Chômage : au lieu de sanctionner 15.000 jeunes, Comac demande la création de milliers d'emplois-relais

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Comac

Comac, le mouvement de jeunes du PTB, réagit à la nouvelle procédure de contrôle et de sanctions qui vise les jeunes demandeurs d'emploi tout juste sortis des études, et plaide pour une chasse au chômage, pas aux chômeurs.

Début février a été mise en place la nouvelle procédure de contrôle et de sanctions qui vise les jeunes demandeurs d'emploi tout juste sortis des études (1). Ces nouveaux contrôles amèneront 15.000 jeunes à se trouver plusieurs mois supplémentaires sans aucun revenu. D'ici le mois de juin, c'est donc un jeune sur deux qui serait sanctionné si l'on en croit les prévisions du gouvernement, le nombre de jeunes à contrôler s'élevant à 30.000 d'après la CSC et la FGTB.

« Il est plus que temps que le gouvernement mette son énergie dans des solutions pour l'emploi plutôt que dans les sanctions. C'est une vision négative de l'avenir que le gouvernement donne aux jeunes avec ce genre de mesure. », estime Aurélie Decoene, présidente de Comac, mouvement de jeunes du PTB. « Dans une société en crise où il y a 1 job pour 17 demandeurs d'emplois, les sanctions ne vont pas faire miraculeusement apparaître des emplois. », dénonce Aurélie Decoene.

« C'est d'autant plus inacceptable qu'en ayant budgété à l'avance une économie de 61,8 millions d'euros sur ces 15.000 prolongations du stage d'insertion, le gouvernement montre qu'il n'a aucun projet positif pour les jeunes demandeurs d'emploi. Il n'y a donc pas d'illusion à se faire quant aux conséquences de ces contrôles. Au lieu de remédier à l'échec de sa politique d'emploi, le gouvernement choisit cyniquement d'économiser de l'argent sur le dos des jeunes, faisant ainsi payer la crise à une génération qui a déjà toutes les peines du monde à entamer une vie active décente. »

« Et pas un mot de qui va porter le coût de tout cela ? », s'interroge Aurélie Decoene qui dénonce également la situation catastrophique dans laquelle les mesures du gouvernement Di Rupo plongent les CPAS. La pauvreté menace déjà aujourd'hui 1 personne sur 5 en Belgique. Cette mesure ne fera qu'aggraver une situation de détresse sociale grandissante.

Le gouvernement fait donc le choix de renforcer la chasse aux chômeurs entamée en 2004. 55.000 demandeurs d'emplois exclus des allocations d'insertion en janvier 2015, 15.000 jeunes dont le stage d'insertion sera prolongé et forte augmentation de la dégressivité des allocations pour les chômeurs complets indemnisés: on peut dire que le gouvernement Di Rupo fabrique des pauvres et bouche l'avenir de dizaines de milliers de jeunes qui risquent de devoir rester chez leurs parents. « Il faut pourtant le dire à tous ces partis au gouvernement : jusqu'à nouvel ordre sanctionner ne créé pas d'emplois ! Actuellement les perspectives d'emplois stables pour les jeunes sont quasi inexistantes, il serait plus que temps que l'on mette toute cette énergie dans la création d'emplois plutôt que dans les contrôles et les sanctions. Des emplois décents et vite ! C'est de ça qu'ont besoin les jeunes aujourd'hui, pas d'une pseudo "activation" qui les plongera toujours plus dans la précarité. », poursuit Aurélie Decoene.

Et de conclure: « L'enquête que nous avons récoltée auprès de 10.127 jeunes montrent qu'ils optent résolument pour des emplois stables avec un salaire convenable comme principale mesure pour assurer leur avenir. Pour répondre à cette attente, il ne faut pas sanctionner, il faut créer de l'emploi. Des emplois tout à fait différents de la généralisation du travail intérimaire décidée par le gouvernement, de l’expansion des titres services ou de faire travailler les gens plus longtemps. Les boulots bidon, les boulots sous-payés, la flexibilité selon le modèle allemand : les jeunes ne veulent rien entendre de tout cela, pas plus que le reste de la population d'ailleurs. Première priorité pour y arriver: permettre aux travailleurs âgés de transmettre leur expérience et puis leur place aux jeunes. C’est l’idée des emplois-relais, qui sera une de nos priorités dans cette campagne électorale. »

Comac, www.chengetheworld.be

1 Le gouvernement Di Rupo a introduit une nouvelle mesure qui prend effet en février de contrôle des jeunes demandeurs d'emplois en stage d'insertion (ex-stage d'attente). Ceux-ci, après voir déjà vu sous cette législature le stage d'insertion passer de 9 à 12 mois, devront dorénavant passer 2 contrôles (aux 7e et 11e mois) durant leur stage. L'ONEm vérifiera ainsi que ces jeunes (qui ne touchent encore pas la moindre allocation) « s'activent suffisamment sur le marché du travail ». Si les deux contrôles ne sont pas positifs, le moment où ils peuvent toucher les allocations d'insertion sera tout simplement reporté (au 13e mois si seul le premier contrôle est négatif, au 18e mois si le 2e contrôle l'est).

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