Photo Solidaire, Peter Vanloffelt

Avoir un engagement conséquent de la Belgique pour le climat : la résolution du PTB

« Le principal frein à une politique climatique conséquente est d’ordre politique et non technologique. » Posant ce constat, les députés fédéraux du PTB Raoul Hedebouw et Marco Van Hees ont déposé une proposition de résolution pour que la Belgique s’engage de manière responsable et conséquente pour le climat.

Aujourd’hui, minimiser l’importance de la question climatique est devenu un acte de mauvaise foi. Les différents rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat de l’ONU (GIEC) sont clairs, et étayés par la communauté scientifique. C’est que la situation est grave : « Si l’on continue à ce rythme, l’atmosphère se réchauffera de 3,7 à 4,8° Celsius d’ici à la fin du siècle, ce qui modifierait dramatiquement les conditions de vie et rendrait certaines parties de la terre inhabitables, obligeant des dizaines de millions de personnes à fuir devant les changements climatiques. À terme, l’homme détruit lui-même ses propres conditions de vie. »

Et, si les changements les plus visibles ont pour l’instant lieu dans les pays du Sud, qui sont déjà confrontés « à des ouragans et des périodes de sécheresse bien plus graves que par le passé », la Belgique n’est pas en reste. « Le risque de sécheresses et de vagues de chaleur en été a quadruplé en Belgique. Les risques d’orages violents (et donc d’inondations) ont grimpé selon un facteur de 50 à 100. »

« Si l’on continue à ce rythme… »

Face à cela, on peut agir. Mais il faut agir vite. « De nombreuses études demandent à juste titre que la limite soit fixée à 1,5  °C, car sinon, nous risquons de déclencher des mécanismes irréversibles, comme l’augmentation du niveau de la mer. Selon le GIEC, la limite de 1,5 °C est réaliste moyennant des mesures radicales. » 

Pour cela, il convient de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, soit minimum 40 % de réduction par rapport au niveau de 1990 d’ici à 2020 pour les pays industrialisés, dont la Belgique.

Cependant, les recettes utilisées jusqu’à présent ne marchent pas (du moins pas pour la nature et les peuples). « Les problèmes liés à l’accès à l’eau potable, par exemple, menacent gravement de nombreux pays du Sud, tout en constituant une source d’enrichissement pour les quelques monopoles qui ont mis la main sur l’eau », dénoncent les députés. C’est que la foi aveugle des dirigeants politiques dans le sacro-saint marché empêche toute politique sérieuse en la matière. Ainsi, le système d’échange de quotas d’émissions a fait de la pollution un objet de spéculation et d’enrichissement pour certaines multinationales.

Si l’on continue sur la même voie, le nécessaire changement n’arrivera pas : « L’Agence européenne de l’Environnement a, elle aussi, souligné lors de la présentation de son rapport relatif à la Belgique, en octobre 2015, que notre pays n’atteindra même pas le modeste objectif européen d’une réduction de 20 % des émissions de CO2 (par rapport à 1990) d’ici 2020. »

En Belgique, un des problèmes cruciaux est ainsi celui des émissions du transport routier, responsable de 20 % de la totalité des émissions de notre pays. Ces émissions ont augmenté de 18,5 % entre 1990 et 2013, et risquent encore d’augmenter vu les trois milliards d’économies que le gouvernement compte réaliser sur la SNCB.

Écouter le mouvement climatique

Un changement radical de politique est donc nécessaire. Aussi, la mobilisation est nécessaire, et le sommet climatique de Paris, en novembre et décembre prochain, crucial.

Les deux députés proposent ainsi un double angle d’attaque. D’une part, il s’agit de faire réussir ce sommet climatique, d’écouter ce que le mouvement climatique a à dire et à proposer, de la plateforme Justice climatique à l’action en justice contre l’État belge menée par des activistes (klimaatzaak.be) en passant par la mobilisation du Climate Express, qui veut amener 10 000 Belges à manifester à Paris. Le gouvernement se doit de « jouer un rôle moteur afin que le sommet climatique débouche sur un accord légalement contraignant, assorti d’objectifs ambitieux et justes sur le plan social et international. »

D’autre part, en Belgique, une politique concrète doit immédiatement être mise en place. Passage à l’énergie verte, refus des mécanismes de marché, investissement dans les transports en commun, isolation des habitations, réductions contraintes d’émissions pour tous les secteurs, reboisement… sont quelques-uns des terrains sur lesquels le gouvernement peut et doit agir.

« Le principe de précaution est étranger au capitalisme, dont l’unique objectif est de réaliser des bénéfices. » Il est temps de faire primer la nature et les peuples sur cette logique.

Téléchargez ici le texte complet de la proposition de résolution du PTB.

Le PTB marchera en nombre pour le climat le 29 novembre prochain à Paris, en marge de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques COP21. Pour faire pression sur les gouvernements, une mobilisation internationale est en marche. En Belgique, la plateforme Climate Express ambitionne de mobiliser 10 000 Belges pour la grande manifestation du 29 novembre. Le PTB et Comac, son mouvement de jeunes, veulent contribuer à réaliser cet objectif. Pour participer au Climate Express ou pour en savoir plus sur les propositions du PTB concernant le climat, rendez-vous sur www.redisthenewgreen.be.

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