Brochure SNCB (fin) | Il est minuit moins cinq pour le rail public

Depuis 20 ans, les différents gouvernements ont minutieusement préparé la libéralisation du rail, en accord avec les directives européennes. Mais le gouvernement doit lui-même le reconnaître : la résistance des cheminots en Belgique a pu éviter un scénario « Bpost ».

Pourtant, il est aujourd’hui minuit moins cinq. Le gouvernement Michel-De Wever lance le sprint final pour libéraliser le rail belge. Nous devons à la fois dénoncer l’objectif final (la libéralisation et la privatisation), mais aussi dénoncer toutes les mesures « de la dernière chance », les « plans de modernisation » qui font en réalité partie d’un programme : préparer la libéralisation et la privatisation. Le plan Galant présenté en juillet 2015 a clairement pour objectif de continuer la destruction du service public en vue de libéraliser.

Sous des prétextes économiques, le gouvernement décide de réduire fortement les dotations au rail public. Mais à travers cette brochure, on comprend que cela n’a rien à voir avec « l’économie » : l’objectif du gouvernement est de faire en sorte que la SNCB ne fonctionne plus pour pouvoir mieux libéraliser et privatiser.

Or, la libéralisation et la privatisation du rail présentées comme la solution miracle qui arrangerait tout se révèle être une catastrophe dans les pays que nous avons étudiés (Grande-Bretagne et Pays-Bas, libéralisation du fret ferroviaire). Dans ces pays, le rail est moins efficace, moins ponctuel, coûte plus cher à la collectivité, plus cher aux usagers, détruit l’environnement, est moins sûr, etc. Les seuls à être avantagés sont les actionnaires des entreprises ferroviaires privées. La catastrophe est telle que des mouvements apparaissent dans ces pays pour exiger un rail public, et que certains pays ont dû faire (même partiellement) marche arrière.

Bien sûr, tout n’est pas rose sur le rail en Belgique, et le malaise y est grand. Trains en retards ou annulés, manque d’information pour les usagers, manque de places assises, plan de transport inadapté aux besoins et qui restreint l’offre de transport public, un RER qui se fait toujours attendre, des cheminots en colère contre leur direction, des tarifs en hausse, ou encore une scission en deux entreprises qui complique tout, un manque d’investissements qui fait craindre pour la sécurité, la ponctualité et le service…

Mais plutôt que de continuer d’avancer vers la libéralisation, une voie en réalité sans issue, nous proposons de changer de voie. La voie d’une SNCB du 21e siècle qui réponde à deux défis : le défi environnemental et climatique, ainsi que le défi de la mobilité. Le rail a des avantages énormes sur les autres modes de transport de passagers et de marchandises beaucoup plus polluants et coûteux. Plutôt que de détruire cet outil fantastique, il est temps de lui permettre de se développer et de trouver une place beaucoup plus importante dans notre société.

Nous avons identifié 3 conditions pour atteindre cet objectif. Tout d’abord, un rail correctement financé, en fonction des besoins. Ensuite, un rail démocratique et participatif, dans lequel usagers et cheminots ont leur mot à dire. Et enfin, un rail public et intégré en une entreprise.

Mais pour émerger, cette SNCB du 21e siècle aura besoin d’un large soutien. La SNCB n’est pas que l’affaire des usagers. La SNCB n’est pas non plus que l’affaire des cheminots. Non. Il s’agit d’une affaire qui concerne l’ensemble de la population belge. Et c’est pour toute la population et les générations futures qu’une réforme progressiste de la SNCB est nécessaire. Loin d’être une voie à sens unique, la trajectoire que le gouvernement fait suivre à la SNCB peut être totalement modifiée. Le rail belge est aujourd’hui à un croisement de voies. Aux progressistes de ce pays de faire en sorte que le train emprunte la bonne voie. 

Quelle vision pour la SNCB ?

Comment la SNCB va-t-elle évoluer ? Est-elle un problème, ou fait-elle partie d’une solution incluant emploi, mobilité et alternative écologique ? Et si, derrière les plans du gouvernement, se trouvait une stratégie visant à libéraliser le rail ?
Pour en savoir plus sur ces enjeux, consultez la brochure du PTB « En route pour un service maximum », disponible sur www.ptbshop.be. Télécharger la brochure.

Nouveau : télécharger pour mobile, tablette ...

Il y a toujours davantage d’idées dans plusieurs têtes que dans une seule. Cette brochure est le résultat d’un travail collectif, dirigé par Michaël Verbauwhede, collaborateur au service d’étude du PTB et député bruxellois. Que toutes les personnes qui y ont participé soient ici grandement remerciées. Pour défendre le rail public, les auteurs ont l’intention d’améliorer encore cette brochure. Les lecteurs peuvent donc faire part de leur opinion, remarques, et suggestions en envoyant un mail à michael.verbauwhede@ptb.be.

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