ne sait combien de pension il ou elle va gagner précisément. On tombe dans un système d'« insécurité sociale »

Les jeunes doivent-ils se faire du souci pour les pensions ? Pour beaucoup, la pension est quelque chose qui est loin d’eux : « on verra plus tard »…

Kim De Witte. Ils ont tout intérêt à descendre dans la rue pour obtenir une bonne pension. Tout d’abord, le chômage des jeunes augmente, pendant que les personnes âgées restent au travail plus longtemps.

Deuxièmement, les maisons de repos deviennent plus coûteuses et, pour la plupart des gens, elles sont beaucoup plus chères que la pension qu’ils touchent. Donc les enfants doivent souvent donner un coup de main. Le CD&V a déjà déposé un projet de loi afin que le CPAS puisse aller réclamer l'argent chez les enfants de quelqu'un qui n'arriverait pas à payer sa maison de repos.

Tertio, le gouvernement affirme qu’il veut sauver les pensions des générations futures, mais en réalité ce n’est pas le cas. Tout le monde devra travailler plus longtemps pour moins de pension. En premier lieu, ce sont les jeunes qui en sont les victimes. Les gens travaillent dur. Ils veulent un peu de repos en bonne santé à la fin de leur vie. Faire des choses qu’ils apprécient : avoir des hobbys, faire des voyages, s’occuper des petits-enfants. Mais cela implique de pouvoir s'arrêter de travailler à temps, et de toucher une pension décente. Si tous nous ne tirons pas la sonnette d’alarme très fort, nous nous réveillerons dans un monde où chacun devra se traîner jusqu’à sa retraite, pour espérer encore profiter un tout petit peu de ses vieux jours, parmi des gens qui ont été déclassés, qui ne sont considérés que comme un coût, une charge, dans une maison de repos où vous devrez aller au lit à 18h.

Que propose le PTB ?

Kim De Witte. Nous voulons des pensions décentes. Les personnes qui ont travaillé toute leur vie ont droit au repos et à un revenu décent. Nous sommes donc pour le maintien de l’âge de la pension légale à 65 ans, pour le maintien de la pension anticipée à 60 ans et pour le maintien de la prépension à 58 ans. Nous proposons également d’augmenter les pensions à 75 % du revenu moyen, avec un minimum de 1 500 euros.

Des pensions plus élevées sont tout à fait payables. La preuve en Autriche, où l’âge de la pension légale est toujours fixé à 60 ans pour les femmes et à 65 ans pour les hommes, et où les pensions sont supérieures aux nôtres d’au moins 50 %.

Chaque euro investi pour des pensions plus élevées est quasi entièrement converti en pouvoir d’achat 

Comment font-ils ?

Kim De Witte. Ils investissent tout simplement plus dans les pensions. Chaque euro investi pour des pensions plus élevées est quasi entièrement converti en pouvoir d’achat. Au contraire, pour chaque euro investi dans le taxshift, par exemple, la moitié va aux actionnaires étrangers et est donc perdue.

En Autriche, les cotisations sociales sur les salaires en vue du financement des pensions sont légèrement plus élevées que chez nous – 22 % par rapport à 16 % en Belgique. Il faut en outre savoir que la population active y est plus importante. Cela s’explique par le fait qu’ils ont là-bas des systèmes qui rendent possible d'aménager le travail pour le rendre supportable. Je songe au fameux « Altersteilzeit » autrichien qui permet aux hommes dès l’âge de 58 ans de travailler à temps partiel durant cinq ans en fin de carrière. Pour les femmes, c’est possible dès 53 ans. Le temps de travail est réduit de 40 à 60 %, soit via une réduction du temps de travail permanente – par exemple semaine de 20 heures au lieu de 40 –, soit en économisant ce temps de travail réduit pour ainsi avancer l’âge de la pension. Les employeurs versent une compensation salariale à concurrence de la moitié de la différence salariale, cotisations de sécurité sociale comprises. De son côté, le gouvernement couvre également ces frais en partie.

Le système « Teilpension » est une forme de « Altersteilzeit » à partir de 62 ans. Les cotisations de sécurité sociale et celles pour les droits de pension sont alors calculées à 100 % sur base du dernier salaire complet.

Que devrait-on faire ?

Kim De Witte.
Premièrement, nous demandons le retrait des mesures qui ont été prises contre les prépensionnés. Ces personnes ont travaillé pendant 40 voire 45 ans et il est scandaleux de les priver aujourd’hui de 100 euros ou plus. Il est aussi question de rupture de contrat puisque les règles ont été modifiées au cours de la partie. Si le gouvernement refuse de les supprimer, alors nous n’hésiterons pas à saisir la Cour constitutionnelle.

Deuxièmement, nous réclamons le maintien de la prépension à 58 ans, de la pension anticipée à 60 ans et de la pension légale à 65 ans de manière à garantir à chacun un droit à la pension.

Troisièmement, nous ne voulons pas de ce système de pension à points qui crée un climat d’incertitude. La pension ne peut pas dépendre du budget, de l’espérance de vie ni de l’évolution des salaires, car cela peut partir dans tous les sens. 

Des chiffres erronés

« Dans le débat sur les pensions, les faits ont été analysés de manière très unilatérale », estime Kim De Witte. On met beaucoup trop la pression sur les pensionnés, alors que la sécurité sociale doit être envisagée comme un tout. Il faut également jeter un œil du côté des recettes.

Kim De Witte. Primo, on se focalise uniquement sur les pensions, sans tenir compte des autres piliers de la sécurité sociale. L’argument avancé est qu’on a actuellement un pensionné pour quatre actifs et bientôt un pensionné pour deux actifs. Ces chiffres sont non seulement exagérés, mais aussi trompeurs. Dans le calcul, on ne peut pas seulement inclure les pensionnés, mais il faut également tenir compte des enfants, des travailleurs en incapacité de travail, des chômeurs. Si on regarde le nombre total d’inactifs par rapport au nombre total d’actifs, on obtient alors 1,44 inactif pour un actif, soit 4 millions de travailleurs pour 7 millions de « non-travailleurs » en Belgique. Ce rapport devrait évoluer d’ici 2060 à 1,56 inactifs pour un actif. C’est un peu plus, mais tout à fait réalisable. La question est donc de savoir comment avec cette population active on va pouvoir soutenir la population inactive. Si on se focalise sur les personnes âgées uniquement, on obtient une vision tronquée, voire mensongère.

Du côté des recettes

Deuxièmement, les études de la Banque mondiale, de l’OCDE, du FMI et de la Commission européenne ne parlent que du coût du vieillissement de la population, mais ne soufflent mot des recettes de la sécurité sociale. Toute personne qui gère un ménage sait pertinemment qu’il faut tenir compte des dépenses, mais aussi des recettes. Du coté des recettes, les changements sont énormes. Si auparavant environ 80% des recettes de la sécurité sociale provenaient des cotisations sociales et environ 20% des impôts, ce n’est plus du tout le cas à présent. Seulement 50% provient des cotisations sociales. Un peu plus d’un quart provient de la tva et des accises et 20% d’une subvention de l’Etat.

Les cotisations patronales pour la sécurité sociale ont considérablement diminué au fil des années. Depuis 1980, la part des cotisations patronales dans le PIB a diminué de 5%. Au fil du temps, l’argent qui autrefois allait à la sécurité sociale est passé aux dividendes et tantièmes des actionnaires et dirigeants d’entreprise. Et c’est là qu’est le cœur du débat : quel pourcentage de la richesse nationale va à la population et quel pourcentage va à ce petit groupe d’actionnaires ? Si nous ne menons pas ce débat, ce sont non seulement les pensions qui seront impayables, mais aussi l’assurance maladie, l’enseignement, et les transports publics. La voie est donc ouverte vers plus d’inégalités ».

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Commentaires

ras le bol de ce gouvernement , vite des élections !!!
Honteux de s'attaquer aux pensionnés qui ont contribué à la richesse du pays, en y laissant parfois leur santé.
Je travaille à la Défense National et nous sommes concernés aussi par ces mesures du gouvernement Michel. Il veulent faire passer l'age de la pension de 56 à 67 ans. Avant, la pension était calculé sur les 5 dernières années. A l'heure actuelle, c'est sur les 10 dernières années et maintenant, ils jouent sur les tantièmes pour nous diminuer encore un peu nos pensions. Ceci sera d'application à partir de janvier 2019. Comme nous n'avons pas doit de gréve, nous n'avons pas trop de choix d'attendre à quelle sauce nous allons être mangé. Il nous est impossible de tous prendre congé pour montrer notre mécontentement avec les missions, les patrouilles en rue, les exercices et les gardes quartiers, De plus nous pouvons nous attendre à de nouvelles fermetures de quartier très prochainement. Ce qui implique encore des mutations ou des longs trajets pour nous rendre à notre travail. Il y a un temps pour tout et quand on pense s'approcher le la quille, le gouvernement nous remets des années de services. Ce sont des gens qui ne connaissent pas ce qu'est notre quotidien. Je me voie mal partir en mission à 60 ans ou encore patrouiller dans les villes 16 heures par jour pour assurer la sécurité de la population alors que je serai dans un état physique bien pire que certains citoyens. C'est complètement irresponsable de la part de personnes qui nous gouvernent.
une chose a dire , s et respet a nos militaire qui veuille sur nous et dans les rue a bruxelles par tous les temps qu il pleuve ou neige il sont la , et les idiot du gouvernement son pas capable de comprendre car eux son au chaud , il son pas capable de foutre quelque chose de bien , moi je dit touche pas a nos militaire et a leur pension il en fond assez dans leur vie alors laisser les tranquilles et laisser leur pension a 56 ans
Vous avais raison sur tout les points
Merci pour ce discours claire. Infirmier est toujours considéré comme métier lourd ? Comment fait-on le calcul quand on a 2 mi-temps ? Les 2 années qu'on est restée à la maison pour l'éducation des petits enfants compte dans les 45ans de prestation ?
Non seulement on perd sur la pension ouvrier, mais en qualité d'indépendant accessoire et ayant cotisé avec les lois sociales durant plus de trente ans sans compter les impôts, cela ne compte pas pour ma pension. Cela est assimilé à de la solidarité. J'ai payé pour rien et maintenant on veut encore me retirer sur ma pension d'ouvrier. Le comble quand on pense qu'un parlementaire a une pension énorme. Comme dit dans l'article, on doit diminuer leur pension afin de remonter les plus basse.
Je pense que au lieu de venir cherche l argend dans la poncho des pensionnealler cherche sa dans la poche des montre on n a qu' ka réduire leur pension et leur salaire comme les suhaidoi 1500 euro de salaire quelque soi montre escetera et paie à la sportivité du produit tes paie tu fait rien t'a rien
faudrait que le citoyen crée un gouvernement populaire , et faire des loi et des taxes pour allez chercher l argent dans la poche des riches et du gouvernement fédérale qui nous vole a tour de bras et qui nous écrase avec leur taxe , et faire une lois pour que les ministre travaille jusque 67 ans et une pension de 1200 e , il saurait peut etre se que s et de vire avec sa
Pourquoi ne pas saisir directement la cour constitutionnelle. Le gouvernement n'en fait qu'à sa tête sans tenir compte de rien. Faites comme lui, passez en force et allez à la cour. Ne plus le menacer, mais agir !!!
Pour que les choses soient claires : en ce qui concerne la Sécurité sociale, dont les pensions, comme tous les autres postes budgétaires, on sait pertinemment que ce n’est pas le gouvernement fédéral qui mène la danse mais bien l’Union Européenne (UE) qui dicte chaque année, ses volontés aux gouvernements nationaux sous la forme des GOPE : Grandes Orientations de Politique Economique et ceci, pour aller vers une harmonisation du marché : le gel des salaires, la réduction du périmètre d'action de l'Etat, c'est-à-dire les privatisations, la baisse des dépenses publiques, la souplesse des conditions de travail en cas de difficultés économiques, c'est-à-dire une plus grande facilité de licencier, la fin des professions règlementées. Ceci est écrit en toutes les lettres dans les documents officiels de l’Union Européenne : les GOPE sont officiellement publiées généralement au mois de mai. C’est donc bien l’Union Européenne qui détient la maîtrise des budgets des Etats nationaux. Tant que le PTB ne remettra pas en question l'appartenance de notre pays à l'UE, on assistera à ce jeu de ping-pong, à la Chambre, jeu tellement prévisible entre le Premier ministre et les parlementaires du PTB dont les efforts resteront vains et rien ne changera. Il faut s’en prendre au marionnettiste : l’Union Européenne qui est une création et une créature de la haute finance, des gouvernements d’outre-atlantique, des multinationales et de leurs milliers de lobbies, présents à Bruxelles. Quant aux parlementaires nationaux, s’ils sont élus, ils n’ont pas pour autant été désignés sur les listes électorales par les citoyens mais bien par des pouvoirs financiers qui exigent qu’ils soient à leur service. Timmermans, vice-président de la Commission Européenne a déclaré il y a quelques semaines que « On ne peut pas utiliser la démocratie contre l’Etat de droit ». Sic ! Quelle confusion dans les esprits, comme si l’évolution de l’Etat de droit n’était pas le fruit de la démocratie, même si celle-ci reste médiocre. Cette affirmation veut donc tout dire des intentions oppressives de ceux qui nous gouvernent et qui ne nous ne laisseront que des miettes, et encore… C’est bien notre souveraineté qu’il faut à tout prix récupérer mais la souveraineté est dans une zone aveugle de la gauche européenne, comme si il n’y avait pas d’autre voie que l’Union Européenne renforçant le système de la mondialisation effrénée. Tant que l’on ne sortira pas du cadre, on tournera en rond en remâchant notre impuissance et nous resterons des petites baronies soumises à l’Union Européenne qui nous ruine littéralement dans tous les compartiments de la vie citoyenne : politique, économique et sociale.
Tout est dit.
Bonjour Camarades, En quelque sorte la démonstration d' une société sous hégémonie du système financier privé, pour la majorité de la population à quoi se résumera la vie? Bosser,courir, bouffer des médocs, s'enivrer, payer des taxes des impôts pour des travaux inutiles et souvent surfacturés pour l' industrie guerrière, pour les dignitaires du culte quel qu'il soit et bientôt nous serons pucés et le tutti quanti. Que chacun fasse un bref calcul, il constatera où va la majorité d'un salaire durement gagné. Pour ma part c'est fait et il n' y a pas de quoi pavoiser.